Recevoir la lettre de TÊTU    | Abonnez-vous au magazine   | Recommandez tetu.com
 

Menu
Accueil
Les infos
Le magazine
Têtue
Les sorties
La santé
Le chat
Les liens
TÊTU Shop
Emploi

Chat

Abonnement

Recevez votre magazine Têtu chez vous !
Abonnez-vous en ligne !


Magazine précédent
Peopolisation impossible
Fame: En haut de l'affiche
En remontant les Champs-Élysées
Jack Johnson
Jay Santucci
La Tecktonik c'est fantastik
Un mec et le bon


Retranscription du chat du 24 juin avec Gilles Brücker, directeur de l'institut de veille sanitaire
 

Modérateur :Bonjour à tous. Nous sommes ravis d’accueillir pour ce second chat de tetu.com le Pr Gilles Brücker, directeur de l’Institut de veille sanitaire, qui vient parler des chiffres de l’Enquête presse gay (lire Têtu n°102, actuellement en kiosque)

Sid Vicious : Tout le monde dit que les chiffres du sida sont de plus en plus alarmants… Qu'en est-il vraiment? Et comment expliquer dans ce cas la recrudescence des comportements à risques ?
Gilles Brücker : Les chiffres du sida sont effectivement très préoccupants. 100 000 à 130 000 personnes séropositives et 6 000 nouvelles contaminations décelées chaque année. Le nombre de cas de sida ne baisse plus. La transmission reste très active, en particulier par relation homosexuelle masculine et chez les personnes originaires d'Afrique Subsaharienne. La recrudescence des comportements à risque est gravement préoccupante. Les chiffres de l'enquête Presse Gay en témoignent. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela : lassitude sur les mesures de prévention, banalisation de la maladie du fait du succès des traitements, mais sans doute aussi déni du risque. Les raisons de ces prises de risque doivent être analysées pour être prévenues.

Martin : Quelles sont les grandes tendances des résultats de l'enquête presse gay ?
Chiffres très alarmants : plus de 77% des répondants ont au moins un partenaire occasionnel dans l'année et dans la moitié des cas, la pénétration anale est non protégée. Un quart des répondants ont des prises de risques régulières. Ce chiffre a doublé en quelques années.

Gilou: Pourquoi pensez-vous que le nombre de malades soit si important dans la communauté gay ?
Parmi les cas de sida, 26% surviennent chez des homosexuels. Et 22% des nouvelles contaminations se font par relation homosexuelle. La prévalence chez les homosexuels est plus de 100 fois supérieure à celle rencontrée dans la population hétérosexuelle. La prise de risque est particulièrement importante lors des relations homosexuelles comme en témoigne la résurgence des infections sexuellement transmissibles (syphilis, chlamydiae, gonocoques).

stef: Sur quoi est fondée votre enquête ? Combien de temps avez-vous travaillé dessus ?
L'enquête est fondée sur la diffusion d'un questionnaire dans la presse gay et sur Internet (16 titres et 10 sites). 7700 questionnaires ont été remplis, plus de 6000 ont pu être exploités. Il a fallu 3 mois pour exploiter les premières données, ce travail d'exploitation continue.

marco: Pensez vous les homos sont suffisamment responsables en ce qui concerne leur sexualité ?
Je ne crois pas que l'on puisse porter une analyse générale et globale de l'ensemble des homosexuels. L'analyse des répondants à l'enquête met en évidence une prise de risque majeure au sein d'une population plutôt favorisée (niveau d'étude et de revenus) et donc a priori informée. La question de leur responsabilité est donc effectivement posée, d'autant que la prise de risque apparaît plus fréquente chez les séropositifs.

aurjeanette: Ne pensez-vous pas que si les préservatifs étaient gratuits ou moins chers les jeunes se protégeraient peut être plus ?
Oui. L'accès au préservatif passe par la gratuité ou par un prix modique. Ce n'est pas le cas actuellement. L'usage des lubrifiants doit également être pris en compte pour le bon usage des préservatifs. Ces éléments de la prévention doivent être favorisés partout.

pilou: Mais alors si les homos sont informés et ont accès aux moyens de prévention, pourquoi ces prises de risques croissantes?
Excellente question. Les chiffres de l'enquête nous alarment beaucoup, ils doivent alarmer la communauté gay, mais bien sûr aussi les décideurs politiques pour qu'une politique de prévention soit urgemment renforcée.


morille: Moi je ne comprends pas : je trouve que nous sommes assez informés et les préservatifs ne coûtent pas trop chers ! N'y a-t-il pas d'autres facteurs qui expliqueraient la tendance de l'enquête ?
Il y a sûrement d'autres facteurs entre refus de voir le risque ou volonté délibérée de le prendre, il y a aussi dans les relations sexuelles souvent une part d'irrationnel, pas forcément contrôlable. Pour autant, la gravité de l'infection à VIH doit être rappelée et le débat sur les prises de risque doit être développé pour renforcer la prévention.

Pilou> À combien estimez-vous le nombre de personnes qui ignorent leur séropositivité ?
Trop de personnes ignorent leur séropositivité. De fait un cas de sida sur deux révèle une séropositivité ignorée. La prise en charge doit donc être plus précoce. Dans l'enquête près d'un répondant sur cinq ne connaît son statut sérologique.

azeer: Trouvez vous que les médias jouent vraiment le jeu de la prévention ?
Les médias ne s'intéressent plus beaucoup à l'infection à VIH et encore moins à la prévention.

Quelle a été la réaction du ministre de la santé quand vous lui avez présenté ces chiffres ?
Le ministre veut aujourd'hui prendre la mesure du problème, comme il l'a annoncé lors de sa rencontre avec les associations lundi dernier. Il a clairement affirmé que la lutte contre le VIH était pour lui une priorité de santé publique.
Il fera part prochainement de ses choix pour le contrôle de la maladie.

mitch: Que pensez-vous des personnes qui ne disent pas à leurs partenaires qu'ils sont séropositifs ?
Cela dépend de l'existence ou non d'une prise de risque. En cas de relation absolument protégée, la révélation de son statut n'est pas forcément nécessaire.

tonio: Est ce que les autres pays européens connaissent le même phénomène ou est ce que c'est vraiment spécifique à la France ?
Le relapse est largement répandu en Europe et la recrudescence des IST s'observe dans la plupart des capitales.

nanmum: Justement, est ce que les tests HIV de 4eme génération ne permettent pas déjà de réduire la fenêtre sérologique et donc de détecter plus précocement la séropositivité ?
Ces nouveaux tests ne contribuent pas à la prévention ni à une prise en charge thérapeutique plus précoce. Leur impact sur la transmission du virus est nul.

morille: Est-ce que le dépistage du HIV est payant ? Ou faut il aller ?
Il existe dans tous les départements en France des centres de dépistage anonyme et gratuit. La liste est disponible sur le site du Crips www.lecrips.net

nico: Vous trouvez que l'Etat continue à mettre en place des campagnes de prévention ? J'ai l'impression que cela s'est beaucoup essoufflé, pas vous ?
Une nouvelle campagne va être diffusée à l'occasion de l'été. Elle est pilotée par l'INPES. Clairement, cela ne suffit pas. Il faut ouvrir des lieux de débat pour parler concrètement des risques et des prises de risque.

damien : Le rôle de l'InVS peut-il être de faire des propositions ou des recommandations par exemple à l'INPES, sur la base de ces données ? Ou sur un plan personnel, vu votre expérience, auriez vous des propositions ?
L'InVS est d'abord en charge de la surveillance du VIH, c'est à dire mesurer la transmission du virus dans la population. Ces données nous conduisent à faire des recommandations, non seulement à l'INPES mais au ministère de la Santé. Clairement, les données actuelles soulignent l'échec de la politique de prévention, avec un nombre de nouvelles séropositivités qui reste particulièrement élevé.

Mick : Pensez vous que l'accent doit être mis plutôt sur la prévention, sur l'accompagnement et le soin des malades ou sur le développement d'un vaccin ?
Tout est nécessaire. Cependant, aujourd'hui, il faut impérativement améliorer la prévention. Le développement d'un vaccin en fait partie, mais nous ne savons pas dans quel délai il sera utilisable.

Jackass : Où en est-on dans l'élaboration du vaccin ? Est-ce vrai qu'il existe déjà ? Si oui quand sera-t-il disponible ?
L'ANRS conduit des études expérimentales pour l'instant. Les délais ne sont pas vraiment définis.

Le préservatif féminin pourra-t-il aider à lutter contre le virus ?
Oui. Le préservatif féminin est efficace, mais il est trop cher, très mal diffusé, peu connu.

Tof : Quel est votre rôle au sein de L'INVS
Mon rôle est de diriger et d'orienter l'ensemble des programmes de surveillance de l'InVS.

Modérateur : Le chat est terminé. Nous vous remercions d'y avoir participé et d’avoir posé vos questions. Gilles Brücker, le mot de la fin ?
Au-delà de cet échange, il faut continuer ce débat. Le contrôle de la transmission du VIH est parfaitement possible, elle n'est contradictoire avec aucune forme de sexualité, elle dépend de notre volonté partagée. N'acceptons pas les prises de risque dans ce domaine.

Modérateur : Retrouvez les résultats préliminaires de l'enquête presse gay 2004 dans TETU n°102 actuellement en kiosque, merci au Pr Gilles Brucker d'avoir participé.

 




Liens Sponsorisés


Appel à témoin


Les secrets du bonheur
Spiritualité, sexe, coaching, psy... D'après vous, quelles sont les recettes miracles pour parvenir au bonheur ? Témoignez en écrivant à sylvain.rouzieres@tetu.com


Vos Sex-toys et vous
Pour vous, pas de sexualité sans accessoires. Quels sont vos Sex-toys préférés ? Comment sont-ils devenus indispensables dans votre vie sexuelle? Témoignez en écrivant à redaction@tetu.com


15/20 ans, à vos plumes
Vous êtes jeune, vous êtes homo, vous avez envie de parler de votre histoire d'amour, de vos coups de gueule, de votre coming-out, ou de vos joies, de la société dans laquelle nous vivons, écrivez à la rubrique «15-20 ans» de Têtu à 15-20@tetu.com


Témoignez dans «Têtue»
Quand avez-vous découvert votre homosexualité ? Quels sont vos 1ers souvenirs reliés à cette découverte (livres, films, rencontres) ? Dans quelles circonstances l'avez-vous vécu? Quels sont vos 1ers émois sexuels ? Votre 1ère histoire d'amour ? Votre histoire est drôle, triste, émouvante, vous avez envie de la partager. «Têtue, la rubrique 100% filles», est là pour vous. Écrivez à tetue@tetu.com


Sondage

Votre avis nous
intéresse!


Bientôt
disponible


Publicité



Accueil | Les infos | Le magazine | Têtue | Les sorties | La santé | Le chat | Les liens | TetuShop

Promotion | Contacts | TÊTU recrute |Copyright CPPD TÊTU