Exposition «Métissons-nous mais tissons nos différences»
Convivialité / Gay & Lesbien
Dans le cadre de la Journée internationale contre l'homophobie, l'association HOMO-SPHERE organise sa troisième exposition « Métissons-nous mais tissons nos différences », du 11 juin au 4 juillet dans la salle Eiffel de la bibliothèque Bernheim à Nouméa. De nombreux artistes peintres et sculpteurs se mobiliseront pour parler de l'homophobie.
LE THÈME
Cette année, l'association SOAP'ART Océanie sollicitée pour l'exposition d'Arts Visuels par Homo-Sphère, a mobilisé plus d'une trentaine d'artistes, dans le cadre de la « journée de la lutte contre l'homophobie », pour mettre à l'honneur le métissage ethnique et/ou culturel, ainsi que la valorisation des différences.
En effet, dans notre pays multicolore et multiethnique, le métissage est un état de fait : il nous suffit pour cela de déambuler dans les rues des villes et des villages, d'entrer dans les lieux commerciaux ou de pénétrer dans les cours d'établissements scolaires; dans le public et dans le privé, dans les manifestations et regroupements de tout ordre, associatifs, voire politiques, on ne peut ignorer, sauf si l'on est de mauvaise foi, l'existence du métissage en Nouvelle-Calédonie et donc des métis.
Cependant alors même qu'ils représentent la majorité de la population de ce pays, l'existence même de ces « métis » est officiellement niée par les institutions d'ici et d'ailleurs, tant est grande l'habitude de nos sociétés d'occulter les personnes « différentes » des grandes « catégories » simplificatrices et stéréotypées, mises en place par nos aînés, eux-mêmes formatés par de longues habitudes mentales : (Blancs, Noirs, Jaunes, Rouges, hommes, femmes) n'étant pas recensés donc pas reconnus, les métis, à l'instar des transgenres, n'existent pas.
Êtres « innommables », niés depuis toujours sur notre sol, ils n'ont donc aucun statut et ne bénéficient d'aucune reconnaissance ; la formulation des Accords de Nouméa en est particulièrement révélatrice puisque fondée exclusivement sur le principe du clivage ethnique et culturel. Cependant, il est à remarquer que la deuxième partie de l'incitation « mais tissons nos différences », n'implique nullement une dilution et encore moins une disparition des caractères originels dont les « métis » seraient issus. Cela sous-entendrait en filigrane l'acception de données hautement contestées depuis que les scientifiques de tout bord ont mené des recherches approfondies pour prouver que nous aurions des ancêtres communs.
Quête adamique sans cesse contestée ou réhabilitée suivant les pays, les créationnistes et les darwinistes mènent le débat mais à partir d'hypothèses fort différentes. Si pour ces derniers, le terme même de « métis » existe, il met en doute nos croyances issues des mythes - qui ont la peau dure et dont nous sommes tous, à notre insu, les héritiers: « peuple élu », « race pure », etc..
Ainsi, ce vocable ne serait qu'un mot qui friserait le non-sens puisque, la science ne peut désormais l'entériner tel qu'il fut vulgarisé dans son acception initiale : ou bien il n'existe qu'une seule race, la race humaine voyageuse, migrant au fil des millénaires et des glaciations sur cette planète, ou bien nous sommes tous métis!

















