Visibilité gay: bilan nuancé dans les séries télé américaines
Le Glaad, association américaine qui défend l'image des LGBT dans les médias, vient de publier son 14e rapport annuel sur les personnages gays et lesbiens des séries télé. Résultat: la visibilité augmente, mais pas celle de tout le monde.
Par Guillemette Faure
En France, on connaît Andrew (ci-contre, à gauche), le fils de Bree dans Desperate Housewives, Kevin, l'avocat de Brothers and Sisters. On a déjà découvert l'amour de Smithers dans Les Simpsons pour son patron l'affreux M. Burns... Ils sont 18 depuis la rentrée : 18 personnages principaux ou secondaires homosexuels dans les grilles de prime-time des grands networks américains, auxquels s'ajoute une douzaine de personnages récurrents (l'étude ne porte que sur les séries accessibles gratuitement, et pas sur les chaînes payantes. Les séries emblématiques comme Six feet under, The Wire de HBO, ou The L Word de Showtime ne sont pas prises en compte).
Dix-huit rôles récurrents sur 600, soit 3% de la population américaine de prime-time. Le Glaad, association gay américaine, se réjouit de cette lente progression : ils formaient 1,3% du prime-time en 2006.
La progression n'est pas seulement quantitative. «On voit maintenant des couples gays se marier et élever des familles», note Jarrett Barrios, président du Glaad. Dans Brothers and Sisters (diffusé sur TF1), Kevin et Scotty se marient et envisagent de fonder une famille. Le couple gay de Modern Family (en photo ci-dessous), a adopté un bébé vietnamien. Loin des stéréotypes, on trouve même un flic gay dans la série Southland de NBC (pas encore diffusée en France).
On ne peut pas être noir et homosexuel...
L'étude du Glaad regrette l'absence de Noirs parmi les gays de fiction télé (une seule minorité à la fois...) et observe qu'à l'exception de la docteure Arizona Robbins de Grey's Anatomy, les lesbiennes sont toujours bisexuelles. S'attachant à mesurer la diversité de la population de prime-time, le Glaad a aussi compté les hommes et les femmes (la population est masculine à 57%) et les différents groupes ethniques (les hispaniques sont sous-représentés).
On voit comment compter les hommes et les femmes, ou les Blancs et les Noirs, mais comment le Glaad peut-il reconnaître un gay dans une série? Après tout, les personnages télés ne se promènent pas tous avec leur orientation sexuelle en bandoulière (même si on se souvient du débat sur celle des Teletubbies). «En général, un personnage est clairement défini gay, lesbienne, bisexuel ou transsexuel», nous répond Jarrett Barrios par e-mail. «D'autres fois, on le sait parce que les chaînes nous contactent pour nous signaler l'arrivée d'un personnage gay.»
La liste des personnages recensés par le Glaad pour les grandes chaînes américaines est à découvrir ici. Une autre liste de personnages gays et lesbiens, mais pour les chaînes cablées, est disponible ici.



















De NémoGizmo
ce rapport est très utile. la visibilité via l'audiovisuel, cinéma aussi mais surtout la télé, c'est très bon, (sauf si on est dans les caricatures bien sûr). les jeunes LGBT, ou des moins jeunes "pas super bien dans leurs pompes", voient ainsi qu'ils ne sont "pas seul-e-s", qu'ils ont les mêmes soucis, les mêmes craintes et des aspirations finalement assez basiques (être respectés, être entendus, être reconnus, être aimés...). Et qu'ils n'ont pas à finir dans "un moule", homo ou hétéro... c'est un peu dommage qu'aucune assoce ne puisse faire cela en France et dans toute l'Europe, même si media-g le faisait un peu. A mon humble avis, ce devrait être un nouveau petit chapitre dans le rapport annuel de SOS Homophobie, qui passe au scanner déjà une bonne part des médias français dans leur partie "infos"!