Sur France Ô, gays et lesbiennes camerounais sortent du «Nkuta»
INTERVIEW. «Sortir du Nkuta», c'est sortir du placard. Ce qu'ont fait les témoins du documentaire réalisé par Céline Metzger, diffusé dimanche et lundi sur France Ô. Pour TÊTU, la réalisatrice évoque le tournage de ce reportage à ne pas manquer.
«Cameroun : sortir du Nkuta». Le documentaire de Céline Metzger est diffusé dimanche 31 mai et lundi 1er juin sur France Ô. Un 52 minutes riche et rare. Riche par la diversité des intervenants : des homosexuels, des homophobes, un chef coutumier ou encore l'avocate Alice Nkom (photo), qui se bat pour libérer neuf homosexuels emprisonnés à la prison centrale de Yaoundé. Rare, parce que l'homosexualité est passible de cinq ans de prison et que les gays et lesbiennes qui s'expriment le font tous à visage découvert, à l'exception de Muriel. Céline Metzger revient sur cette aventure.
TÊTU: Comment expliquez-vous que la plupart des homosexuels témoignent à visage découvert malgré la répression?
Céline Metzger: D'abord et surtout parce que leur famille est déjà au courant. Certainement aussi parce que ce sont des «petites gens» qui n'ont pas grand chose à perdre et que le réel problème est que n'importe qui peut vous accuser d'être homosexuel sans aucune preuve: la loi exige une preuve du rapport sexuel, mais pas les policiers corrompus, ni les maîtres-chanteurs, ni les journalistes. Je pense par ailleurs qu'ils n'ont pas tout de suite réfléchi aux conséquences, flattés sans doute que je m'intéresse à eux. Ils sont peut-être aussi plus courageux qu'il n'y paraît...
Les lesbiennes sont au moins aussi présentes que les gays dans le film...
La présence des lesbiennes s'explique parce qu'elles témoignent plus volontiers que les gays. C'est dû au fait qu'il est plus facile de vivre son homosexualité féminine. Les lesbiennes sont souvent «bisexuelles», comme Muriel, et peuvent passer plus inaperçues.
Un événement particulier a-t-il marqué l'émergence d'une communauté gay au Cameroun?
On peut sans doute parler de l'ouverture aux médias étrangers en 1990 au Cameroun. Cette ouverture a permis aux homos camerounais de se rendre compte qu'ils n'étaient pas seuls, qu'ils pouvaient revendiquer leur homosexualité et s'organiser pour défendre leurs droits.
*L'équivalent de sortir du placard.
«Cameroun : sortir du Nkuta», de Céline Metzger
Production : Les films du Balibari
Diffusion : dimanche 31 mai à 20h35 et lundi 1er juin à 15h15 sur France Ô




















0
De Tomfralex
Aïe, aïe, aïe... Espérons que les conséquences de la diffusion de ce reportage n'exacerbent pas la fureur des autorités locales...