Ma dose de Rachel Maddow
Rachel Maddow ou LA révélation cathodique américaine. Son émission politique The Rachel Maddow Show est diffusée sur la chaîne d'info continue MSNBC. Un succès d'audience pour une journaliste américaine ouvertement lesbienne.

Diplômée en sciences politiques, un passage à la prestigieuse université d'Oxford, jeune militante contre le sida; la progressiste Rachel naît en 1973 dans une famille pourtant conservatrice de San Francisco. «Mes parents étaient très en colère lorsque j'ai fait mon coming out», raconte-t-elle sur un plateau de télévision. Un parcours riche qui la conduit à un premier job: journaliste d'une radio locale du Massachusetts. Coup de foudre avec le monde des médias mais également amoureux, car c'est à la même époque qu'elle rencontre sa compagne, la photographe Susan Mikula. «Susan m'avait embauchée comme jardinière alors que je finissais ma thèse. Une rencontre à la Desperate Housewives... mais version gay!», avait-elle plaisanté lors d'une interview.
En 2004, sa rigueur journalistique séduit une radio nationale qui lui confie sa première émission, The Rachel Maddow Show, qu'elle continue d'animer aujourd'hui. En septembre dernier, MSNBC lui propose la case de 21h pour en faire une version télé. Et le succès est au rendez-vous. La chaîne réunit près de 2 millions de téléspectateurs chaque soir et réalise ainsi un double exploit: multiplier par deux son audience et rajeunir son public. La recette? Au-delà d'invités prestigieux c'est d'abord grâce à la personnalité de Maddow que l'émission cartonne. Un ton incisif pour décrypter la politique américaine et qui rappelle, parfois, un certain Jon Stewart. Son franc-parler en a déstabilisé plus d'un, comme David Frum, porte-parole de l'administration Bush qui s'était risqué à lui donner des leçons de déontologie.
Vous avez dit lesbienne?
«Je ne suis pas une présentatrice potiche mais une grande lesbienne qui ressemble à un homme», ironise souvent la journaliste. Maddow a toujours affiché son homosexualité de manière décomplexée, de quoi embêter les conservateurs les plus acharnés. Symbole pour les lesbiennes d'une Amérique encore souvent trop conservatrice, elle est un modèle, non pas issu du milieu people, mais de l'information, qui plus est, politique. Il lui aura été cependant reproché, notamment dans la blogosphère, de ne pas suffisamment traiter des difficultés de la communauté homosexuelle. Ce que l'animatrice conteste rappelant, lors d'une conférence à San Francisco, qu'elle aura consacré un temps d'antenne non négligeable à l'homophobie ou la Proposition 8 interdisant le mariage pour les homos en Californie, sur une chaîne d'information généraliste de référence.Le show est de plus en plus populaire et incontournable pour les personnalités politiques. Un nouveau style pour un exercice télévisuel où les références restent masculines. Rachel Maddow change la donne. Nous, on est addict !
Nadia Ahmane
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