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«L'Homme de sa vie» un film à redécouvrir mercredi

Par Louis Maury mardi 24 mars 2009, à 20h01 | 3202 vues
Plus de: Bernard Campan, Charles Berling, Zabou Breitman, Léa Drucker

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Ciné Cinéma Émotion diffuse demain, mercredi 25 mars, «L'Homme de sa vie», drame amoureux avec Bernard Campan et Charles Berling.

L'homme de sa vie

Après le très beau Se souvenir de belles choses, on attendait avec impatience le nouveau long-métrage de Zabou Breitman. Ce drame raconte la rencontre entre deux voisins: Bernard Campan, hétéro dans le doute, et Charles Berling (photo) qui affiche avec amusement son homosexualité. Passe alors entre les deux hommes des sentiments plus ou moins cachés. Refoulement, désir charnel, repères perdus… Le film fait la part belle à la psychologie, mais se perd dans un esthétisme presque trop poussé et des dialogues très léchés. Cet amour en devient du coup superficiel. «Qui trop embrasse, mal étreint», dit l'expression populaire. C'est exactement comme cela que l'on pourrait aborder ce film. Plein de bonnes intentions, mais un résultat final aussi curieux que bancal…

L’Homme de sa vie, Mercredi 25 mars, à 20h40, sur Ciné Cinéma Émotion. Avec Bernard Campan, Léa Drucker, Charles Berling… Durée: 1h54.

PHOTO: DR.


L'homme de sa vie - Bande Annonce
envoyé par wildbunch-distrib

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Lundi: Charles Berling et Bernard Campan dans «L'homme de sa vie»

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4 réactions de la communauté

 
Fastbear

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De Fastbear

Le 24 mars à 21h24

Des acteurs formidables et une Zabou qu'on a envie d'aimer mais le film tire un peu en longueur et le final est pathétique.

Je persiste a penser qu'un film sur des homosexuelles avec que des hétéros a la barre n'est pas une bonne idée.

 
hector dumas

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De jlth

Le 24 mars à 23h09

Ta vision me paraît un peu réductrice.
Pourquoi des hétéros ne pourraient pas participer à un film, ou tout autre projet artistique, sur des homos ?

 
hector dumas

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De Fastbear

Le 25 mars à 17h08

On a pas vu beaucoup de réalisateurs gay engagé des acteurs et actrices homo pour faire un film sur les problèmes amoureux des hétéros. Quoi que ça pourrait être drôle... involontairement !

 
vpi79

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De vpi79

Le 25 mars à 16h17

un tel film peut effectivement intéresser les hétéros prêts à une aventure bi, mais ne peut donner une vision réelle de l'irrésistible attirance entre hommes des gays qui au contraire n'ont aucune attirance sexuelle spécifique pour les demoiselles, même s'ils peuvent très bien les fréquenter et les écouter ou expérimenter leur même sensibilité.

C'est cette attirance irrésistible, et toujours socialement mal vue et donc difficile à vivre par les gays qui subissent encore le mépris ordinaire et l'exclusion (quand ce n'est pas la discrimination, les insultes dégradantes ou les violences), que ce film ne traduit pas.

Aujourd'hui il est socialement acceptable d'être bi, mais toujours pas d'être gay (ou lesbienne ou trans): la société veut toujours "guérir" les LGT en les faisant entrer dans le moule et accepter une relation hétérosexuelle, le couple hétéro pour fonder une famille ou pour exercer l'autorité parentale.

Comme elle refuse l'autorité parentale aux homos, et en même temps les empêche de fonder une famille équilibrée tout en condamnant socialement, moralement et fiscalement ceux qui n'ont pas de famille à charge, elle oblige les homos à devoir cacher leur nature et à agir contre celle-ci: cela fait beaucoup d'homos malheureux qui en vieillissant peuvent souffrir de l'isolement et du manque de motivation pour mener leur vie à bien.

Ce film ne fait que tracer une aventure homo passagère dans la vie de deux hommes, un coup de foudre, que l'on peut souhaiter de vivre à tout le monde qu'il soit hétéro ou non. Mais rien qui traduise la réalité de la vie gay réelle; un coup de foudre fait toujours souffrir un peu et bouscule une vie, mais cela ne la remet pas en cause, on s'en sort, et cela n'empêche pas de la mener. Un gay pourrait avoir un coup de foudre pour une femme, c'et aussi irrationnel mais la nature reprendra ses droits et cassera le couple éphémère.

On fait beaucoup de films sur les coups de foudre et aventures au moment où elles viennent perturber une vie, mais pas encore assez sur ce qui est la vie véritable des gays, qui savent (ou finisent par admettre) qu'ils ont toujours été ainsi depuis toujours, aussi loin que remontent leurs souvenirs.

Ce que ne montre pas ce film c'est le combat quotidien des homos pour cacher leur état dans un monde qui ne les accepte toujours pas, afin de se montrer acceptable, et la souffrance que cette dissimulation permanente engendre, mais pas ce qui peut se vivre dans une aventure passagère ou des moments de doûte chez tout le monde (homo ou pas).

J'ai beau faire, mais Bernrd Campan n'est pas du tout crédible dans ce film, au contraire de Charles Berling dont le rôle est nettement plus fin et plus crédible. Ce n'est pas seulement à cause de la distribution des rôles. De fait le film n'est pas tellement différent des traditionnels films avec un couple dont un cocu trompé par un amant: il va montrer la conséquence sur le couple, mais rien ne dit que cette passion survivra longtemp.

Cei dit, les gays savent aussi se contenter souvent des avantures avec des bis un pue égarés; si ce film peut traduire quelque chose c'est la part de bisexualité latente chez les hétéros dans un monde largement formaté pour eux : c'est la fin de l'aventure qui sera vécue différemment, car elle est bien plus facile pour les hétéros égarés que pour les homos tentés provisoirement par une aventure hétéro mais ravagés ensuite dans leur vie quand cela prend fin.

Le film ne montre pas non plus le cas des gays qui se sont marriés pour faire comme tout le monde et qui découvrent à la quarantaine qu'ils ont toujours agi pour se conformer aux autres sans vraiment aimer leur vie: la rupture est généralement brutale quand ils décident de mettre fin à cette comédie. Avant d'en arriver là, il y a encore du chemin à faire dans la société pour que les couples homos deviennent réellement acceptés et visibles.

Quand on voit que même un président peut reprocher à un de ses ministres son coming out volontaire (alors que cela devrait au contraire conforter son poste puisqu'on ne devrait plus pouvoir l'attaquer ou le menacer à ce sujet), il faut encore des films pour dénoncer les discriminations envers les gays qui ont fait ouvertement le choix d'une vie homo visible, et ses conséquences (dont l'exclusion de la parentalité et du mariage, ainsi que du bénéfice de la protection entre conjoints en cas de décès de l'un, ou l'intrusion inacceptable des familles dans la vie des conjoints homos mais que pourtant favorise encore la loi contre la volonté même des homos qui ont voulu bâtir autre chose, ne serait-ce que dans un pacs).

Tous les homos ne demandent pas ou n'aspirent pas à devenir parent ou mariés, pourtant cette interrogation peut devenir importante et même naturelle en vieillissant. L'exclusion de ces possibilités par la loi est encore une contrainte abusive des droits fondamentaux de la personne, et une intrusion inacceptable de l'État et de sa Loi dans l'intimité des personnes qui ont le droit et même le devoir de pouvoir mener à bien leur propre vie et de transmettre quelque chose. La fausse citoyenneté et la fausse égalité que promet encore notre république est bien illusoire, on vit toujours dans un monde répressif, dont les plus hauts représentants ne peuvent dissimuler leurs tentations de perpétuer les discriminations envers une "minorité" forte pourtant de millions de personnes rien qu'en France, une part significative de population en souffrance contre la société dans laquelle elle doit vivre: à cette échelle, on pourrait parler de "génocide social légal", alors que les gays n'ont jamais "menacé la famille" ou constitué une menace pour elle, au contraire des aventures qui brisent les couples mais que la société a rendu parfaitement acceptable alors qu'elle est le véhicule principal des plus importants risques pour la société (tant au plan de l'intérêt des familles que du plan de la santé publique).

Qu'on en finisse avec l'hypocrisie de l'abstinence: tout le monde a besoin de vivre une sexualité active pendant presque toute sa vie (une sexualité qui se construit depuis très tôt dans l'enfance et reste nécessaire jusqu'à la fin de la vie). On peut toujours la limiter provisoirement comme on fait Carême ou on s'arrête de travailler le dimanche, mais le sexe dans la nature humaine et même un impératif de la vie en général: on est tous fait pour avoir une sexualité.

Mais personne ne peut choisir son orientation sexuelle et encore moins la réprimer sans souffrance. Il est normal d'avoir une période de recherche dans sa jeunesse, mais on ne peut vivre toute une vie de frustration ou d'errance, et la loi ne devrait pas favoriser cela: ce que la loi a permis pour les hétéros afin d'éviter cela, elle doit le permettre pour les couples de même sexe pour exactement les mêmes raisons, fussent-elles morales.

Alors que vient de prendre fin le dernier Sidaction, on peut encore regretter que les gays soient beaucoup plus touchés que les hétéros, mais s'il fallait simplement accepter le mariage et tous les droits attachés pour les couples homos, ce devrait être simplement pour une question de santé publique et sociale. Cela n'empêchera pas qu'il y aura toujorus des aventures extraconjugales avec tous leurs dangers quand elles se multiplient, mais au moins on offre une chance égale à tout le monde de trouver un équilibre et stabiliser sa vie pour la mener à bien dans moins de souffrance. Et alors on se rendrait compte que les chiffres du SIDA ou des autres contaminations ne toucheraient plus de façon aussi importante les gays; on diminuerait aussi le nombre de suicides, particulièrement chez les plus jeunes, ou de dépressions qui touchent de façon importante les gays et sont très couteuses à la société entière (et elles mêmes facteurs de risques supplémentaires pour les autres contaminations).

 
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