Laurent Weil: «Quand j'entends "Heureusement que mon fils n'est pas pédé", je suis abasourdi»
INTERVIEW. Le Monsieur cinéma de Canal+ était associé au concours de courts métrages contre l'homophobie, dont les films lauréats sont désormais visibles sur internet. Pour TÊTU, il revient sur cette expérience.
TÊTU: Comment vous êtes-vous trouvé associé à ce concours de courts-métrages?
LAURENT WEIL: J'ai été contacté dès le début du projet pour faire partie du jury, au côté d'André Téchiné. Je m'occupe du cinéma sur la chaîne et j'ai déjà fait plusieurs soirées courts- métrages. Il fallait une personnalité Canal, ça arrangeait tout le monde. Et j'ai tout de suite accepté.
Pourquoi ?
Tout simplement parce que je suis père de famille, j'ai des ados de 17-18 ans, donc je me sens encore plus concerné. Quand je vois le taux de suicide chez les jeunes gays ça me révolte. Il faut vraiment agir. Je ne supporte pas les discriminations. Quand j'entends encore autour de moi des réactions du genre «Heureusement que mon fils n'est pas pédé», je suis abasourdi. Il faut absolument combattre ça.
Comment ces films ont-ils été accueillis?
A la première conférence de presse en octobre 2008, lors du choix des scénarios, il y avait à peine cinquante personnes qui étaient là et qui nous regardaient du bout de la lorgnette. Alors j'étais très fier quand j'ai vu plus de 200 personnes lors de la présentation des films. La curiosité et l'intérêt pour le sujet l'ont emporté. Et j'étais d'autant plus fier que ces courts- métrages d'excellente qualité ont été réalisés avec très peu de moyens. En plus, les retombées de la part du monde associatif sont très bonnes. Donc nous ne nous sommes pas engagés pour rien.
Roselyne Bachelot nous confiait que lutter contre l'homophobie permettait de lutter aussi contre les autres formes de discriminations. Qu'en pensez-vous?
Je rejoins la ministre sur ce point. Aujourd'hui le racisme est encore présent, mais il faut bien admettre que quelqu'un qui insulte un autre sur sa couleur ou son origine sera plus mal vu que quelqu'un qui insulte l'autre par rapport à sa sexualité. Dans les cours de récré, «pédé» est encore une insulte très courante. Certaine personnes confondent tout, et font encore des amalgames horribles du genre gay=sida=pratiques contre nature. C'est aberrant.
Selon vous, d'autres sujets mériteraient-ils le même genre de concours?
Oui, il en faudrait d'autre, notamment sur le sida. Dès que la situation est moins alarmante, les efforts sont relâchés. Et puis la prévention c'est bien, mais si on n'explique pas aux jeunes comment mettre une capote, ça ne sert à rien. Il y a encore énormément de choses à faire. Ce qui me gonfle c'est que pour une grippe on se mobilise comme on ne s'est jamais mobilisé alors que pour le sida ...
Propos recueilis par Antoine Mokrane. Photo: Maxime Bruno/Canal+

















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De SOCRATE
IL a raison mais quand j'entends autour de moi des réflexions très fréquentes du style :
- "Mon dieu, heureusement que son ami n'est pas une follasse !"
de la part d'homosexuels bourgeois d'Aix en Provence, ça me glace le sang.
Où bien entendu au sein d'une association, pendant un repas et en face de moi, : "Vous n'êtes pas au RMI tout de même ? Ce serai d'une inconvenance ..."
Merci l'intolérance et cette intolérance à l'Autre touche tout le monde y compris nous autres.
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De madrid75
il n'y a pas besoin d'etre bourgeois pour ne pas preferer les "follasses" ya qu'a voir dans les cites!!!!!
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De Jérôme M
Complètement d'accord avec Patrick