Jeudi latino avec «La Mauvaise éducation» et «Un Año sin amor»
Deux très bons films au programme: sur Arte, «La Mauvaise éducation», drame signé Pedro Almodóvar avec l'époustouflant Gael GarcÃa Bernal. Et dans la nuit, TÊTU vous conseille l'envoutant «Un Año sin amor» d'Anahi Berneri, le réalisateur d'«O Fantasma».

«La Mauvaise éducation»
Tour à tour fantaisie, drame et film noir, ce drame sensuel est peut être l'œuvre la plus personnel d’Almodóvar. Et il offre à Gael García Bernal un rôle caméléonien en diable.
1980 dans le Madrid de la Movida. Enrique, cinéaste à succès, cherche un sujet de film. Un bel inconnu vient à lui…1960. Une école religieuse. Ignacio et Enrique, découvrent l'amour, le cinéma et la peur sous le regard du père Manolo, témoin et aussi acteur de ces premières découvertes…Loin de l'énergie colorée et foutraque des premières oeuvres d'Almodóvar, ce drame sur fond d'homosexualité fait ici dans le tragique. On est captivé par cette histoire à tiroirs multiples, racontée par un cinéaste qui multiplie les difficultés narratives: flash-back, film dans le film, voix off… Sans que cela ne gène en rien la fluidité du récit et l'attention du spectateur.
Gael García Bernal est époustouflant dans ses multiples rôles. On sait que le réalisateur s'est inspiré de sa propre histoire. Sûrement pourquoi le film déconcerte autant. Un sujet grave est abordé ici, la pédophilie. Il la filme avec une maîtrise troublante où l'on se perd entre compassion et répulsion. D’où le sentiment étrange que le film laisse à la fin… Dans quelques jours, le cinéaste sera sur la Croisette avec sa dernière œuvre, Etreintes brisées, un nouveau film noir en compétition. La Mauvaise éducation avait été présenté au même endroit il y a cinq ans hors compétition…
La Mauvaise éducation, à 20h45, sur Arte. Réalisé par Pedro Almodóvar. Avec Gael García Bernal, Fele Martinez, Javier Cámara. Genre: drame. Durée: 1h50. Année de production: 2004.
Bande-annonce:

«Un Año sin amor»
Aussi déroutant qu'envoutant, ce film argentin couvert de prix, dont le prestigieux Teddy Bear berlinois, plonge entre fiction et documentaire dans le monde du Sadomasochisme.
Buenos Aires aujourd'hui. Pablo est poète, mais aucun éditeur ne veut le publier. Pour s'en sortir, il dépend de se famille. Perdu, il se met à fréquenter un cercle «d'amateurs de cuir»… qui lui font découvrir le monde SM. Premier film touchant réalisé par une jeune femme hétéro, ce film choisit le parti pris périlleux de raconter l'histoire d'un garçon face au sida, aux nouvelles trithérapies, au SM et à l'écriture. Un sujet surprenant qui choisit aussi une forme originale (gros plans, caméra d'épaule) capte bien la soif de contacts humains du héros. Et même la découverte d'un sentiment amoureux inattendu...
Entre fiction douloureuse et documentaire biographique, la réalisatrice Anahi Berneri ne sombre jamais dans la facilité. Et signe même une belle leçon d'espoir. Un Año sin amor, qui rappellera à certains O Fantasma, est en tout cas un bel exemple de l'originalité du cinéma argentin contemporain.
Un Año sin amor, à 3 heures, sur Arte. Réalisé par Anahi Berneri. Avec Juan Minujin, Mimi Arduh, Mónica Cabrera. Genre: drame. Durée: 1h35. Année de production: 2005.
Extrait vidéo:












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De Phil86
"Anahi Berneri, le réalisateur d'«O Fantasma»."
erreur !!! le réalisateur d'O Fantasma s'appelle João Pedro Rodrigues et est portugais... excellent cinéaste d'ailleurs, d'une remarquable intelligence
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De jeanpaul
C'est vrai, c'est le portugais Joao Pedro Rodrigues qui a fait "O Fantasma", ainsi que "Odete". Deux films superbes et d'une remarquable intelligence, comme le dit Phil86, je confirme.
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De Phil86
et écouter Joao Pedro Rodrigues est un vrai plaisir : il respire l'intelligente, la finesse d'esprit et la douceur
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De jeanpaul
C'est exact Phil86, ce Pedro Rodrigues, à mes yeux, est le Almodovar portugais. J'ai vu une interview de lui, il est vraiment délicat, raffiné, intelligent, sensible... Il mériterait qu'on parle plus de lui. Ce qui m'a beaucoup intéressé, c'est son approche du fantasme, esthétique et non pas sous l'angle psychanalytique. Le fantasme est un sujet qui m'intéresse beaucoup, je crois que c'est un élément inhérent à tout art. Le fantasme est l'élément déclencheur de toute oeuvre d'art. Du moins je crois....