Dimanche: «Le Diable s'habille en Prada», le «chick flick» préféré des gays
Mephisto à talons aiguilles, Meryl Streep transforma un phénomène de librairie plutôt codé en un divertimento sans faux pli, vrai carton dans les salles. Chick flick (le fameux film de filles) qu’il fallait avoir vu, il a réussi à attirer aussi pas mal d’hommes. Et des gays en pagaille.

Eté 2006. Hollywood attendait le retour de Superman. C’est Meryl Streep, en cape griffée, qui fracassa le box-office américain. Un pied de nez couture à l'industrie du cinéma où beaucoup pensaient qu’adapter le roman à clé de Lauren Weisberger, tenait de la gageure tant il paraissait peu probable que cette descente aux enfers dans les milieux de la mode new-yorkaise bouleverserait le grand public américain, pas très cinéphile.
Et encore moins portée chiffons, fussent-ils haute couture, Andrea (Anne Hathaway de Brokeback Mountain, à gauche sur la photo) débarque dans Big Apple avec des rêves de journalisme plein la tête. Elle trouve un emploi d’assistante de la rédactrice en chef du magazine phare de la mode. Et découvre alors un monde impitoyable.
Meryl Streep impériale en rédactrice en chef tyrannique
Et sa tyrannique patronne Miranda (Meryl Streep)... Ni satire féroce, encore moins film de société, cette comédie repose sur sa botte secrète: Meryl Streep. Coupe argentée à la Cruella, version Glenn Close, voix monocorde et port aérien, elle compose une «editrix» impériale. Avec un détachement souverain. Elle ne crie pas, elle susurre. Elle ne critique pas. Elle ignore. Elle fait de la superficialité un devoir.
La Streep (qui jure s’être inspirée de figures de la mode new-yorkaise comme Polly Mellen, Liz Tilberis ou Diana Vreeland et non de Anna Wintour, la patronne du Vogue US dont Weisberger fut l’assistante «martyre») reçut une autre nomination aux Oscars. A l'heure de la sortie, le journal USA Today a interrogé Michael Jensen, de Elton.com, célèbre site sur l'actualité homo, sur les raisons de cet engouement gay pour un film qui était à l'origine plutôt un chick flick, un «film de filles».
«N’importe quel gay peut se reconnaître dans ce personnage»
Pour lui: «Meryl Streep est une icône depuis toujours car le public homo américain aime les figures féminines de caractère. Le chef mode du film, ouvertement gay, joué avec une élégante suavité par Stanley Tucci, a été un joli plus.» Tucci est à la fois bitchy, mais il sait aussi aider Andrea et lui servir de confident. N’importe quel gay peut se reconnaître dans ce personnage».
Certains ont regretté que le film soit plus propret que le livre, Il est clair qu’une comédie aussi noire ne méritait pas forcément une fin… gris perle. Mais dans le genre de pop culture accessoire, on a rarement fait plus stylé!
Le Diable s'habille en Prada, dimanche 28 novembre, à 20h45, sur TF1. Réalisé par David Frankel avec Meryl Streep, Anne Hathaway et Emily Blunt.
Genre: comédie. Durée: 1h50. Année de production: 2005.
Bande-annonce:












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De TInou
J' ai adoré ce film