Ces séries qui jouent la carte crypto-lesbienne
Dans «Rizzoli and Isles» et «Warehouse 13», les héroïnes se jettent des regards ambigus, partagent des gestes d'affection… Mais sans jamais aller jusqu'au bout de ce qui a tout l'air d'être une attirance entre femmes. Des séries qui flirtent avec le lesbianisme?
Rizzoli and Isles: Jane Rizzoli (Angie Harmon) et Maura Isles (Sasha Alexander)
Warehouse 13: Helena G. Wells (Jaime Murray) et Myka Bering (Joanne Kelly)
L'une est une série policière, l'autre explore le genre fantastique. Le rapport entre Rizzoli and Isles et Warehouse 13? Les deux séries américaines développent des intrigues que l'on pourrait qualifier de «crypto-lesbiennes». Crypto-lesbienne? C'est à dire que cela ressemble à une relation lesbienne, cela sonne comme une relation lesbienne... mais ce n'est pas une relation lesbienne. A moins que si?
Dans Rizzoli and Isles, diffusée aux Etats-Unis sur la chaîne câblée TNT, Jane Rizzoli, enquêtrice de Boston, et Maura Isles, médecin légiste, font équipe pour résoudre des crimes. Les deux femmes sont très amies et partagent fous rires, coups durs et une très grande complicité. Jusqu'à être particulièrement tactiles l'une avec l'autre. A tel point que l'on jurerait qu'il y a plus qu'une simple amitié entre elles deux.
Diffusée sur Syfy, Warehouse 13 se focalise sur deux agents du FBI, un homme et une femme, Pete et Myka, chargés de collecter des objets surnaturels pour le gouvernement américain. Mais ce qui nous intéresse, c'est plutôt l'apparition dans la deuxième saison de Helena, une mystérieuse femme bisexuelle tout droit sortie… du 19e siècle, après avoir été congelée. Cette dernière, qui assume avec décomplexion sa sexualité, ne tarde pas à se rapprocher de Myka. Les deux femmes se sauvent mutuellement la vie, tout en se jetant des regards lourds de tension sexuelle… mais sans jamais aller jusqu'au bout.

Activité «typiquement lesbienne»
Les téléspectatrices homos ont bien sûr vu les premières le potentiel lesbien de ces deux shows. Pour Rizzoli and Isles, un épisode qui se déroulait dans le milieu lesbien (le bien nommé I Kissed a Girl) n'a rien fait pour calmer la passion des fans. Mais à force de multiplier les clins d'œil crypto, la série peut finir par porter sur les nerfs de celles qui aiment vraiment les femmes. Car enfin, pourquoi créer ce sous-texte si c'est pour ne jamais le faire aboutir? Cette timidité des scénaristes a poussé les fans lesbiennes à se réapproprier ces deux séries. Sur le web, des vidéos ou des gifs répertorient tous les moments ambigus ou réarrangent l'histoire pour lui donner un tour plus saphique.
Des fans de Rizzoli and Isles ont même inventé un jeu à boire: pendant les épisodes, on peut vider son verre à chaque fois que les héroïnes prolongent leur regard plus de trois secondes, qu'elles ont une activité «typiquement lesbienne» (comme le… softball) ou que l'une d'elle décide d'accompagner l'autre sans raison apparente (autre que vouloir être ensemble). La saison 1 étant actuellement diffusée sur TPS Star, libre à vous de tester ce jeux à la maison. Mais attention, vous risquez fort de finir saoule!

Plus qu'une grande amitié
Du côté des concepteurs Rizzoli and Isles, on se dit plutôt surpris de cette lecture lesbienne… tout en comprenant très bien d'où elle vient. «Très honnêtement, cela m'a étonnée, a récemment affirmé Janet Tamaro, la créatrice du show, à afterellen.com. C'est l'équipe de TNT qui m'en a parlé après le premier ou le second épisode, et j'ai juste pensé que c'était cool.» Mais comprend-t-elle que le public lesbien y voit plus qu'une grande amitié? «Carrément!» répond-elle du tac au tac.
L'équipe de Rizzoli and Isles est si friande d'allusions lesbiennes qu'elle n'a pas hésité à utiliser ce sous-texte pour la bande-annonce de la seconde saison. Lors d'un speed dating, nos deux acolytes enchaînent les candidats minables, avant de se retrouver, soulagées, pour aller boire un verre ensemble. «Rizzoli et Isles, le couple parfait» conclut la voix off. Trop c'est trop?
Regardez:
Janet Tamaro se défend de vouloir draguer le public lesbien («on ne veut pas tomber dans le piège de s'adresser à un public en particulier»). Face à la question de savoir si les deux femmes finiront un jour par craquer l'une pour l'autre, elle avance tout de même un «il ne faut jamais dire jamais» évasif. Mais l'arrivée de prétendants masculins dans la saison actuellement en cours de diffusion nous laisse malheureusement peu d'espoir.
«Un peu tombées amoureuses»
Chez Warehouse 13, on assume mieux le sous-texte. Ainsi, l'interprète d'Helena, la très gay-friendly Jaime Murray (déjà vue dans une scène de sexe lesbien dans Spartacus, lire notre article) a auparavant évoqué sur Twitter l'ambiguïté de sa relation avec Myka, et «le regard de côté» qu'elle lui jette. La semaine dernière, lors de la Comic Con de San Diego, une fan a interrogé l'équipe de la série sur ce sujet. Joanne Kelly, qui interprète Myka, a alors expliqué: «C'est une des choses dont nous avons parlé (avec Jaime Murray), comment rendre la dynamique intéressante et différente. Et c'est comme ça que nos personnages sont un peu tombées amoureuses.»
Rebelote dans une interview pour TV Guide, où Joanne Kelly aborde d'elle-même sa relation avec Helena. «Si mon personnage devait avoir une histoire d'amour, je pense que ce serait avec Helena. (…) J'aime beaucoup cette dynamique. C'est intéressant de voir deux femmes fortes et intelligentes avoir une relation aussi cool.» Et de préciser, comme pour nous appâter: «La relation entre Myka et Helena sera encore plus intéressante cette saison». Alors, tentées?
Pour Rizzoli and Isles, retrouvez des vidéos ici, ici, ici, ici, des «lesbian recap» ici, des gifs ici, ici, des montages photos ici ou ici et des fanfics ici et là.
Pour Warehouse 13 on pourra regarder des vidéos ici, ici, ici, ici, des gifs ici, ici ou ici, des montages ici, ici, ici, des fanfics ici et là... entre autres!
Photos: DR.











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