Vaccin testé sur des séropositifs: «Ce n'est même pas le début de la fin du sida»
L'annonce d'un essai vaccinal à Marseille a suscité un optimisme parfois exagéré. Après sa conférence de presse, le docteur Erwann Loret se veut prudent, et explique à TÊTU.com les vrais enjeux de ce vaccin thérapeutique.

Il faut rester prudent. Le docteur Erwann Loret (photo) l'a dit et répété à TÊTU.com, après la conférence de presse donnée mardi 29 janvier à Marseille. «Ce n'est même pas le début de la fin du sida» déclare le chercheur. Cet essai clinique a été autorisé le 24 janvier par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), alors que l'équipe avait rencontré l'agence dès juin 2011.
«Titres racoleurs»
D'ici quelques semaines, quarante-huit patients séropositifs et sous trithérapie, seront répartis en quatre groupes de 12: trois recevront les vaccins à des doses différentes, le quatrième un placebo. Le tout sera fait en «double aveugle», c'est-à-dire sans même que la responsable du protocole sache qui a reçu quel traitement.
Contrairement à ce qu'affirme les commentaires hasardeux faits depuis deux jours, rien ne permet de dire que ce vaccin pourra éliminer le virus de l'organisme: «L'objet du protocole n'est pas de supprimer le virus du corps et comme cet essai avait été annoncé il y a six mois, nous pensions éviter les titres racoleurs des journaux» explique Erwann Loret.
Fenêtre sans traitement
L'objectif de ce vaccin thérapeutique est de faire produire par le système immunitaire des anticorps qui neutralisent une protéine appelée Tat. «Mais on ne fait pas que vérifier sa bonne tolérance, on cherche à tester l'efficacité du vaccin. Dans un premier temps, nous voulons voir s'il est possible de se passer de trithérapie pendant deux mois, en gardant une charge virale indétectable, selon les critères établis par le communauté scientifique.» Le docteur Loret est bien conscient que cette simple «fenêtre» sans traitement fait rêver bien des séropositifs et d'ailleurs, le service d'infectiologie croule littéralement sous les appels de patients volontaires, dans le monde entier.
Très pédagogue, il explique qu'il faudra encore, si cet essai s'avère concluant, de nombreux autres protocoles afin de pouvoir, un jour peut-être, se passer quelques temps de trithérapie. Toute tentative de le faire seul chez soi est bien sûr formellement déconseillée. Enfin, si aucun géant pharmaceutique n'est derrière ce projet, l'équipe marseillaise affiche sa confiance dans un partenariat public-privé, où les bonnes volonté se répondent. Le docteur Loret travaille sur ce sujet avec son équipe depuis plus de quinze ans et les essais cliniques, promus par Biosantech, seront supervisés par le docteur Isabelle Ravaux, du service des maladies infectieuses de l'hôpital de la Conception. Des premiers résultats sont attendus en 2015. Le moins que l'on puisse dire, comme le fait Erwann Loret, est que «l'attente est forte.»
Photo AFP










LES CHAÎNES 











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De EQUALRIGHTSFORALL
Le principal c'est que les chercheurs continuent à chercher , parce qu'une fois qu'ils auront trouvés , cela ouvrira sur d'autres guérison sur d'autres maladies !
Il faut juste que les chercheurs en France soient soutenus pour continuer à persister !
D'autres maladies surviendront , de nouvelles aussi dévastatrice qu'a été le Sida ,
Miser sur la recherche , c'est miser pour le bien être des femmes et des hommes,
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De NémoGizmo
le sida a quand même déjà été reeconnu par l'ONU (et l'OMS) comme la pandémie ayant le tué !
un vaccin curatif est quand même un bel espoir.
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De Jean Elie
@ NémoGizmo
Le SIDA est une maladie terrible, j'avais 30 ans lorsquelle a débuté. J'espère voir bientôt la victoire de la recherche.
C'est la pandémie qui a le plus tué effectivement pour notre époque.
Au XIV siècle, l'épidémie de peste noire à tué entre 30 et 50% de la population de l'Europe...