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Un dépistage en trente minutes: visite guidée au Checkpoint

Par Cédric Douzant dimanche 07 mars 2010, à 10h20 | 6162 vues
Plus de: Checkpoint, kiosque info sida, prévention, dépistage

Pour faciliter l'accès au dépistage, une structure innovante a ouvert en janvier à Paris. Elle mise sur la rapidité et la simplicité de ses tests et un accueil spécifiquement destiné aux «hommes ayant des rapports sexuels avec d'autres hommes». Mode d'emploi.

Se faire dépister du Sida en moins d'une heure, c'est maintenant possible grâce au Kiosque Info Sida. Fin janvier, l'association a ouvert au cœur du Marais un centre de dépistage rapide et inédit en France, Checkpoint. «Il y a un problème d'accès au dépistage, explique Pierre Teissier, directeur du centre. Nous voulions proposer une offre innovante, un lieu intime et convivial qui mette à l'aise et attire ceux qui rechignent à se faire dépister.»

Résultats en 30 minutes
Concrètement, dès son arrivée au Checkpoint, le patient s'entretient avec un médecin pour s'assurer qu'il n'a pas été exposé à des risques de contamination durant les trois derniers mois, et identifier d'éventuels symptômes de primo infection. Ensuite, il se soumet au test rapide: un infirmier lui prélève alors quelques gouttes de sang au bout du doigt. Fiable, cette méthode est employée dans de nombreux pays mais, en France, elle ne peut être utilisée que dans le cadre d'une recherche bio médicale. Une petite demi heure après le prélèvement, le patient a accès au résultat. Si le test se révèle positif, il doit effectuer une prise de sang.

Ces consultations, confidentielles et gratuites, sont exclusivement réservées aux «hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes» (HSH). «Notre Association travaille depuis longtemps avec les homos et le dispositif est adapté à cette population, explique Pierre Teissier. Nous voulions aussi inclure les bis et ceux qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes sans pour autant se considérer homos. Ils ne sortent pas forcément dans le milieu et sont moins touchés par les campagnes de prévention. Ici, les patients peuvent parler franchement de leurs pratiques sexuelles, sans devoir mentir ni avoir peur d'être jugés ou pris de haut».

Déficit d'information
Car, au-delà du dépistage, l'association met l'accent sur le dialogue, pour conseiller au mieux les patients et les informer des risques de chaque pratique. Des efforts de prévention qui restent, encore et toujours, indispensables: «Il y a un gros déficit de prévention, surtout chez les 18-25 ans, et beaucoup de patients ont de mauvaises informations», constate Pascal, infirmier au Checkpoint. Ainsi, 40% des visiteurs du centre n'avaient jamais entendu parler des traitements post exposition. Et presque un sur trois a eu au moins un rapport non protégé avec un partenaire dont il ne connaissait pas le statut sérologique.

Depuis fin janvier, plus de 220 hommes sont déjà venus se faire dépister au Checkpoint. Un succès qui a surpris Pierre Teissier: «On ne s'attendait pas à une telle affluence dès l'ouverture. La plupart des patients apprécient la rapidité du test, le fait que le lieu soit spécifiquement destiné aux homos et aussi de ne pas avoir à subir de prise de sang.» Et il insiste sur la nécessité de se faire dépister et rappelle que, selon l'enquête Prévagay publiée en 2009, 20% des personnes séropositives ignorent qu'elles sont porteuses du virus.

Photo: Cédric Douzant/TÊTU.

Adresse, horaires du Checkpoint:
36 rue Geoffroy l'Asnier, 75004 Paris (plan).
Tél.: 01 44 78 00 00
M° Saint Paul (Ligne 1) ou Pont Marie (Ligne 7)

Lundi: de 08h à 12h30 sans rendez-vous.
Mardi: de 16h à 20h30 avec rendez-vous.
Mercredi: de 16h à 22h sans rendez-vous.
Jeudi: de 16h à 20h30: avec rendez-vous.
Samedi de 12h à 18h: sans rendez-vous.
Vendredi et dimanche: fermé.

Informations en ligne sur le site du Kiosque information sida

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25 réactions de la communauté

 
barcelonais

De barcelonais

Le 07 mars à 13h10

Je pensais que cela éxistait déjà en France. En Espagne ça fait des années que l'on a ce genre de dépistages, surtout à Barcelone.

 
hector dumas

De Sam from otherland

Le 07 mars à 17h36

barca a toujour etait en avance sur tout le monde!!

 
pierredu31

De pierredu31

Le 07 mars à 13h23

A quand la generalisation a l ensemble des grandes villes de France, une initiative formidable, ça change des structures actuelles ou tu attends des plombes et a le resultat qu 4 ou 5 jours apres avec là aussi une attenter interminable

 
hector dumas

De maboule

Le 07 mars à 16h24

et pourquoi qu'au grandes villes de France? et les petites ellzs sentent le mazout???

 
hector dumas

De pierredu31

Le 07 mars à 17h57

@Maboule

les petites aussi non elles sentent pas le mazout quoi qu'en Bretagne parfois :o)

 
hector dumas

De vpi79

Le 07 mars à 22h26

si au moins il y en avait un dans toutes les régions près du CHR. J'ai du mal à comprendre qu'on ne puisse pas avoir ce genre de structure spécialement prévue pour les gays qui sont relativement les plus exposés et où les priorités de compagne de dépistage sont pourtant évidentes.

Et d'ailleurs il faut rappeler aussi que ça ne dépiste pas que le VIH/sida mais aussi les hépatites et la syphilis, qui sont très courantes (et pas seulement chez les gays d'ailleurs, mais comme ces infections touchent aussi les femmes et que celles-ci ont un suivi gynécologique bien doté et organisé spécifiquement pour elles, ces maladies sont mieux suivies aussi chez elles et indirectement leurs compagnons hétéros).

On a toujours un déficit important de suivi médical des gays en France et il faut saluer l'initiative malheureusement très limitée (un seul centre à Paris, capable d'accueillir seulement une centaine de personnes par mois, on est loin du compte, même pour Paris uniquement).

Et que même si cette méthode est encore chère en France, l'utiliser pour cibler les populations là où il y a le plus d'urgence est pourtant une nécessité: c'est le coût initial qui est cher, ensuite il s'amortit assez vite, et il n'y a pas de raison que cela conduise à des dépenses plus importantes à terme que les tests actuels.

Allez,.encore 6 mois, et il y aura eu plus d'un millier de tests réalisés et de quoi valider la méthode scientifiquement pour la France. On n'en a pas demandé autant avec les premiers tests (et même les tests actuels n'ont pas une fiabilité exemplaire à cause de la fenêtre de sérologie).

Le problème c'est bien cette fenêtre, et il semble que la longieur des tests actuels est justement là pour permettre de revoir le patient et effectuer un second prélèvement après plusieurs semaines, mais la méthode ne marche qu'en cas de primo-détection (donc lorsque l'examen initial a eu lieu après cette période : c'est déjà trop tard).

Cette méthode ne changera rien, mais au moins, pouvoir donner un résultat tout de suite permet aussi de lancer une prise en charge plus vite, sans que la personne détectée ait besoin de revenir et craindre un résultat. Surtout qu'on peut aussi soigner très bien et sans presque aucune conséquence les hépatites B et C ou la syphilis et peut-être quelques autres IST détectées en même temps (alors qu'en attendant plusieurs semaines avec la méthode actuelle, on laisse les lésions s'installer qui auraient pu être soignées plus facilement).

Pouvoir soigner aussi une IST rapidement permet aussi de faire prendre conscience quel autre risque a pu être pris avant concernant le VIH si on y a échappé. C'est aussi mobilisateur pour la prévention ensuite.

Aussi parce que pour bien des gens, ce n'est pas aller faire un examen qui est difficile, mais attendre les résultats. Il faut l'avoir fait une fois il y a pas trip longtemps pour ne plus être freiné ensuite pour en refaire un autre. Plus on accélère le processus, mois le cap sera difficile. De même que la mise en place de structures spécifiques pour les gays, comme il y en a de très nombreuses partout en France pour les femmes.

 
Korial

De Korial

Le 07 mars à 16h18

mais oui a généraliser que diable ...SIIK

 
hector dumas

De vpi79

Le 08 mars à 13h12

L'association qui a développé ça a pu le faire dans un centre, malheureusement il faut bien voir qu'elle n'a pu la faire qu'avec l'assurance d'avoir certains moyens.

C'est l'occasion de rappeler que le compteur du Sidaction 2010 est ouvert depuis le 3 mars jusqu'au 11 avril.

Et que le Kiosque a pu bénéficier d'un soutien du Sidaction. Tous les détails :

http://www.sidaction.org/ewb_pages/f/financements_associatifs_france.php

Si vous voulez d'autres centres, faites passer le mot. Car l'exemple démontre qu'on peut faire mieux et que cela répond à des attentes évidentes là où des efforts sont plus urgents que jamais.

Et ça mérite le respect, au lieu du dénigrement. Mais pour multiplier les centres il faudra une action publique directe. Ce Kiosque démontre de façon éclatante un manque de la part de l'Etat qui en est resté encore à des campagnes généralistes sans cibler réellement les problèmes. On connait les résultats. Et cette absence de message clair et adapté, à cause d'un tabou et d'un silence stupide est aussi coupable dans ses effets que l'inaction de l'Etat qui avait conduit au scandale du sang contaminé.

Ce qui est encore une fois scandaleux c'est de voir que l'expérience a démontré ses effets positifs hors de France dans des pays voisins similaires au notre, et que l'Etat ne veut pas regarder. Tout retard en ce domaine est pourtant criminel, et conduira fatalement à des gaspillages d'argent public, et des dépense futures pour traiter les malades. En matière de santé publique, tout est question de dépistage et prévention; et la santé publique c'est du ressort de l'Etat ensore une fois absent.

Alors bravo pour ce centre, qui existe grace à l'action du Sidaction, à ses soutiens populaires, ses bénévoles, ses médecins volontaires, et l'action de quelques collectivités locales qui sont à l'écoute. Et je l'espère aussi de quelques programmes d'aide de l'Union européenne, que le Sidaction peut aussi aider à mobiliser.

Je trouve aussi très bien le fait que, bien que le Kiosque ait choisi de se limiter aux hommes, il ne s'est pas contenté de viser seulement les gays mais se soit ouvert aussi aux HSH occasionnels (qui doivent avoir plus de tabous encore que les gays car il n'y a jamais eu aucun message s'adressant à eux) même si cette extension des objectifs doit être encore plus difficile à garantir.

Très bien aussi le fait d'avoir des ouvertures le samedi ou certains soirs jusqu'à 22 heures, avec des tranches sur rendez-vous et sans-rendez-vous permettant d'y avoir accès plus facilement sans prendre sur les horaires de travail ni avoir à justifier une absence, mais aussi parce que ça vise une population qui "vit la nuit" et fait ses rencontres à risque justement dans ces horaires-là.

On voudrait aussi pouvoir avoir certains rendez-vous médicaux au moins mensuels dans les lieux de consommation sexuelle avec l'accord des établissements qui peuvent aménager un local et une garantie de confidentialité: aucun jugement, aucune gène à révéler ses pratiques sexuelles ou la multiplicité de ses partenaires.

J'ai donné récemment au Sidaction endécembre, mais avant la fin du mois je vais répéter mon action dans ce domaine sous une autre forme plus directe dans une autre asso (je donnerai au Sidaction plus tard dans l'année) où une action concertée se prépare pour répondre à des besoins locaux. Le Sidaction ne peut pas tout faire, mais il peut en fin de compte intervenir pour aider des initiatives locales si nécessaire pour boucler certains projets. Je crois aux actions locales les plus efficaces.

 
hector dumas

De Niko92

Le 09 mars à 19h53

Je donne régulièrement au Sidaction car je trouve normal quand on est en bonne santé de penser à ceux qui malheureusement ne le sont plus, mais ce n'est certainement pas les propos de Pierre Bergé qui me feront donner plus. J'ai même failli arrêter mon prélèvement mensuel tellement ce type m'a énervé à propos du téléthon. J'espère que ce lieu qui permet de se faire tester en 30 minutes va s'étendre un peu partout en France et pas qu'aux gays car beaucoup d'hétéros de nos jours transmettent le VIH. Tous les gays ne sachant pas leur sérologie devraient faire le test. Il ne faut pas se voiler la face et savoir où en est sa santé. C'est vraiment important.

 
hector dumas

De vpi79

Le 12 mars à 20h23

Mois la réaction de Pierre Bergé m'a fait donner, elle était saine au moment où il l'a faite.

Même si je n'ai pas apprécié ensuite qu'il maintienne ses propos et ne cherche pas un accord avec le Téléthon afin de se fixer des objectifs communs

(car j'ai aussi donné au Téléthon, comme aussi à une asso de ma ville, sous forme de virement mensuel, qui distribue des repas et favorise l'insertion et offre un lieu d'accueil TOUS les jours aux démunis, même si elle n'a pas toujours de quoi donner à tout le monde, elle offre un petit travail, une activité à des jeunes, à des personnes agées, leurs trouve des hébergements : ça m'a fait mal l'année dernière de voir de jeunes retraités fouiller les poubelles pour trouver de la nourriture, et c'est en me renseignant un peu auprès du SAMU social que j'ai trouvé le lieu adéquat avec des bénévoles qui sont des gens très simples et qui y donnent pourtant leur temps et leurs efforts pour aller régulièrement démarcher les magasins, les agriculteurs de la région pour faire des ramassages, récupérer des invendus, tenir une épicerie sociale et un dépôt vente, et aider un tas de monde avec pourtant très peu de moyens. Cette asso se trouve devant un hôpital juste à côté d'un service en psychiatrie, et d'un foyer de mères isolées, parfois mineures, et qu'elle aide à rester dans une formation. Elle reçoit des malades qui vivent dans une grande misère, et parmi eux des séropositifs, et malades du sida très affiablis et méconnaissables, vieillis prématurément par la maladie et les conditions sociales très dures).

Il faut se rendre compte ce qu'est le sida, qui dégrade socialement l'individu très rapidement, le marginalise: en discutant avec les membres de cette asso, ils voient comment les malades rapidement sombrent dans la dépression (on les retrouve en psychiatrie), perdent leur emploi, parfois perdent même leurs indemnités car au mileu de leurs problèmes ils omettent certaines démarches, commencent à accumuler des dettes, et sombrent dans la misère.

C'est ce type d'asso qui les récupère très bas et, sans parvenir à les sortir de leurs problèmes, leur permet de retrouver une certaine fierté d'eux-mêmes: elle sort des jeunes de la rue, prévient la montée de violence, évite des dérives vers les drogues dures et des suicides. Elle participe aussi à leurs obsèques, car parmi nombre des personnes qu'elle aide, beaucoup sont complètement isolés et oubliés.

Alors il ne faut pas s'arrêter aux seuls mots d'un président de fondation, c'est normal dans sa position qu'il se fasse entendre puisqu'il a accès à une audience. Le pire ce serait d'oublier qu'autour de nous il y a des tas de gens qui souffrent, et qu'il faut faut peu de chose pour leur donner une dignité. Les fondations et assos sont nettement plus efficaces que l'Etat. Elles ont des ressources humaines que l'Etat n'a pas, et gèrent et utilisent mieux l'argent que lui, de façon conservative mais en faisant en sorte aussi de ne pas se retrouver acculer face à des dettes insurmontables par rapport à leurs engagements sur plusieurs années. Il est normal qu'elles en place, ça ne veut pas dire qu'elle gaspille cet argent, juste qu'elles constituent des réserves adaptées à la croissance de leur activité et du public et des projets qu'elles aident.

Mais de quoi vivent ces petites assos ? D'abord des bénévoles, puis de l'Etat et des collectivités qui se manifestent justement grace au soutien visible du public, puis des dons aux grandes œuvres qui répartissent ces collectes pour financer des tas de petits projets qui autrement ne verraient pas le jour ou ne seraient pas tenables: Sidaction comme Téléthon aident à financent le milieu associatif local. c'est pour ça qu'il faut aussi leur donner (car les besoins sont inégalement répartis, et varient sans arrêt localement, avec des montées brutales dans certaines zones auxquelles les petites assos ne pourraient pas faire face s'il n'y avait pas un structure plus large de collecte et de répartition).

 
yaki

De yaki

Le 07 mars à 17h57

"Fiable, cette méthode est employée dans de nombreux pays mais, en France, elle ne peut être utilisée que dans le cadre d'une recherche bio médicale." Pourquoi ne pas dire franchement que le gouvernement s'oppose à la mise sur le marché français de ce test ? Ce test, mis au point par d'autres laboratoires que nos "goinfres" nationaux, leur ferait-ils perdre trop d'argent ?

 
hector dumas

De NémoGizmo

Le 08 mars à 13h46

en effet, l'UMP gouvernemental a trainé des pieds et a pris environ 2 ans de retard par rapport à d'autres pays sur les tests rapides.
l'Etat permet des tests rapides au compte-goutte (c'est le cas de le dire)... que de temps perdu!

pendant ce temps là, des gens (notamment gays et bis) se contaminent, et contaminent sans savoir où ils en sont... le sida étant aussi une porte d'entrée pour d'autres IST.

le Kiosque (groupe SOS) est en pointe, c'est très bien.

mais il faut mettre le turbo dans tout le pays, le temps de l'expérimentation est déjà révolu, les expériences dans les autres pays l'ont déjà montré.

 
Award

De Award

Le 07 mars à 20h27

Il faudrait qu'un jour les gens arrêtent de gober tout ce qui est officiel. Et dans ce cas précis, intéressez vous à tout ce qui tourne autour du sida.

 
hector dumas

De vpi79

Le 07 mars à 22h56

Et pas que le sida : les hétapites et les autres IST doivent reculer aussi, et ça passe par lever tous les freins qui empêchent encore de lutter efficacement. On ne peut pas lutter dans un climat d'homophobie encore très présent qui déclenche encore des tabous et des craintes de se montrer comme on est. Si on ne peut pas faire son coming out n'importe où, au moins on doit pouvoir le faire devant des médecins dans une structure adaptée où cette question d'identité sera déjà réglée dès le départ, pour passer directement aux autres questions importantes.

Parce qu'on a trop réduit les questions sur la santé des gays aux seules questions du VIH (ce qui a entretenu les mythes et peurs irrationelles des années 1980 sur cette maladie, on en souffre encore car ils entretiennent aussi le climat d'homophobie), l'Etat doit reconnaitre son échec et passer à autre chose: il y a plus que jamais la même urgence en santé publique, et que même si le dépistage coûte cher, il coûtera beaucoup moins cher que de soigner de plus en plus de malades et les traiter aussi socialement quand ils ne pourront plus travailler et se retrouveront isolés.

 
hector dumas

De phil86

Le 08 mars à 16h18

Le Sida en France en 2006

* Environ 130 000 personnes en France sont porteuses du VIH
* 6 300 personnes ont découvert leur séropositivié et 1 022 cas de sida ont été diagnostiqués en 2006
* Les femmes représentent 58 % des nouveaux diagnostiques d'infections à VIH parmi les personnes contaminées par rapport hétérosexuels
* Près de 40 % des personnes ayant déclaré le sida ne savaient pas qu'elles étaient séropositives. Elles l'apprennent lors de leur prise en charge à l'hôpital
* 40 000 personnes seraient porteuses du virus sans le savoir
* 41 ans est la moyenne d'âge des personnes atteintes du sida : femmes 39 ans, hommes 43 ans
* Les 4 régions les plus touchées sont : l'Ile-de-France, la Provence-Alpes-Côte d'Azur, la Guyane et les Antilles
* Près de la moitié (48%) des nouveaux diagnostics d'infection VIH concerne des personnes contaminées par rapports hétérosexuels et 29 % par rapport homosexuels. La contamination par usage de drogues injectables ne représente que 2% des nouveaux diagnostics (pour 21 % des nouveaux diagnostics d'infection VIH, le mode de contamination n'est pas renseigné)
* 30 % des personnes touchées par le VIH sont également atteintes par une ou plusieurs hépatites (le plus souvent l'hépatite C, parfois l'hépatite B)
* 5 à 6 % des séropositifs sont en situation d'échec thérapeutique (plus aucune combinaison de médicaments ne fonctionne)

Sources Onusida et Institut de Veille Sanitaire (INVS).

 
hector dumas

De vpi79

Le 12 mars à 20h56

J'ai moi-même été infecté, il parait, par l'hépatite C, sans le savoir. On l'a détecté mais il n'y avait plus besoin d'aucun traitement car j'ai eu la chance de guérir spontanément. ce qui a été détecté était ancien de plusieurs années au moins. Impossible de savoir quand j'ai été contaminé. Mais c'est en lisant à quoi j'ai échappé, que finalement ça m'a renforcé pour me préserver.

Normalement je ne peux plus contaminer personne, mais je suis radié du don de sang (ce que je faisais il y a une dizaine d'années et que j'avais arrêté en ayant eu connaissance des questions posées qui excluaient les homosexuels, alors que je commençais ma vie sexuelle). Je ne saurais jamais en fait si j'ai eu la maladie ou seulement été en contact accidentel. Mais tant qu'on n'aura pas de traitement efficaces (comparables à ceux de la grippe) pour les cas qui évoluent en maladie, il faudra continuer les efforts sur la recherche. Il me reste cependant ma carte de receveur (uniquement) de sang ou d'organe. Peut-être qu'un jour on m'autorisera à nouveau à donner car je veux me protéger.

Je ne me sens pas coupable d'avoir été malade ou exposé, mais je ne veux plus de l'exclusion qui marginalise encore les malades, et je veux qu'on retrouve un monde plus libre où un simple accident de parcours sur la capote est encore perçu comme un acte irresponsable, alors que naturellement on est enclin à prendre certains risques tous les jours et vouloir vivre normalement sa vie sexuelle.

Sinon, même dans les couples les plus stables, la maladie arrivera et brisera les unions pour quequechose qui aurait du ne même pas nécessiter d'excuse ou de pardon, exactement comme on traite quelqu'un qui a eu la grippe parce qu'il est allé dans un endroit un peu plus exposé sans forcément le savoir ou le réaliser immédiatement : on n'y va pas pour se suicider, juste pour vivre ou pour y réaliser une mission, parce qu'on ne veut pas rester enfermé chez soi dans son coin.

On est des êtres sociaux, c'est normal qu'on ait envie de partager bien des choses et vouloir aussi faire confiance à un autre. Ce ne sera possible que si le sida arrête d'être un tabou social et un sujet d'exclusion. On pourra en parler plus sereinement. Et on aura encore des choses à partager ensembles même si on a été exposé à une maladie traitée un peu comme une autre et non une faute.

Ce sera une question de mesure, entre un peu de risques assumés et d'autres dont on aura abusés, ce qui n'est plus possible depuis le début des années 1980, et ne sera pas encore possible avant des dizaines d'années voire bien au delà de ma propre vie avec le rythme actuel des recherches et le manque de financements pour au moins détecter et traiter les personnes déjà infectées pour qu'elles ne soient plus contaminantes, avec des traitements raisonnables, moins toxiques, plus simples et moins chers offerts au plus grand nombre.

En santé publique, c'est le nombre qui joue, c'est comme ça qu'on arrive à vaincre les grandes épidémies comme on l'a fait avec la tuberculose, la diphtérie, la polyo... et qu'il faudra encore le faire pour la fièvre jaune, les grippes, les encéphalites, et pour l'hygiène publique y compris dans le monde alimentaire.

Car même si on ne "guérira" pas totalement les personnes infectées, elles pourront vivre en fait normalement avec un tel traitement prévenant l'évolution et la survenance de crises aiguës, à un point tel que l'espérance de vie sera indicernable à celle de la population moyenne, et il n'y aura plus de transmission puisque ces personnes seront non contaminantes (et alors l'épidémie s'éteindra avec seulement de petits foyers occasionnels via des porteurs sains, espérons-le vite détectés et traités: là encore à condition qu'il y ait les dispositifs de test plus accessibles).

 
hector dumas

De vpi79

Le 12 mars à 21h07

Correction : c'était le VHB (marqueurs "cicatriciels" d'une ancienne hépatite **B**, pas C, à un taux très faible, qui n'avait pas été mesuré ou détecté avant) qu'on a détecté chez moi. Les test usuel ne voit rien, c'est un test avancé qui le détecte et le confirme (et j'ai refait depuis le test tous les 6 mois, normalement on devrait le voir à chaque fois, mais ce n'est pas toujours le cas selon la méthode utilisée par le labo, ou parce qu'il y a d'autres éléments masquants, ou un défaut dans le prélèvement ou dans la préparation des réactifs):

On me demande pourtant de refaire les analyses, avec un prélèvement total une fois par an, alors que je suis guéri, parce que justement cela permet aux labos de tester ses réactifs et instruments de mesure, et contrôler leur sensibilité (pour ça, des échantillons sont congelés, et envoyé au hasard aux divers labos privés pour réévaluer leurs méthodes et outils ou les comparer). Par ailleurs je sukis en très bonne santé...

 
phil86

De phil86

Le 07 mars à 22h27

se faire dépister c'est hyper important, c'est la règle n° 2 après la n° 1 : la capote... parce que même si on a l'habitude d'utiliser le préservatif, on peut se relâcher, l'oublier ne serait-ce qu'une fois, ou bien on peut aussi se retrouver avec une capote qui pète parce que cette fois là on ne l'aura pas assez lubrifiée ; le dépistage (l'idéal deux fois par an) ça permet de savoir où on en est de sa sérologie et s'il s'avère qu'on est séropo mieux vaut le savoir le plus tôt possible, ça évite de se retrouve en stade sida (pas vraiment top comme expérience, j'ai testé la pneumocystose et un mois et demi à l'hosto avec des allergies aux médocs que l'on m'avait donnés pour la soigner, plus le choc psychologique, et des raptus anxieux, très éprouvant comme expérience ; sans compter l'impact sur la famille, faut aussi penser à ses proches, à ceux qu'on aime et qui nous aiment, pour eux aussi c'est raide le sida) et ça facilite la prise en charge car plus on attend plus on a de "chances" de se retrouver avec une trithérapie et plus celle-ci sera délicate à mettre en place... mieux vaut être dépister séropo tôt avec une charge virale pas trop élevée et une immunité encore correcte que plus tardivement avec une charge virale atomique et 15 T4 qui se battent en duel... mais mieux vaut encore plus éviter de devenir séropo, parce que c'est un bail illimité que l'on signe avec un locataire très encombrant !

 
hector dumas

De Niko92

Le 09 mars à 20h03

Tu as tout à fait raison dans ce que tu dis. La 1ère fois que l'on fait le test c'est la fois la plus difficile car on est face à l'inconnu et même si on n'a pas pris de "gros" risques, on se demande si ce qu'on a pu faire nous aura été fatal ou si l'on aura été épargné. C'est en tout cas comme ça que j'ai vécu mon 1er test et je devais avoir plus de 35 ans. Ce fut le soulagement après le résultat et la promesse un peu trop hâtive de dire que je ne prendrai plus de risques car quelques temps après, j'en ai pris 1 petit, mais un réel et là j'ai flippé jusqu'au test. J'ai eu de nouveau de la chance mais je ne veux plus jouer à la roulette russe. Se faire dépister est VITAL pour tous ceux qui ont des rapports sexuels, homos ou hétéros. Si on ne prend aucun risque en dehors des tests, à mon avis, il n'y a pas lieu de faire des tests trop souvent. Si on a des doutes sur ce qu'on a fait, comme tu le dis très justement, il faut faire un test car si on est détecté séropo rapidement on vivra mieux.
LA SANTE N'A PAS DE PRIX et il ne faut donc pas la brader pour quelques gouttes de sperme.

 
Cédric

De Cédric

Le 08 mars à 15h10

J'y suis passé ce matin, bravo pour l'accueil et le professionalisme de tous!

 
bodz92

De bodz92

Le 08 mars à 20h19

BRAVO !!! Néanmoins il me semble que les horaires fantaisistes suffiront à en décourager certains ou au minimum à nous filer une grosse migraine ! Un 12h00 - 22h00 tous les jours serai-t-il impossible à mettre en place ?

 
hector dumas

De Cédric

Le 09 mars à 12h10

Suivant les jours la plage horaire est super large: ça va de 8h à 22h, et c'est ouvert le samedi! C'est déjà pas mal!

 
hector dumas

De NémoGizmo

Le 09 mars à 12h16

d'acc avec Cédric.
là ils débutent, c'est à un stade expérimental et 100% gratuit pour les gens qui y viennent. S'ils doivent repenser leurs horaires et les élargir, je pense qu'ils y bosseront!

+ d'horaires d'ouverture, ca a tout de suite un coût en personnel (tous les infirmiers ou médecins n'ont pas envie de bosser jusqu'à 22h, par ailleurs), en matériel... et comme l'Etat coupe pas mal dans les budgets sida, l'argent ne se trouve pas comme cela.
déjà 3 jours au delà de 20h et le samedi largement ouvert, ce me parait assez adapté pour un bon démarrage et de dispo.
En France, les CDAG (dépistage anonyme classique) ont des horaires moins larges et moins variés pour la plupart.

 
hector dumas

De Niko92

Le 09 mars à 20h10

Tu exagères bodz92. Je trouve au contraire que les horaires sont vraiment bien, notamment l'ouverture le soir tard le mercredi et le samedi. Ne pas y aller soi-disant à cause des horaires c'est ne pas avoir envie d'y aller du tout. Bravo à Cédric d'y être allé. J'espère que beaucoup de gays iront dans ce lieu. Moi ça fait tellement longtemps que je n'ai pas baisé que je n'ai pas besoin d'aller faire le test !!!

 
Kech

De Kech

Le 10 mars à 12h20

C'est bien, mais suis-je le seul à m'inquiéter sur le fait que ça risque d'influencer quelques (ou beaucoup) d'homos à penser ou se conforter dans l'idée qu'il n'y a que le sida dans les IST, et d'oublier toutes les autres. Trop d'hétéros font déjà ça : " J'ai fait le test du sida, je l'ai pas, je baise sans capote à tout va ! Où est le problème ? "... Bah... les autres IST qui sont bien contentes de ce mode de pensée ! Espérons donc que ce centre fera un appel à une grande vigilance pour dire que ne pas avoir le sida ne veut pas dire qu'on doit ôter la capote avec son partenaire dans le cadre du couple (avec l'enjeu et les risques de la confiance d'un couple dit sérieux) sans avoir fait un bilan complet pour chacun des deux membres du couple ! Méfiance donc sur cette bonne initiative qui pourrait voir des travers déjà présents s'accroîtrent, bien malgré elle.

 
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