Pour Françoise Barré-Sinoussi, un monde sans sida est possible
Avant l'ouverture de la XIXe conférence internationale sur le sida, Françoise Barré-Sinoussi dessine une stratégie mondiale pour endiguer la pandémie, tandis que des experts constatent que le VIH reste hors de contrôle chez les gays.

Prix Nobel de médecine 2008, Françoise Barré-Sinoussi, estime envisageable d'en finir avec la pandémie qui a fait 30 millions de morts en trente ans. Elle attend avant tout «une mobilisation plus forte, en particulier des politiques, pour élargir l'accès aux traitements et continuer la recherche sur le VIH». Car sur les 35 millions de personnes séropositives de la planète, 97% se trouvent dans les pays pauvres.
Françoise Barré-Sinoussi, dans une interview à l'AFP, juge que l'espoir est de mise, pour plusieurs raisons: «L'accumulation de nos connaissances scientifiques avec le patient de Berlin, le seul qui semble avoir été guéri après avoir subi une transplantation de moelle osseuse, donne la preuve qu'arriver à éliminer le virus du corps est quelque chose de réaliste.» Elle cite aussi la très petite proportion de patients (moins de 0,3%) qui contrôlent naturellement leur virus de façon permanente sans avoir reçu de traitement et qui sont bien sûr observés à la loupe. En 2012, on en sait beaucoup plus sur la persistance du virus chez les personnes traitées.
Les gays toujours concernés

«Avec les traitements actuels, nous savons qu'en 2050, si on suit les modèles informatiques, et si toute personne infectée peut avoir accès au traitement, on devrait être capable d'éliminer cette épidémie mondiale. Dans la réalité, il y a des obstacles financiers, d'organisation et d'accès aux personnes touchées par le VIH» déclare Françoise Barré-Sinoussi. Elle appelle à lutter contre la stigmatisation et à revoir le système de santé des pays les plus pauvres afin que les populations, où qu'elles se trouvent, puissent avoir accès aux tests et aux traitements. Sur ce terrain, Madame le Nobel n'est pas seule. Pour Anthony Fauci, virologue et directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), «nous pouvons voir le bout du tunnel».
Mais le combat est loin d'être gagné. Un article publié aujourd'hui dans The Lancet explique que «des décennies de recherche et les efforts de la communauté gay, de la médecine et des autorités de santé publique n'ont pas réussi à freiner la progression des infections par VIH chez les homosexuels.» Le professeur Chris Beyrer, de l'Ecole Johns Hopkins Bloomberg de santé publique de Baltimore (Etats-Unis) préconise une diversification des stratégies, qui va bien au-delà de l'encouragement à utiliser des préservatifs: antirétroviraux à titre curatif pour que les séropositifs transmettent bien moins le virus, et antirétroviraux à titre préventif pour réduire le risque chez ceux qui ne sont pas infectés.
Photo AFP










LES CHAÃŽNES 











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De Fablyon
Mouais je suis un peu dubitatif sur la fin de l'article (pas sur les faits liés à l'homosexualité, mais sur les solutions).
Après, comme toujours, ce qui manque ce sont ds moyens financiers et humains au final.