L'essai de traitement préventif Ipergay entame sa phase pilote
C'est officiel, l'essai qui va tester la validité d'un traitement antirétroviral préventif chez des gays séronégatifs vient d'être lancé par l'Agence nationale de recherches sur le sida.

Des gays et des transgenres («male to female» n'ayant pas subi de réassignation chirurgicale) ayant des pratiques qui les exposent à la contamination au virus du sida vont tester un duo de molécules réunies en un médicament (le Truvada, de la firme Gilead), avant et après des rapports sexuels anaux.
«C'est cette utilisation, non continue, à la demande, qui va être testée sur une population ouverte aux nouvelles stratégies de prévention, qui utilise le préservatif, mais pas systématiquement» explique Jean-François Delfraissy. Les chercheurs classent Ipergay dans la catégorie des essais dits de Prep, pour prophylaxie pré-exposition.
Une première mondiale
C'est la toute première fois qu'un tel essai est mené. Car la plupart des recherches porte sur les séropositifs. Il est aujourd'hui admis, depuis l'essai HPTN 052, que ceux qui prennent un traitement et bénéficient d'une charge virale bien contrôlée ne transmettent plus le virus à leur partenaire. Cette fois, avec Ipergay, on ne va plus observer la façon dont les séropositifs protègent leur amants, mais voir s'il est possible pour des séronégatifs de se protéger. Les participants, qui recevront un «pack» de prévention (capotes, dépistage, vaccin contre les hépatites A et B, counselling) seront des gens qui prennent déjà des risques. Cette «cible», bien réelle, a été mise en évidence par de nombreuses enquêtes, comme Prévagay.
Afin de comparer l'efficacité du traitement, une partie des volontaires recevra un placebo à la place du traitement, ce qui a soulevé un débat houleux. Un comité composé de quinze associations a toutefois validé cet essai. L'association Aides, représentée par Bruno Spire, son président, a usé de tout son poids pour qu'Ipergay voit le jour: «Nous constatons sur le terrain, lors de nos actions, un besoin de diversification de la prévention. Et les séronégatifs, même s'ils n'utilisent pas tous la capote à 100%, veulent le rester.»
Recherche volontaires
La phase pilote doit trouver, sur l'année 2012, 300 volontaires, sur trois sites: les hôpitaux Tenon et Saint-Louis à Paris, et La Croix Rousse, à Lyon. Ce chiffre devra ensuite atteindre 1900 volontaires au total, en France et au Canada. A elle seule, la phase pilote coûte plus d'un million d'euros, ce qui est dans la moyenne pour ce type d'essai. Si cette solution démontre son efficacité, elle évitera que des gens se soignent à vie avec un traitement qui revient à 900 euros par mois. «Ce schéma de prise intermittente, avant et après les rapports sexuels, serait, s'il est efficace, à moindre toxicité et à moindre coût» explique le professeur Jean-Michel Molina, investigateur principal de l'essai, qui avait répondu à nos questions en juin dernier (lire notre article).
Gilles Pialoux, co-investigateur, espère quant à lui diviser la «séro-incidence, c'est-à-dire les contaminations, par deux.» Reste à trouver les volontaires. Selon Jean-Marie Le Gall, responsable des essais à Aides, une trentaine de gays aurait déjà manifesté leur intérêt pour Ipergay.











LES CHAÃŽNES 














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De Korial : je vis avec Robocop
j'ai une question : On fait quoi des personnes ayant reçu le placebo et qui se retrouve contaminé par le vih? SIIK
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De vince698
Elles auraient été contaminées de toute façon puisqu'il s'agit d'une population n'utilisant pas systématiquement la capote ! Et on ne leur dit pas de se passer de la capote, d'ailleurs, on leur en donne !
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De Phil86
@korial : Elles sont conscientes qu'elles peuvent recevoir un placebo et acceptent cette éventualité, j'imagine...
@vince : "Elles auraient été contaminées de toute façon puisqu'il s'agit d'une population n'utilisant pas systématiquement la capote ! " pas forcément, non, la transmission n'est pas systématique
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De vince698
Oui mais ce que je voulais dire, c'est que ça n'augmente pas la probabilité d'infection...
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De hellbrecht
On ne leur demande pas d'avoir de conduites à risques, on leur demande de prendre ce médicament et d'avoir une conduite normale durant la prise du traitement.
Sans traitement on connait le taux moyen de contamination et donc en comparant avec les résultats du taux de contamination de la population ayant pris le médicament pendant une duré déterminée et et la population ayant eu le placébo.
On peu si la population totale est assez grande, déterminer par des outils statistiques si le médicament à un effet sur le taux de contamination et quel est cette incidence. Une étude est d'autant plus significative que l'échantillon est conséquent. (règle statistique)
Donc pour résumer si une personne est contaminée pendant le test ce n'est pas la faute des scientifiques qui font l'étude, ce n'est "que" l'intéressé qui est mit cause.
Pour tester les effets du médicament face au virus, c'est une étude faite en laboratoire et non sur des humains, par contre les possibles effets secondaires sur l'homme ne sont pas forcement connues.
Voila en espérant avoir été le plus clair possible. Ne pensait pas que les scientifiques aient le droit de mettre en danger la vie d'hommes et de femmes pour faire des testes. Même si ce serait la manière la plus facile et rapide pour analyser le médicament, ne vous inquiétez pas, on en est pas là .