Journée mondiale de lutte contre le sida: le virus ne s'épuise pas
Le VIH occupe, une fois par an, l'espace médiatique alors que l'accès universel au traitement n'est pas à l'ordre du jour pour les 33 millions de personnes vivant avec ce virus. Etat des lieux.
On aimerait croire que c'est fini, que ce virus s'est éteint, épuisé par une molécule qui l'aurait terrassé, endigué par une baisse drastique des contaminations. On aimerait voir des campagnes de prévention intelligentes, massives, adressées aux gays et à un pays tout entier, mobilisé et combatif.
Aucune population épargnée
Mais il reste encore du pain sur la planche, lorsqu'on voit par exemple Benoît XVI évoquer dimanche dernier cette journée mondiale, en disant que ses pensées et prières allaient aux personnes frappées par cette maladie qui doit être «arrêtée et vaincue». Comment? Sans doute par miracle...
Plus alerte, Mme Bruni-Sarkozy publie une tribune dans Le Monde daté du 1er décembre. «Je tiens à exprimer ma profonde préoccupation particulièrement à l'égard des femmes et des enfants touchés par le VIH et le sida». Pour elle, «ce sont encore ces catégories qui sont les plus affectées par cette maladie et les plus vulnérables face à elle». Le virus n'épargne en effet aucune catégorie de la population, il faut le rappeler en cette journée mondiale.
2,7 millions de nouveaux contaminés par an
En France, les nouvelles orientations de prévention seront présentées début 2010. Le pays a enregistré, en 2008, 7000 nouvelles contaminations dont une grande part d'homosexuels masculins. Côté traitement, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de recommander de donner plus tôt des traitements aux personnes séropositives, avant même l'apparition de symptômes.
On estime à 33,4 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde et à 2,7 millions celui des nouvelles infections annuelles. Deux tiers des séropositifs vivent en Afrique subsaharienne. Le virus du sida progresse toujours deux fois plus vite que le nombre de personnes recevant un traitement. Les progrès réalisés dans l'accès aux traitements font qu'en 2008, 2,9 millions de personnes recevaient un traitement, avec une progression de 39 % par rapport à l'année précédente. L'objectif d'un traitement pour tous en 2010 ne sera hélas pas atteint.
D'ailleurs, alors que des baisses de crédit menacent le continent africain, on apprend que la Chine compterait 740.000 personnes séropositives. Qui sont les 30 ou les 50 millions de personnes risquant d'être contaminées ? Selon Michel Sidéré, directeur d'ONUSIDA, «des prostituées, des travailleurs migrants et des homosexuels.» La transmission homosexuelle a fortement augmenté en Chine, représentant désormais 32% des nouveaux cas. Le combat est donc loin d'être terminé.












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De Pauldenton
Des mots! Le VIH a rejoint le panthéon de ces maladies dont on ne parle que de temps en temps avant la période de Noël ou entre deux bouchées de bûche, en déplorant les dégâts.
Mais que s'est-il passé? j'ai la vingtaine, et je n'en parle jamais avec des amis. Pourtant, il y aurait beaucoup à dire…
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De NémoGizmo
exact!
triste constat...
la maladie a été invisibilisée depuis environ 12 ans, banalisée voire niée...
or, elle reste transmissible et personne n'en a jamais été GUERI, il n'y a PAS encore de vaccin.
les tabous, avec le duo sexe & sang (vecteurs de transmission), n'arrangent rien. Et les regards compatissants ou lointains vers l'Afrique...
Les médocs & capotes existent dans les pays riches, et les morts siont quasi invisibles chez nous, le sujet est donc en qq sorte "passé de mode" dans certains esprits... :-(
comme disent des militants d'assoces de lutte, le "1er décembre / Saint Sida" a des effets pervers notamment dans les grands médias qui traitent cela comme un marronnier, un sujet mineur mais obligatoire... C'est évacué presTEment.
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De Phil86
oui ! il faut que l'on favorise la parole sur le VIH et ça c'est le rôle des assos mais aussi des autorités de santé... car c'est difficile et douloureux d'en parler, mais indispensable pour une prévention efficace ; la prévention peine car elle est empêchée par la non-dicibilité de cette pathologie qui doit sortir du tabou, du placard...