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Interdiction du don du sang: les propos de Roselyne Bachelot font réagir Act Up

Par Rédaction jeudi 20 août 2009, à 19h24 | 5474 vues
Plus de: don du sang, vih, sida, Roselyne Bachelot, Act Up-Paris

Revenant sur la grève de la faim entamée par un gay parce qu'on refuse son don de sang, la ministre de la Santé avait estimé «qu'il ne s'agissait pas d'une discrimination». Act Up-Paris a rapidement répondu à la déclaration de Mme Bachelot.

Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, a réitéré son opposition au don du sang des homosexuels, confirmant son revirement par rapport à ses propos favorables au don du sang des gays, fin 2007. Hier sur RMC, au détour d'une interview sur la grippe A/H1N1, elle a déclaré «qu'il ne s'agissait pas d'une discrimination» et répété une nouvelle fois que l'interdiction serait levée si la prévalence du VIH/sida chez les homosexuels baisse.

Revenant à l'invitation du journaliste sur le cas d'Alexandre Marcel, homosexuel qui a entamé une grève de la faim à Alès (photo) parce qu'on lui refuse un don du sang, Mme Bachelot a fait la déclaration suivante:

(Ecoutez l'extrait de l'interview au micro de Jean-Jacques Bourdin, ou lisez le verbatim sous le lecteur)

«Effectivement pour l'instant, c'est une contre-indication. Je veux dire qu'il n'y a pas de discrimination, bien entendu. D'ailleurs la Haute autorité de lutte contre les discriminations a dit qu'il ne s'agissait pas d'une discrimination, mais d'un principe de précaution. Parce que, qu'est-ce que l'on note ? C'est que la prévalence du VIH est très forte dans les populations homosexuelles; alors que la prévalence du VIH n'est que de 0,2% dans la population hétérosexuelle, elle monte à 10 et même à 20% selon ces études dans la population homosexuelle. Donc pour l'instant cela constitue une contre-indication.

Je veux dire d'abord que je remercie quelqu'un qui veut s'impliquer. Le droit, il est le droit des personnes qui reçoivent du sang à avoir le maximum de sécurité. Vous savez, on revient de loin dans la transfusion et dans la sécurité transfusionnelle. Rappelez-vous, il y a quinze ans… on a rebâtit une sécurité transfusionnelle. Alors, il s'agit d'assurer le maximum de sécurité, puisque vous savez que quand on est contaminé par le virus du sida, vous savez qu'il y a une période muette pendant lequel, diagnostiquer, on ne peut pas prouver ce virus du sida.

Donc à cause de cette évaluation populationnelle et ce risque majoré que l'on connaît bien dans la population homosexuelle, cela constitue une contre-indication. Evidemment, toute ma politique consiste à mener les politiques d'information, de prévention pour faire que cette prévalence du sida dans la population homosexuelle baisse, et bien entendu, si cette prévalence baisse, évidemment la contre-indication sera levée.»


Act Up répond à Roselyne Bachelot
La déclaration de la ministre de la Santé a fait bondir l'association Act Up-Paris, qui réagit dans un communiqué. «La prévalence du VIH chez les gays est plus forte, mais leur connaissance du statut sérologique est aussi meilleure que chez les hétérosexuels. Le risque est lié aux pratiques, pas aux appartenances à des groupes statistiques, surtout lorsqu'on parle d'un geste aussi responsable que le don du sang», déclare l'association.

«Dans l'état actuel des connaissances, on ne peut éradiquer le virus du sida. Donc, le seul moyen de faire baisser rapidement le taux de prévalence du VIH chez les homosexuels seraient que les gays séropos meurent en masse. Est-ce vraiment ce que la ministre de la Santé veut?» s'interroge Act Up.

Par ailleurs l'association –qui rappelle que «le scandale du sang contaminé en France est dû à l'irresponsabilité des personnes en charge (...) dans ce dossier, et non pas des donneurs»– enfonce le clou par rapport à son précédent zap contre l'Inpes afin de demander une campagne de prévention spécifique envers la population gay: «Le ministère de la Santé et les services associés, comme l'INPES, leur action ou leur inaction, notamment depuis deux ans, sont les premiers responsables de la prévalence du VIH au sein des gays», écrit Act Up.

Photo: capture d'écran TF1

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69 réactions de la communauté

 
Korial

De Korial

Le 20 août à 19h44

Mais d'un principe de précaution parce que, qu'est-ce que l'on note ? C'est que la prévalence de la connerie est très forte dans les populations politiques; alors que la prévalence de la connerie n'est que de 0,2% dans la population d'en bas, elle monte à 10 et même à 20% selon ces études dans la population politique. Donc pour l'instant cela constitue une contre-indication de faire de la poilitque. Et pourtant nous avons vraiment des politiques qui n'applique pas le principe de liberté egalité fraternité!!! Que le ministre de la santé le veuille ou non c'est discriminatoire, surtout avec le smoyens qu'i y a pour detecter le vih aujoudhui ect ... bref je prefere encore uen boutin ou un uvannest dont on sait au moins ce qu'ils pensent de nous que ce genre de policard qui font du blablabla pour rien!!! et dont avec lesquels on ne sait sur quel pied danser

 
hector dumas

De Niko92

Le 21 août à 20h28

Au début des années 80 je donnais mon sang avec plaisir car je trouvais ce geste tout à fait normal. Aider les autres grâce à un petit don, peu importe leur orientation sexuelle me paraissait évident. Un jour j'ai vu un questionnaire mentionnant que le don n'était pas possible pour les homos et j'ai arrêté jusqu'à aujourd'hui de donner mon sang. Je me suis dit que si mon sang n'est pas assez sain, tant pis pour les malades qui en ont besoin.
Cette année, j'ai décidé que la connerie des hommes et femmes politiques ne devait plus m'empêcher de faire cet acte citoyen et désormais je vais redonner mon sang et s'il le faut je mentirai sur ma sexualité. Je suis sain et ce que peut penser ou dire Mme BACHELOT je m'en fous. ACT UP a raison. Homos ou hétéros, nous devons tous être égaux face aux dons. Si mon sang peut servir à sauver des vies, je vais revenir sur une décision que j'ai prise il y a 25 ans.

 
Pee-Wee

De Pee-Wee

Le 20 août à 20h49

Doit-on conclure qu'une transfusion de sang est au risque de 0,2 % d'infection du VIH ? Si l'on suit le raisonnement de Rosyne Bachelot tel quel, on a l'impression que le don du sang se fera là où il y a le moins de risque, certes, mais là où il y a un risque quand même ! Ça paraît abérrant. Ça veut dire que personne ne vérifie la sérologie ni en amont, ni en aval ? Je pense, en tout cas j'éspère, que Roselyne Bachelot est très emmerdée parce qu'elle sait bien que cette mesure est mal foutue et discriminante, et ce n'est pas en jouant sur les mots qu'elle va s'en sortir. Parce qu'une plus forte proportion d'homosexuels est à risque, tous les homosexuels sont rejetés. Donc, l'orientation sexuelle prévaut. Alors que comme le dit très justement Act Up, seules la connaissance de son statut sérologique et ses pratiques sexuelles ne peuvent être des critères fiables, quelle que soit son orientation sexuelle.

 
yehoz

De yehoz

Le 20 août à 21h23

Moi je comprend pas tout la :) J'essaie de réagir de façon simple, je ne rentrerais pas dans une pensé qui dirait que c'est discriminatoire envers les homos...je pense que les politiques ont bien d'autre moyens d'être discriminant envers les homos, ils ont autre choses a foutre donc mon raisonnement est le suivant : Si l'ont me donne de sources fiables, des chiffres et des statistiques qui démontre bien que le "principe de précaution" est nécessaire concernant les pratiques homosexuels et bien je veux bien accepté sans bronché que je ne puisse donner mon sang même si moi même je suis négatif, et que je me protège :s Voila, cela s'arrête la, on sait bien que malheureusement chez les homos les infections au VIH sont encore très très fortes, surtout chez les moins de 25 ans. Donc je vois pas quoi dire de plus? Parce que même si en soit c'est injuste de privé " tous les homos " a la fois... je pense a ceux qui se protège etc... Comment pourrait on faire autrement ? C'est une question sans fin... Alors bien sur, chez les hétérosexuels c'est la même chose, le risque est le même concernant les infections au VIH et au don du sang... mais a taux beaucoup plus bas. Voila tout.

 
hector dumas

De Tazman

Le 21 août à 16h10

Si tu veux des chiffres il suffit de consulter la bases de données de l'INVS (INstitut National de Veille Sanitaire) auprès duquel il est obligatoire de déclarer toute contamination dépistée.

http://www.invs.sante.fr/bdd/index.htm

Tu pourra alors te rendre compte que, comme le rappelle Act Up, que la prévalence* du VIH dans la population homo est du a des raisons historiques et que pour faire baisser cette prévalence il faudrait que tous les pédé infectés dans les années 80/90 meurent.

En revanche, le taux d'incidence * du VIH dans la population homosexuel, cad les nouveaux cas, n'est pas bcp supérieur à celui de la population hétéro et selon les catégories d'âge il est même parfois égal voir inférieur.

Comme le rappel Act Up, les homosexuels connaissent généralement leur statu sérologique car ils ont l'habitude de pratiquer des tests réguliers... ce n'est pas le cas des hétéros. Cela est facilement observable en constatant que les hétéro séropo sont dépistés plus tard, voir bcp plus tard.
Ainsi, un hétéro porteur ignorera plus lgtps son statut sérologique et risque donc de contaminer plus de personne.

Les chiffres avancés par l'EFS, le ministère... sont donc au mieux désuets au pire mensongers et utilisés pour manipuler l'opinion publique (et à mon avis la ministre pas très au fait de la chose).

Afin de mettre les choses définitivement à plat pour ce qui est des chiffre, l'état doit mettre en place une véritable étude épidémiologique national sur le VIH/SIDA.

On trouve des milliards pour des vaccins contre une simple grippe, mais on est pas capable de débloquer qq millions pour une maladie incurable.


*Prévalence : Taux d'infection d'une population déterminée par rapport à l'ensemble de la population pour une "maladie" donnée, à un instant donné.

* Incidence : le nombre de nouveaux cas d'une pathologie observés pendant une période et pour une population déterminée.

 
yehoz

De yehoz

Le 20 août à 21h41

Moi je comprend pas tout la :) J'essaie de réagir de façon simple, je ne rentrerais pas dans une pensé qui dirait que c'est discriminatoire envers les homos...je pense que les politiques ont bien d'autre moyens d'être discriminant envers les homos, ils ont autre choses a foutre donc mon raisonnement est le suivant : Si l'ont me donne de sources fiables, des chiffres et des statistiques qui démontre bien que le "principe de précaution" est nécessaire concernant les pratiques homosexuels et bien je veux bien accepté sans bronché que je ne puisse donner mon sang même si moi même je suis négatif, et que je me protège :s Voila, cela s'arrête la, on sait bien que malheureusement chez les homos les infections au VIH sont encore très très fortes, surtout chez les moins de 25 ans. Donc je vois pas quoi dire de plus? Parce que même si en soit c'est injuste de privé " tous les homos " a la fois... je pense a ceux qui se protège etc... Comment pourrait on faire autrement ? C'est une question sans fin... Alors bien sur, chez les hétérosexuels c'est la même chose, le risque est le même concernant les infections au VIH et au don du sang... mais a taux beaucoup plus bas. Voila tout.

 
vpi79

De vpi79

Le 20 août à 21h47

Oui mais justement, on ne manque pas de donneur de sang en France, donc tant qu'à faire on choisit. Le problème c'est que sans donc de sang, on exclut aussi toutes les autres formes de dons (dont le don de moëlle osseuse, où le manque est sévère, et provoque près de 300 morts chaque année, et conduit à ne pas soigner plus des DEUX TIERS de ceux qui pourraient en bénéficier chaque année pour enfin sortir de traitements très lourds et handicapants). D'autre part, il me parait indispensable de continuer à faire des prélèvements même chez les homosexuels, et même si on doit marquer les prélèvements de la possibilité d'un risque de prévalence supérieure (contre lequel on doit aussi pouvoir lutter efficacement). D'abord c'est encore un moyen pour inciter les gays à se faire dépister et suivre, et à entretenir leur santé en développant les protections. Enfin c'est aussi le moyen d'avoir des chiffres de prévalence bien plus fiables, concernant les personnes en bonne santé (car on ne détecte finalement les prévalences que chez celles qui se présentent à l'hôpital déjà en mauvaise santé, au moment où il est déjà trop tard bien souvent pour éviter l'évolution de l'exposition en maladie). En excluant les homosexuels (masculins en particulier) d'un parcours de santé hautement souhaitable, on ne risque pas de faire baisser les chiffres de prévalence (et on continuera à avoir des chiffres élevés de personnes qui ne connaissent pas leur statut sérologique, alors que chez les femmes elles bénéficient d'un parcours de contrôle régulier et gratuit). La mesure est plus nuisible qu'utile. Il n'y a en fait rien d'organisé correctement visant la population masculine jeune, que rien ne pousse à se faire dépister : en plus de 20 ans, je n'ai jamais eu qu'un seul examen de santé gratuit il y a seulement un an, et encore c'est à l'occasion d'un changement de région, où la sécu m'a remis un formulaire d'inscription (quant à la disponibilité des centres de dépistage, ils sont débordés ou disponibles à des endroits et des horaires pas faciles à conjuguer avec une démarche volontaire). Je ne comprends pas que chaque année au moins, lors des inscriptions en fac ou en lycée, ou à l'occasion d'une visite pour la médecine du travail, on ne remette pas ce formulaire d'inscription et la fiche d'information sur les centres de dépistage. En revanche tout le monde sait ou voit régulièrement les collectes de sang. Alors c'est vrai que la mission de l'EFS n'est pas d'organiser ces dépistages, mais c'est seulement une question de moyens qui lui sont donnés. il n'y a aucune raison pour qu'un centre de prélèvement de l'EFS ne puisse pas effectuer la même procédure suivie dans les centres de dépistage, ni aucune raison pour laquelle ces derniers ne puissent pas non plus proposer de l'information sur le don de sang et d'organes (voire même aussi faire des prélèvements de certains dons sanguins destinés à l'EFS, qui ensuite pourra donner des cartes de donneurs et proposer d'autres formes de dons comme les plaquettes, le plasma, ou l'inscription sur une liste de volontaires pour le don de moëlle). On nous parle de durée d'invisibilité des contaminations récentes, mais à ce qu'on sait c'est exactement la même pour les homosexuels ou hétéros : si cette raison est donnée, le principe de précaution imposerait aussi qu'on ne puisse pas utiliser du tout le sang des primo-donneurs, et attendre plusieurs prélèvements sur la même période (après les démarches nécessaires d'informations vers les donneurs). Le sang d'un homo récemment contaminé et temporairement non détectable offre les mêmes risques que celui d'un hétéro. Est-ce à dire alors que les homos se contaminent bien plus vite et ont donc plus de rapports sexuels non protégés que les hétéros ? De sorte que même entre deux périodes de prélèvement, ils resteraient toujours indétectables ? Je n'y crois pas du tout (et en tout cas surtout pas chez les plus jeunes qui ont, il faut bien le dire, une activité sexuelle bien plus importante, de même que naturellement des partenaires plus nombreux, puisqu'ils ne sont pas encore stabilisés). Mais quand on mesure des prévalences uniquement chez des personnes malades, alors qu'on inscrit les hétéros dans un parcours de santé plus facilement (notamment les femmes via leur gynécologue, y compris pour leur contraception, et les couples en cours de formation, où on exclue encore les homos des mêmes démarches), forcément les résultats sont faux et largement biaisés en défaveur des gays, qu'on continue à laisser dans leur ghetto et sans réelle information efficace (d'autant que dans le même temps, on se refuse encore à faire de vraies campagnes de prévention explicitement envers eux, tout en admettant qu'ils seraient pourtant plus exposés que les autres !). En continuant comme ça avec ces discours, le gouvernement continue aussi à promouvoir l'idée que finalement le sida n'est que chez les gays et que s'ils arrivent à contaminer les hétéros, c'est via les bisexuels (qui sont très minoritaires de façon régulière, mais finalement très présents de façon occasionnelle via les personnes mariées qui ont des aventures homo hors couple). Bref les hétéros continuent donc à ne pas se protéger, pensant que de toute façon ils ne peuvent pas être atteints et être eux-mêmes des vecteurs de propagation (mais qu'on ne revoit plus dans les dépistages, ou bien qui vont prétendre que leur contamination vient de relations homosexuelles occasionnelles, pour justement ne pas faire dépister leur partenaire hétéro habituel à qui il ne veut surtout pas révéler ce genre de relations). Dans l'esprit de tas de gens, on a encore l'équation : sida = gay (puisque le gouvernement le dit). Plutôt que de raisonner en terme de homosexuel/hétérosexuel, si on doit parler de gestion des risques, ce n'est pas le bon critère: on devrait d'abord parler du nombre de partenaires (peut importe le sexe) et des pratiques non protégées, et tenir des statistiques sur ce seul critère (ce qui permettrait de réintégrer des populations plus agées, dont le risque d'exposition effectif a bien diminué, ainsi que des personnes très jeunes qui ont encore peu de relations et d'expériences) : L'âge serait alors un facteur utile (il est déjà admis que la tranche 25-35 ans, là où les personnes justement vont le plus s'exposer à différents partenaires et où ils ont plus de facilités pour le faire, est nettement plus exposée, pourtant on ne les exclut pas pour autant !) L'injustice c'est aussi que cette exclusion est définitive (et ne tient pas du tout compte des évolutions de facteurs de risques) : par exemple on exclut du don les personnes en prison, mais on ne leur demande plus rien quand elles en sont sorties... comme si subitement elles sortaient toutes guéries. C'est absurde.

 
hector dumas

De NémoGizmo

Le 20 août à 22h50

assez d'accord avec toi, mais je précise qq trucs si tu veux bien:

- SI on manque parfois de sang, donc de donneurs, en France: il y a régulièrement des "coups de chaud" & alertes publiques sur la faiblesse des stocks (certains produits sanguins ont une durée de vie de qq jours seulement).
- le nombre de personnes en attente de greffes est de 13.000, et + de 200 personnes en meurent chaque année, faute de don! Au passage je rappelle quand même que les lesbiennes ne sont pas interdites de don, je les invite donc à le faire si elle le peuvent/veulent.
- Act Up a raison: dans la logique de la ministre, les gays séropos devraient mourir pour le taux gays/hétéros s'équilibre, c'est idiot et/ou scandaleux!
- que le nombre de gays séropos soit de 10 ou 20%, ce n'est pas la vraie question ici: d'abord les gays se sachant séropos ne vont pas aller s'amuser à se faire pomper 0,5 litre pour que cela finisse à la poubelle ou au feu... Ensuite, a totalité des poches de sang collectés dans les centres de dons et autres camions sont EVIDEMMENT testées! C'est donc juste dans la MINCE frange des gens contaminés (gays ou pas!) depuis moins de 2 mois que le risque serait plus grand!
- dans le cadre d'un sida "invisibilisé" grace aux progrès & molécules accessibles dans les pays riches (multi-thérapies, moins de décès...), on renforce en en effet, avec cette mesure, les clichés gays=irresponsables, gays=danger pour les autres, égalité=danger?! et surtout gays=sida, sans vraie nuance! attention donc!
- elle date de quand, au juste, cette "décision" de la HALDE trouvant cette interdiction sanitaire très justifiée??? qqn peut-il nous la trouver svp???
- ENFIN, quid de ce qui se passe dans pas mal d'AUTRES PAYS comparables au nôtre qui ont DEJA remis la collecte de sang ouverte aux homos?! Sont-ils irresponsables, criminels, pour ce gouvernement et cette ministre qui décidément vieillit bien mal?...

voilà, that's all falks!






 
vpi79

De vpi79

Le 20 août à 21h54

Dans le même ordre d'idée, des hétéros peuvent avoir des pratiques à risque, et on leur demande de ne pas faire de don et de s'abstenir durant la période d'invisibilité sérologique et à se faire dépister. Elles font ensuite ce dépistage, et si c'est négatif, on leur fait confiance et on prélève leur sang. La même confiance n'est pas accordée aux homosexuels qui se responsabilisent. Bref le discours affirme clairement que les homos sont tous des menteurs et ne favorise absolument pas la positivation de leur prise de responsabilité. Cette même équation : gays = menteurs, continue aussi à alimenter l'autre équation : sida = gays. Comment voulez-vous inciter des gens à se responsabiliser quand on les discrédite dès le départ, quoi qu'ils fassent ?

 
yehoz

De yehoz

Le 20 août à 21h58

Je comprend et mesure encore plus la difficulté du problème soulevé... il y aurais donc des solutions intermédiaires, qui serait sans doute plus juste, et qui permettrais plus de dons sanguins, sans pour autant exclure des catégories de personnes, mais sans doutes plus couteuses ... et compliqué a instauré. Il est clair qu'il y a du boulot, et aussi niveau prévention comme tu le dit aussi. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle. Merci

 
hector dumas

De Tazman

Le 21 août à 16h12

L'exclusion doit se faire en fonction des pratiques sexuelles et non en fonction de l'orientation sexuelle...

En dehors de ce changement dans le questionnaire préalable, le processus reste ensuite le même... je ne vois pas en quoi cela couterait plus cher ?

 
vpi79

De vpi79

Le 20 août à 22h09

Que notre ministre aille se documenter donc sur ce qui se passe au Portugal, où la prévalence du VIH n'augmente plus, et où les risques mesurés pour les transfusions et dons d'organes ne sont pas plus élevés qu'en France, et sont même facilités avec des risques moins importants (pas que pour le VIH, mais à grace à une meilleure adéquation des compatibilités entre donneurs et receveurs, accrue justement par le nombre de donneurs potentiels) et des listes d'attente moins longues et moins de morts par faute de donneur. Le scandale en France c'est qu'il y ait autant de morts chaque année faute de donneurs d'organes compatibles (puisqu'on exclut des tas de donneurs potentiels pourtant en bonne santé sur des critères administratifs ne prenant pas du tout en compte leur état de santé réel et mesuré de toute façon à chaque don). Tous ces malades qui vont mourrir en France vont donc devoir s'expatrier pour aller se faire soigner ailleurs s'ils en ont les moyens pour pouvoir patienter dans cet autre pays où ils n'ont pas de ressources particulières, ni de soutien (car ceux qui meurent sont justement parmi les plus démunis et les plus isolés, ne pouvant supporter les coûts financiers et moraux d'années d'attente, les transferts d'organes entre pays étant très mal organisés et souvent pas possibles pour des raisons de délais et de coût de collecte et d'acheminement).

 
vpi79

De vpi79

Le 20 août à 22h32

Pour alourdir encore le problème de manque de fiabilité, si on doit tenir compte uniquement des taux de prévalence mesurés dans les centres de dépistage, il faut bien voir que n'importe quelle catégorie de population n'a pas de raison spécifique de s'y rendre, sauf si on leur demande, ou s'ils ont des doûtes issus de problèmes de santé récents. Mais chez les hétéros, on les envoie directement et en masse dans ces centres : les femmes par leurs gynécoloque, et tous les gens qui vont se marier (pourquoi ne le demande-t-on pas aussi à ceux qui vont se pacser ?) Forcément, une fois qu'on a retiré la masse de gens majoritairement en bonne santé (à qui on a demandé de faire ces examens), il reste les gens potentiellement contaminés, et probablement déjà malades. Que peuvent faire les gays pour faire baisser ce taux de prévalence certainement faussé ? D'abord aller se présenter en masse dans ces centres, et très régulièrement (même s'ils n'ont pas de pratiques à risque et vivent en couple stable), ou chaque fois qu'ils vont se pacser (comme pour les couples allant se marier) pour faire mentir, espérons-le, ces fausses statistiques, et ne pas y cacher qu'ils ont des rapports homosexuels (même si c'est occasionnel et qu'ils ne se considèrent pas, ou pas encore, comme gays), même avant d'avoir connaissance des résultats (parce que sinon ils sont classés parmi les hétéros, sauf en cas de découverte de contamination, où ils vont plus facilement admettre l'évidence). Enfin il faudrait absolument que soit proposé systématiquement le dépistage dans tous les examens de santé, directement sur place et non en remplissant un formulaire de demande avec un rendez-vous à prendre à une date indéterminée, comme cela se fait actuellement. Bref équiper les centres d'examens en matériels de prélèvement anonyme par tubes numérotés anonymes, contre remise d'une enveloppe contenant le numéro de prélèvement à corréler (que ce soit ceux de la sécurité sociale, qui en sont dépourvus, ou ceux de la médecine du travail), permettant ensuite à la personne dépistée d'aller ensuite chercher les résultats dans les vrais centres de dépistage agréés dans un délai de 2 semaines environ à l'adresse indiquée sur le formulaire remis (pour les refaire confirmer en cas de positivité). Le même système devrait être accessible chez les médecins et infirmiers de ville (capables de faire eux aussi ces prélèvements simples) et dans les hopitaux (pour ceux qui sont admis aux urgences), cliniques (y compris esthétiques), centres d'examens en biologie, partout où on peut disposer de personnel médical habilité à effectuer ces prélèvements, même si ce sont les centres de dépistage qui ensuite ont à traiter les résultats. On gagnerait énormément de temps pour tout le monde, on ciblerait plus de gens, plus régulièrement, on préserverait l'anonymat des dépistages (puisque les résultats ne sont pas transmis à tous les lieux de collecte qui ne sont pas habilités à traiter les questions relatives à la découverte de séropositivité, et ne disposent en particulier pas forcément de gens formés à recevoir les personnes et leur expliquer ce qui va se passer ensuite pour elles), et on éviterait finalement de découvrir les séropositivités tardivement, au moment où les personnes présentent déjà des symptômes avancés.

 
phil86

De phil86

Le 20 août à 22h33

les chiffres de la prévalence chez les homosexuels sont complètement biaisés car basés sur des études portant sur la partie visible de l'iceberg (> les gays fréquentant le milieu ; or cela n'est absolument pas représentatif de l'ensemble de la population homo et bisexuelle) ; bref, je pense que les chiffres de la prévalence ne sont à considérer que pour la population gay fréquentant le milieu mais pas pour l'ensemble de la population homo, or c'est bien cette dernière qu'il faut prendre en compte pour le don du sang… en conclusion l'interdiction du don du sang faite aux homos ne repose sur rien de fondé car on ne pourra jamais avoir le vrai chiffre de la prévalence chez l'ensemble des homos/bis masculins (surtout que cette interdiction vaut pour un seul rapport homo ce qui élargit encore plus le panel concerné et là allez essayer de trouver des chiffres fiables ! ! ) ; il faut donc que l'EFS revoie sa copie et se base uniquement sur les comportements à risques (mais il va falloir parler, entre autres mais surtout, de sodomie aux personnes venant donner leur sang, et je sens que ça va coincer chez les médecins ! ! les tabous sont tenaces ! ! ) il est complètement discriminatoire de refuser à un homo qui n'a pas de comportements à risques qu'il donne son sang l'Espagne le Portugal et l'Italie autorisent le don du sang par les homos car ils ne se basent pas sur la notion de « catégories à risques », complètement infondée, mais de « pratiques à risques » ; en effet dans une même catégorie, homo ou hétéro, il y a des personnes qui ont des comportements à risques et d'autres pas… cette approche me semble beaucoup plus fiable et juste… le don du sang ne se limite pas à l'aspect purement médical, loin s'en faut, car donner son sang c'est être citoyen de son pays, tout simplement ; refuser aux homos le don de leur sang, c'est leur refuser leur citoyenneté et faire d'eux des citoyens de seconde zone, bref, pas des vrais citoyens…

 
hector dumas

De vpi79

Le 20 août à 23h09

Ce n'est pas à l'EFS de revoir sa copie. Il ne fait ici que suivre les directives ministérielles qui s'imposent à lui.

La décision vient du monde politique uniquement, qui de toute façon ne veut pas financer les études sérieuses, ni prendre les décisions permettant d'obtenir des chiffres bien plus fiables sur une population non largement biaisée, ni faire en sorte que davantage de monde puisse facilement se faire dépister (il n'y a pas encore assez de moyens dans les centres de dépistage, qui ne sauraient pas gérer un afflux de personnes venant se faire dépister régulièrement, ne serait-ce que pour se faire confirmer que tout va bien pour elles, car il est nécessaire de pouvoir les accueillir avec du personnel formé à les recevoir, et pas assez de personnel pour cela).

Certains centres sont largement débordés déjà et les délais de rendez-vous sont ahurissants, ou bien ces centres justement invitent les centres d'examen de santé à sélectionner les personnes qu'ils envoient : lors de mon dernier examen de santé (le seul en 20 ans que m'a proposé la sécu gratuitement), il m'a fallu insister pour avoir un rendez-vous de dépistage ; pour eux ce n'était pas nécessaire si je me croyais en bonne santé et ne présentait pas de symptôme particulier immédiatement visible !

Dans le centre de dépistage où j'e m'étais présenté avant, il n'y avait pas moyen de prendre rendez-vous avant 3 semaines (on m'invitait à réessayer une autre semaine pour voir si des places se libéraient), et encore sans pouvoir fixer une heure, la tranche horaire retenue prenant en fait plus d'une demi-journée, largement variable selon la file d'attente des personnes qui ont un rendez-vous et qui peuvent être arrivée toutes en même temps et vont passer des heures à attendre leur tour (avec leur tiquet numéroté).

La matin passant, le centre fermait au déjeuner, et il a fallu revenir l'après-midi, mais la file d'attente avait changé et il y avait encore plus de monde... Il faut croire que des tas de gens étaient partis durant la matinée pour revenir l'après-midi. Dans ces conditions, on pourrait se dire qu'il suffit d'aller dans un autre centre, mais ils ne sont pas si nombreux que ça en province, ce qui explique que des gens pas près à faire le voyage plusieurs fois vont y patienter durant des heures.

Le problème ce n'est pas le prélèvement lui-même, qui est assez rapide et ne nécessite pas de médecin en fait, juste un(e) infirmier(e), mais la remise des résultats: ces centres on du mal à avoir des médecins, qui en plus ne sont pas là tous les jours pour y faire des permanences. Moralité, la remise des résultats est bâclée : à l'arrivée, on compare votre numéro à une liste et on vous dit si vous devez attendre ou pas, à condition que le numéro que vous avez figure sur la liste prévue ce jour-là.

Pour pleins de raisons (essentiellement liées à la gestion du fichier ou à sa mise à jour, ou parce que les résultats ne sont toujours pas revenus du labo le jour prévu, car votre prélèvement n'est pas parti le jour prévu ou sera analysé dans un autre lot, ou parce que le labo n'a pas encore reçu les paiements et ne veut pas prendre de lots supplémentaires, ou bien parce qu'un autre labo doit être recherché, et un protocole trouvé, le labo habituel étant débordé ou ayant changé ses tarifs, ou encore parce que l'analyse de l'échantillon doit être recommencée suite à un problème de fiabilité ou de contamination détecté sur les instruments et produits de mesure, ou encore car le numéro de votre prélèvement ne peut plus être retrouvé, parmis les lots envoyés aux différents labos : erreur informatique), vous pouvez devoir attendre le jour de la remise prévu, même si vos résultats seront négatifs, ou avoir à y revenir une autre fois, ou à refaire le prélèvement.

 
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