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Don du sang: 76% des Français trouvent l'interdiction «injustifiée»

Par Antoine Mokrane-Fernandez mercredi 10 juin 2009, à 20h54 | 3881 vues
Plus de: don du sang, SOS homophobie

D'après un sondage BVA, l'opinion des Français va à l'encontre des prises de positions du ministère de la Santé: seuls 17% trouvent l'interdiction des dons de sang par les gays «justifiée».

Les résultats du sondage de l'institut BVA sont sans appel. A la question «Les personnes homosexuelles ne sont pas autorisées à donner leur sang. Trouvez-vous cela justifié ou pas justifié?», 76% répondent «pas justifié» et seulement 17% «justifié».

Des positions qui vont à l'encontre des décisions du ministère de la Santé et de l'avis de l'Etablissement français du sang (EFS), qui estime que la prévalence du VIH dans la population gay constitue encore trop de risque pour la sécurité des dons (lire notre article).

«Les gays ne se sont jamais bougés pour faire avancer les choses»

Ce sondage, réalisé par les 5 et 6 juin par téléphone auprès d'un échantillon de 1.009 personnes, arrive dans des conditions exceptionnelles: c'est un particulier, et non un grand média, qui l'a fait réaliser par l'institut BVA.

Le commanditaire du sondage n'est autre que Alexandre Marcel (lire son portrait), décorateur de 28 ans qui avait porté plainte pour discrimination après s'être vu refuser un don de sang au motif qu'il est homosexuel, et qui par un concours de circonstances s'est vu offrir l'opportunité d'un tel sondage. Joint par TÊTU, il s'est dit très content que le résultat du sondage bouscule les idées reçues - notamment dans les associations et la communauté homosexuelle, dont il estime, SOS homophobie exceptée, qu'elle «ne s'est jamais bougée pour faire avancer les choses».

L'interdiction devrait durer
Reste à savoir si une enquête d'opinion suffira à infléchir la position du ministère. A l'instar de Xavier Bertrand, son prédécesseur, Roselyne Bachelot a dû reculer sur ses promesses d'autoriser les gays à donner leur sang. Au dernières nouvelles, elle attendait que la prévalence du VIH «se rapproche pour la population homosexuelle masculine de celle de la population hétérosexuelle».

Une position qui a «révolté» SOS homophobie, puisque les chiffres montrent qu'un rapprochement n'arrivera pas de sitôt: entre 10 et 18% des gays seraient contaminés au VIH, contre 0,2% pour les hétérosexuels. Pour l'association, «cette condition est absurde: autant dire clairement que les homosexuels ne pourront jamais donner leur sang. Cela serait plus honnête» (lire notre article).

Graphique: BVA.

Sur le web

  • Le sondage sur le site de BVA
  • Partager

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114 réactions de la communauté

 
NémoGizmo

De NémoGizmo

Le 11 juin à 00h48

il faudrait que la France bouge, comme d'autres pays l'ont fait... et qu'elle parle sans cynisme.

 
hector dumas

De Niko92

Le 12 juin à 23h17

Il y a 25 ans, je donnais mon sang avec plaisir car je trouvais cela tout à fait normal de le faire et un jour de 1984, je suis tombé sur la fameuse phrase qui demandait si on était homosexuel ou si on avait eu (je crois) des relations homosexuelles, ce qui excluait à ce moment là les personnes du don. J'ai décidé qu'ils aillent se faire foutre avec leur sang et depuis je n'ai plus jamais donné de sang. Je compte bientôt le redonner car depuis je suis devenu hétérosexuel ! NON je plaisante mais je crois qu'il vaut mieux mentir si ça peut sauver des gens. On arrêtera pas la bétise de certains avec des interdictions idiotes alors d'ici la gay-pride de l'année 2010, il faudrait qu'un maximum de gays soient hétéro 1 jour pour donner son sang et l'année prochaine à la gay-pride, il faudrait dire annoncer "on a tous donner notre sang en 2009" et on en est fier. Je veux bien aller défiler pour défendre cette cause car le sang d'un homo vaut bien le sang d'un hétéro.

 
hector dumas

De Niko92

Le 12 juin à 23h19

Il y a 25 ans, je donnais mon sang avec plaisir car je trouvais cela tout à fait normal de le faire et un jour de 1984, je suis tombé sur la fameuse phrase qui demandait si on était homosexuel ou si on avait eu (je crois) des relations homosexuelles, ce qui excluait à ce moment là les personnes du don. J'ai décidé qu'ils aillent se faire foutre avec leur sang et depuis je n'ai plus jamais donné de sang. Je compte bientôt le redonner car depuis je suis devenu hétérosexuel ! NON je plaisante mais je crois qu'il vaut mieux mentir si ça peut sauver des gens. On arrêtera pas la bétise de certains avec des interdictions idiotes alors d'ici la gay-pride de l'année 2010, il faudrait qu'un maximum de gays soient hétéro 1 jour pour donner son sang et l'année prochaine à la gay-pride, il faudrait dire annoncer "on a tous donner notre sang en 2009" et on en est fier. Je veux bien aller défiler pour défendre cette cause car le sang d'un homo vaut bien le sang d'un hétéro.

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 01h52

Quels pays ? L'avis des scientifiques de tous les pays "développés" est unanime : c'est non. En Europe, le Danemark a fait marche arrière après avoir eu une contamination VIH sur un don fait par un homo... il ne reste que l'Espagne, mais c'est une décision politique, contre l'avis des médecins espagnols, et en tant que médecin moi-même, spécialiste de transfusion sanguine, je n'ai aucun doute sur le devenir des poches ainsi prélevées.

Cela étant, ce qui est marrant, c'est que tous les homos que je connais (et même à l'EFS, il y en a ! ;-) ont très bien admis ce principe de précaution, et ne parlent pas d'homophobie pour autant... pas plus qu'on ne parle de racisme quand on refuse tous les noirs de retour de leur pays d'origine pendant 4 mois, ni d'anglophobie quand on sait que tout sujet britannique est interdit de don en France... les anciens transfusés, même il y a 30 ou 40 ans, eux aussi, sont interdits, et tous les sujets de moins de 50 kg, et tous les toxicomanes, et anciens toxicomanes, mêmes désintoxiqués depuis 20 ou 30 ans... Aucun des homos que je connais ne veut donner son sang, ils savent qu'il ne doivent pas, que c'est un avis scientifique quasi unanime (même venant de scientifiques et médecins gays) et ne voient pas la quelque homophobie que ce soit.

Il faut retenir que :
- le VIH n'est que la partie émergée de l'iceberg, d'autres virus ou agents non conventionnels aussi sont en cause dans le principe de précaution
- le don du sang n'est *pas* un droit, et c'est une erreur de l'utiliser dans le combat o combien légitime des gays contre les discrimination
- tout ceci ne conserve que les homosexuels masculins, les féminines peuvent parfaitement donner leur sang.
- la notion de "groupe à risque" peut choquer, mais c'est une notion purement statistique, et il n'y a hélas que ça qui compte en terme de raisonnements de santé publique, parce qu'on ne peut pas (hélas peut-être) analyser chaque cas particulier.
- certains préféreraient parler de "conduite à risque", mais alors la sodomie *est* une conduite à risque... (encore une fois pour une simple raison de perméabilité des muqueuses aux virus... tous les virus, connus OU inconnus, PAS SEULEMENT le VIH)
- les hétéros ayant des *conduites à risque* sont eux aussi strictement interdit de don de sang.

Et si moi qui ait tant milité dans ma vie pour la lutte contre les discriminations, en refusant de tout temps de céder à "la pensée unique", je me fais traiter ici d'homophobe, juste parce que j'énonce des vérités élémentaires, en dehors de toute langue de bois, ben simplement, j'aurai écrit ce post en vain... et j'aurai échoué... mais bon, je m'en remettrai...

 
hector dumas

De Jérôme M

Le 18 juin à 11h12

Marrant ce choix de pseudo d'un Pape défroqué symbole de la chasse aux sorcières pour quelqu'un qui a milité toute sa vie pour la lutte contre les discriminations =)

Je comprends l'argumentation :
- Sauf que les homosexuels masculins sont interdits à vie et non 4 mois comme toutes les autres catégories à risques. Chaque homme ayant eu une relation sexuelle avec un autre homme est exclu à vie !
- Sauf que les hétéros ayant des conduites à risques ne sont strictement interdits que 4 mois alors qu'un homosexuel n'ayant aucune conduite à risque depuis de nombreuses années et dépisté régulièrement comme séronégatif sera toujours interdit
- Sauf que la sodomie est une pratique également hétérosexuelle et que tous les homosexuels masculins n'y ont pas recours
- Sauf qu'un couple homosexuel monogame stable ayant des rapports non protégés est perçu à risque alors qu'un couple hétérosexuel monogame stable ayant des rapports non protégés n'est pas perçu comme tel

Un argumentaire en faveur du maintien de l'interdiction au don du sang par les homosexuels masculins aurait été peut être plus judicieux s'il avait inclus la notion de "fenêtre sérologique" = période où le virus n'est pas détectable .... mais même là l'exclusion à vie ne se justifierait pas

 
Julyan

De Julyan

Le 11 juin à 01h20

Moi je trouve ça révoltant, mais en y réfléchissant bien, je trouve ça normal, car pour avoir le sida en France, de nos jours, il faut être assez con ou vraiment ne pas être fautif du tout (viols,...). Cela coûterait beaucoup trop cher de devoir analyser un par un les échantillons de sang, et surtout une perte de temps ô combien importante dans les échanges de poches de sangs. Si seulement les homos pouvaient réfléchir avec leur cerveau plutôt qu'avec leur queue, il y aurait moins d' "infectés" chez les gays.

 
hector dumas

De DaMs

Le 11 juin à 16h19

je pense pas que se faire infecter signifie qu'on est con...on est pas non plus innocent... On fait des erreurs c tout, et je te souhaite de ne jamais faire d'erreur... dans ton language je te souhaite de jamais être con.

 
hector dumas

De phil86

Le 11 juin à 17h37

c'est ton commentaire qui est con : l'humain étant faible et faillible eh bien tout le monde est susceptible de manquer de vigilance un jour ou l'autre, TOI y compris... t qu'un jeunot un peu immature et la vie t'apprendra beaucoup de choses

 
hector dumas

De phil86

Le 11 juin à 18h47

j'ai été un peu dur avec toi mais ton commentaire m'a énervé... quand on est homo, qu'on a eu de la peine dans son adolescence à s'assumer, qu'on s'est parfois refoulé et qu'on n'a pas vécu sa sexualité, il y a un jour où la soupape ne tient plus et on a alors besoin de sexe, et c'est à ce moment là, quand on investit sa sexualité, que l'on oublie d'investir aussi sa santé... c'est comme ça que je suis devenu séropo, alors ton commentaire m'a passablement gonflé... plus il y aura d'homophobie, plus il sera difficile d'être ouvertement homo dès l'adolescence plus on court le risque du refoulement, du mal-être, et un jour de la prise de risques inconsidérés...

 
hector dumas

De phil86

Le 11 juin à 18h48

zut ! je voulais ajouter le lien vers mon blog pour ceux et celles que ça intéresserait, et j'ai oublié :

http://seropoannees2000.hautetfort.com/

voila bienvenue à tous et à toutes !

 
hector dumas

De vpi79

Le 09 juillet à 16h13

Julyan, tu écris "Cela coûterait beaucoup trop cher de devoir analyser un par un les échantillons de sang".

C'est faux ! TOUS les dons sont OBLIGATOIREMENT analysés pour y détecter le VIH, les hépatites et la syphilis et d'autres (peut-être d'autres agents chez les femmes qui sont sensibles à certains agents comme les papillovirus provoquant des cancers de l'utérus, les femmes faisant l'objet de dépistages spécifiques par frottis dès l'âge de 15 ans)

Bref ce n'est pas une question de coût mais du nombre d'agents à rechercher. Hors ici on parle de l'exclusion des gays à vie contre un risque qui fait l'objet d'une détection systématique chez tout le monde, alors que l'exclusion à vie est ridicule car elle s'étend bien au delà de la fenêtre sérologique.

Si on doit tenir compte de tous les vrius ou bactéries connues pouvant donner des maladies chez certains, on se trouverait que presque tout le monde est porteur de quelquechose, qu'on ait des pratiques à risque ou non. Il y a des tonnes d'agents possibles, on est immunisés contre un certain nombre d'entre eux, mais on a tous aussi une immunité partielle et on est tous exposé à un moment ou un autre à un nouvel agent encore jamais rencontré qui peut donner des complications plus ou moins sérieuses.

Le risque zéro ne peut pas exister à cause de cela, c'est statistique. Le problème est de savoir si on sait traiter les complications quand elles doivent survenir (et elles sont inévitables). Et il est malhonnète de pointer les gays du doigts quand il leur arrive parfois de laisser le préservatif de côté, alors qu'à côté d'eux l'immense majorité de la population ne prend pas de précautions spéciales et peut se retrouver exposée, aprfois à leur insu, par leur partenaire ou par accident.

Il faut quand même rappeler qu'en matière de transfusion, on la fait quand le risque (calculé et mesuré statistiquement) est inférieur au bénéfice attendu (notamment car la transfusion permet de traiter un risque vital démontré): il vaut mieux transfuser une personne pour traiter son risque vital immédiat, que ne pas la transfuser à cause d'un risque potentiel faible pour lequel on a aussi des traitements et qui n'implique pas une mortalité immédiate (même concernant le VIH, un transfusé acceptera ce risque si cela lui assure des années de survie, même avec un traitement, contre une mort assurée dans les heures ou jours qui viennent faute de transfusion).

Il faut savoir de quel risque on parle. En terme de santé publique je suis d'accord que le critère doit être statistique. Mais mettre une exclusion légale au mépris de la simple règle statistique de comparaison des risques me parait être une mauvaise décision. Cette décision doit revenir aux médecins (qui évaluent ces risques) et au malade (qui peut avoir à accepter ce risque potentiel, si cela lui sa

 
hector dumas

De vpi79

Le 09 juillet à 16h13

Julyan, tu écris "Cela coûterait beaucoup trop cher de devoir analyser un par un les échantillons de sang".

C'est faux ! TOUS les dons sont OBLIGATOIREMENT analysés pour y détecter le VIH, les hépatites et la syphilis et d'autres (peut-être d'autres agents chez les femmes qui sont sensibles à certains agents comme les papillovirus provoquant des cancers de l'utérus, les femmes faisant l'objet de dépistages spécifiques par frottis dès l'âge de 15 ans)

Bref ce n'est pas une question de coût mais du nombre d'agents à rechercher. Hors ici on parle de l'exclusion des gays à vie contre un risque qui fait l'objet d'une détection systématique chez tout le monde, alors que l'exclusion à vie est ridicule car elle s'étend bien au delà de la fenêtre sérologique.

Si on doit tenir compte de tous les vrius ou bactéries connues pouvant donner des maladies chez certains, on se trouverait que presque tout le monde est porteur de quelquechose, qu'on ait des pratiques à risque ou non. Il y a des tonnes d'agents possibles, on est immunisés contre un certain nombre d'entre eux, mais on a tous aussi une immunité partielle et on est tous exposé à un moment ou un autre à un nouvel agent encore jamais rencontré qui peut donner des complications plus ou moins sérieuses.

Le risque zéro ne peut pas exister à cause de cela, c'est statistique. Le problème est de savoir si on sait traiter les complications quand elles doivent survenir (et elles sont inévitables). Et il est malhonnète de pointer les gays du doigts quand il leur arrive parfois de laisser le préservatif de côté, alors qu'à côté d'eux l'immense majorité de la population ne prend pas de précautions spéciales et peut se retrouver exposée, aprfois à leur insu, par leur partenaire ou par accident.

Il faut quand même rappeler qu'en matière de transfusion, on la fait quand le risque (calculé et mesuré statistiquement) est inférieur au bénéfice attendu (notamment car la transfusion permet de traiter un risque vital démontré): il vaut mieux transfuser une personne pour traiter son risque vital immédiat, que ne pas la transfuser à cause d'un risque potentiel faible pour lequel on a aussi des traitements et qui n'implique pas une mortalité immédiate (même concernant le VIH, un transfusé acceptera ce risque si cela lui assure des années de survie, même avec un traitement, contre une mort assurée dans les heures ou jours qui viennent faute de transfusion).

Il faut savoir de quel risque on parle. En terme de santé publique je suis d'accord que le critère doit être statistique. Mais mettre une exclusion légale au mépris de la simple règle statistique de comparaison des risques me parait être une mauvaise décision. Cette décision doit revenir aux médecins (qui évaluent ces risques) et au malade (qui peut avoir à accepter ce risque potentiel, si cela lui sa

 
hector dumas

De vpi79

Le 09 juillet à 16h18

et au malade (qui peut avoir à accepter ce risque potentiel, si cela lui sauve la vie, et préférera vivre même avec des traitements à vie, comme cela se fait de toute façon dans le cas des dons d'organes avec les traitements anti-rejet). Le VIH n'est pas une calamité, même si c'est vrai qu'on vit mieux sans lui et sans traitement. Si on doit éliminer tout risque vital, on ne sort plus de chez soi, on passe le reste de sa vie dans son lit, on ne doit plus rien manger, plus serrer la main de personne... on ne vit plus non plus.

[Désolé pour la coupure de phrase involontaire]

 
hector dumas

De vpi79

Le 09 juillet à 16h28

Note: concernant la syphilis, le don est aussi exclu à vie, alors même que le traitement antibiotique a été fait avec succès, et que cette bactérie est très facilement détectable (avec une fenètre sérologique très petite). Les traitements sont efficaces, le risque vital n'est pas engagé (sauf en cas d'évolution très avancée et sans traitement pendant des mois ou des années). Si on la recherche c'est parce que cette infection ne provoque pas toujours des symptômes visibles. Mais une fois passé le traitement et une période de 6 mois avec une nouvelle analyse, on sait précisément si on est guéri (et il n'y a presque plus aucune chance que cela revienne, car les rares bactéries qui auront survécu, ou leur 'squelette' auront permis aussi durant le traitement de développer des anticorps spécifiques. La protection est acquise durablement (comme avec un vaccin), ce qui ne permet plus ensuite une contamination détectable. On se demande alors pourquoi on exclut les personnes qui y ont été exposées alors que justement elles se retrouvent vaccinées et quasi-immunisée à la fin du traitement, sans même la possibilité d'une fenêtre sérologique de non détectabilité car toute exposition ultérieure provoquera une réponse immédiate du corps, immédiatement détectable comme s'il s'agissait d'une piqure de moustique.

On se demande alors pourquoi on n'exclue pas non plus les bouchers ou poisonniers du don (alors qu'ils s'exposent tous les jours à du sang animal, se coupent régulièrement, et manipulent cera)

 
hector dumas

De phil86

Le 09 juillet à 16h30

Posté en réponse à un médecin gay justfiant cette interdiction :

http://blog.queerasfist.com/post/2009/06/29/Des-devoirs-et-des-droits-une-question-de-vie-ou-de-mort?pub=1#pr
__________________________

Je crois que le don du sang présente plusieurs facettes : tout d’abord, la facette purement médicale, évidemment, mais également, une facette plus sociétale, dans le sens où le don du sang concoure à l’intégration citoyenne, pouvoir donner son sang, c’est non seulement aider sur le plan médical mais aussi se montrer, en tant qu’individu, solidaire de la société (et tous les appels au don font jouer cette corde-là) et il me semble légitime que les homos souhaitent exercer cette solidarité, car ils sont des citoyens à part entière, leur refuser le don, c’est les amputer d’une part de leur citoyenneté, c’est un problème éminemment politique, dont je comprends bien qu’il n’est pas au centre de vos préoccupations, puisque vous réagissez en tant que médecin, mais il n’empêche que cet aspect sociétal et citoyen du don du sang reste bien présent… Donc, le don du sang touche forcément aux discriminations que subissent les homos, vous ne pouvez absolument pas nier cela.

Je comprends bien vos arguments de médecin, et il est normal que vous fassiez passer la prudence avant toute chose, mais ils partent d'un postulat reposant sur la fiabilité du taux de prévalence chez les homos masculins; le problème c'est que, justement, le taux de la prévalence chez les homos n'est pas fiable car les études de prévalence ne portent pas sur l'ensemble de la population homosexuelle masculine, ni même sur un échantillon vraiment représentatif, mais seulement, parce qu'on ne peut toucher que la partie immergée de l'iceberg, sur une petite minorité d'entre elle, ceux qui fréquentent certains lieux gays bien spécifiques où justement les situations de prises de risques sont très fortes et donc le risque de trouver des personnes séropos logiquement très élevé (notons au passage qu’il est probable que beaucoup des homos fréquentant ces lieux n’aillent pas donner leur sang, conscients des risques qu’ils ont pris, ce qui fait que vous prenez en compte une population qui de toute façon ne vient pas vous voir et que vous excluez les homos qui eux viennent vous voir et que vous pourriez accepter sans risque ! il serait plus logique de se concentrer sur les comportements des gens, plutôt que sur leur orientation ; exemple : « avez-vous déjà pratiqué la sodomie active ou passive non protégée ? » que cet acte soit homo ou hétéro ; mais seulement voila, horreur, il faudra parler de sodomie !), ce qui donc ne veut rien dire quant à l’ensemble de la population homo masculine (exemple avec Prévagay la dernière étude en date menée dans les saunas et backrooms parisiens !!) ; tous ceux qui ne les fréquentent pas n'apparaissent donc pas dans ces chiffres... (excusez mes parenthèses, j’essaie d’exposer ma pensée de la façon la plus complète possible)

(le nombre de séropos connus en France est de 150.000 environ, le nombre de séropos qui s'ignorent tourne dans les 40.000, or seulement 30% des séropos sont homos, prenez 30% de 200.000 et vous arrivez à 60.000 homosexuels masculins séropos, or, il est clair qu’il y a beaucoup plus d'homosexuels masculins dans la population française, combien on ne sait pas car c’est un chiffre quasiment impossible à connaître, qu’en est-il de la prévalence REELLE au sein de l’ensemble des hommes homosexuels ET bisexuels ? on n’en sait rien, personne n’en sait rien !)

Donc, l’EFS se base sur un chiffre qui ne veut strictement rien dire… Vous allez me dire que le principe de précaution doit prévaloir. Ben oui sans doute, sauf que excluez du don toute une catégorie sans avoir vraiment d’arguments fiables et solides pour le faire, et c’est là où la discrimination apparaît. Vous pouvez penser qu’elle est justifiée. Personnellement, j’ai des doutes. Mais je comprends votre position, qui est celle d’un médecin.

L'Espagne, le Portugal et l'Italie ont autorisé le don du sang par les homos car là-bas ils ne raisonnent pas en terme de « groupes à risque » mais de « comportements à risques »... d'ailleurs les hétéros ne sont pas moins à risque pour ce qui est de leurs comportements sexuels, pourtant leur orientation sexuelle ne les exclut pas du don... sans compter que parmi ceux qui se disent hétéros, il y a des homos non assumés et des bis… On ne peut pas mettre les gens dans des cases hermétiques alors que bien souvent, ils passent d’une case à une autre.

Toutes les personnes qui répondent au questionnaire, en particulier pour un don occasionnel, le font-elles de façon sincère ? On peut le penser mais est-ce certain ? Ne peut-on imaginer que certaines personnes, honteuses d’avoir eu des rapports avec des hommes, ne le disent pas lorsqu’ils répondent au questionnaire ? Et là, c’est bien le statut toujours stigmatisant et discriminant de l’homosexualité (surtout face à des médecins souvent très désagréables, voire homophobes) qui vient parasiter l’honnêteté des réponses. Je suis quasiment persuadé que vous prélevez sans le savoir le sang d’hommes qui ont eu des rapports homos, ce qui rend caduque et dérisoire l’interdiction qui est faite aux homos de prélever leur sang.

Bref, si l’on prend le peu de fiabilité du taux officiel de prévalence chez les homos masculins, plus les failles du questionnaire, on arrive à une très nette réduction de la justification de cette interdiction faite aux homos de donner leur sang.

Il y a une question du questionnaire rempli à l'occasion du don qui pose problème : "êtes-vous porteur du VIH, VHC, VHB, HTLV ?" on ne peut répondre que par "oui" ou "non" alors que la plupart du temps les gens ne connaissent pas leur statut sérologique !! Certains vont répondre non alors qu'en fait c'est oui mais ils l'ignorent... déjà il serait plus logique que l'on ne prenne le sang que des personnes présentant un test VIH négatif de moins de 3 mois... pourquoi pas après tout ? en complétant avec des questions plus ciblées sur les pratiques sexuelles, vous dites que vous ne pouvez pas décortiquer les pratiques des gens, eh bien je pense le contraire et que c’est là que le questionnaire présente une énorme faille… (les 4 questions portant sur les changements de partenaires et les IST sont tout à fait pertinentes, évidemment)

Bon, je ne prétends pas avoir définitivement raison et j’entends bien vos arguments mais j’essaie de démontrer pourquoi je pense qu’ils reposent en fait sur des bases très fragiles. Mais je peux me tromper, et vous aussi. Je vous fais état de ma réflexion sur le sujet. En tout cas, c’est intéressant.

Pour le questionnaire soumis aux potentiels donneurs, voir ce lien :

http://www.dondusang.net/content/medias/media435_WUucFbcNagBhUUW.pdf?finalFileName=Questionnaire_.pdf

complément :

j'ajouterai qu'on ne peut pas d'un côté se baser sur un taux de prévalence ne concernant qu'une petite partie de l'ensemble de la population homosexuelle ET poser une question portant sur le fait de savoir si la personne a eu seulement 1 rapport homosexuel (je crois pouvoir vous dire qu'il y a beaucoup plus d'hommes ayant eu un rapport homo que d'homosexuels ! en fait il doit y en avoir des millions...) parce que cette personne-là n'entre évidemment pas dans la catégorie "homosexuel" et la pointer du doigt comme tel est complètement idiot... il faudrait donc connaitre plutôt le taux de prévalence du VIH sur l'ensemble des hommes ayant eu au moins rapport homo, ce qui va pas être de la tarte à obtenir !

 
hector dumas

De vpi79

Le 09 juillet à 18h17

La question "est-vu porteur du VIH, VHB, VHC, ..." est carrément stupide. Pour le savoir la seule façon fiable est de faire la détection. D'une part lors du prélèvement puisque c'est fait obligatoirement, mais aussi par un recrutement préalable où on explique aux candidats qu'ils vont d'abord subir un test, et qu'on va leur communiquer un résultat, et où on leur explique comment maintenir leur séronégativité. Et on devrait pouvoir lors de cet entretien préalable (que se fera par exemple 2 mois avant le don effectif) parler de tout ce qui touche de la sexualité. Je ne vois pas en quoi cela doit exclure les homos alors qu'au contraire ce serait l'occasion de faire de la prévention qui diminuerait les risques pour les prélèvements ultérieurs.

Donc je suis favorable à l'abandon du prélèvement immédiat (prélever du sang sans rien dire pour ensuite jeter la poche c'est stupide, voire néfaste au plan de la santé du donneur) lors du recrutement, mais à l'incitation faite à TOUT LE MONDE d'aller dans un centre faire établir une carte de donneur (ou receveur uniquement si un risque a été effectivement établi lors du recrutement), et ensuite gérer les prélèvements non pas lors des visites volontaires, mais par appel téléphonique faits par les centres de prélèvements, en fonction des besoins et de la gestion des calendriers réguliers de prélèvement puisque chacun donne lieu à des analyses sérologiques).

Mais pour ça il faudrait des moyens supplémentaires à l'EFS, dont les centres sont actuellement incapables de gérer des fichiers de plusieurs milliers de donneurs potentiels, mais uniquement capables de gérer les dons aléatoires qui se présentent à eux (ou lorsqu'ils vont en chercher en allant dans les entreprises ou les grandes surfaces avec leurs cars).

De plus je ne comprends pas pourquoi l'EFS et les centres de dépistage anonymes ne peuvent pas travailler ensembles: les centres de dépistage ont les moyens que l'EFS n'a pas en terme de quantité d'échantillons à traiter, et ils ont aussi des médecins.

Je serais favorable que le recrutement se fasse dans ces centres de dépistage, le dépisté faisant une demande expresse pour obtenir sa carte de donneur (à sa demande, par un rapprochement sur un numéro d'examen lequel est transmis à un centre charger de délivrer les cartes une fois qu'il reçoit les résultats en rapprochant le numéro de prélèvement du numéro indiqué sur la fiche de candidature auquel le centre de dépistage n'a pas accès, puisqu'il ne conserve pas les noms des personnes), et ensuite se présenter à l'EFS qui ne délivrerait plus ces cartes de donneurs, même si ensuite il gère les cartes déjà délivrées et suit les donneurs au cours de leur parcours de dons.

Et puis je ne comprends pas pourquoi les centres de dépistage travaillent nécesairement de façon anonyme, alors que bien des personnes qui s'y présentent pourraient justement vouloir être identifiées et prévenues directement en cas de problème.

Ne peut-on pas envisager de communiquer au moins un numéro de portable, pour qu'on puisse nous envoyer un SMS demandant de venir au centre pour avoir un résultat, ou toute autre information qui pourrait être connue ultérieurement puisque les échantillons sont conservés en partie pour analyse ultérieure en cas de nouvel outil de détection arrivant sur la marché ou de nouveau risque identifiable ?

Et pouvoir aussi donner l'autorisation de contacter par courrier dans une enveloppe blanche discrète sans cachet spécifique, pour ceux qui n'ont pas de portable, ou celle de son médecin à qui on confie le numéro d'identification du prélèvement, lequel recevra les résultats, afin qu'on puisse effectivement choisir aussi le médecin qui lira les résultats et en discutera avec la personne testée.

Le choix du médecin c'est important pour pouvoir justement parler en toute confiance et faire preuve de sincérité, même si on nous dit que les médecins dans les centres de dépistage pas si nombreux, ou les centres EFS encore moins nombreux sont tenus au secret professionnel, le fait est qu'on ne les choisit pas, et que la relation peut ne pas se faire parfois en toute confiance: les médecins de ces centres sont compétents pour analyser les résultats, lever certains doutes, demander des analyses complémentaires, déterminer les types d'analyse ou choisir les labos, ils sont au courant des derniers systèmes de mesure et de leurs méthodes de travail, en revanche ce n'est pas tellement à eux qu'on s'adresse, car ils ne savent presque rien des donneurs, ceux-ci pouvant en toute sincérité oublier bien des choses sur un questionnaire qu'ils ont bien du mal à remplir.

D'ailleurs, pourquoi ne peut-on pas simplement emporter ce questionnaire pour le faire remplir avec son médecin et l'apporter ensuite à l'EFS (lequel de toute façon sera amené à vous demander votre médecin traitant s'il détecte quelque chose pour qu'il lui transmette les éléments...) ?

Pouvoir s'inscrire dans ce schéma c'est aussi se fixer un parcours de santé et de gestion de ses risques ou de ses expositions. Le choix ensuite du don ou non se pose ensuite, mais une personne sensibilisée à sa santé et inscrite dans un tel parcours me semble être un donneur bien plus valable qu'un donneur qui remplit une fiche vite fait dans un centre en oubliant plein de choses ou omettant volontairement certains détails face à un médecin qu'il ne connait même pas ou qu'il ne reverra pas, et à qui il n'a pas confié sa santé, même si le prélèvement subit obligatoirement certains tests (mais pas d'autres qui seraient éventuellement justifiés individuellement, pour remettre un don à plus tard, ou le conditionner à un examen complémentaire).

L'intrusion de la loi ou des réglements et arrêtés ministériels ne s'inscrit pas du tout dans ce schéma et au contraire dépersonnalise le donneur, et le déresponsabilise totalement. C'est une mauvaise politique basée sur des aprioris sur des statistiques largement biaisées. Si on veut des statistiques fiables, il faut absolument que tout le monde puisse être concerné sans exclure personne par un réglement stupide; hors tout le monde (ou presque) en France a un médecin traitant (merci à la sécu et la CMU), qu'il peut choisir (ou en changer) en confiance et qui le suit: c'est cette population qu'il faut pouvoir mesurer statistiquement, pas celle toute petite qui se présente de façon très sélective et biaisée dans les centres.

Et on a en France aussi un outil sous-exploité pour le fichier national des maladies à déclaration obligatoire par tous les médecins de France (le même qui nous permet de faire les cartes épidémiologiques pour la grippe, les méningites, et d'organiser les soins au plan national et régional), mais il ne concerne que les maladies déclarées et rien n'y est mis pour y inscrire aussi les analyses effectuées qui se révèlent négatives (de ce fait il ne permet pas de donner un chiffre fiable de prévalence, puisque que rapprochement se fait par d'autres sources, comme les rares statistiques publiées par les labos d'analyse à qui on confie les prélèvements, mais qui ne peuvent pas publier les résultats obtenus car ils ne sont pas avalisés par le médecin face au patient).

Dans tout ça il ressort un manque évident de communication entre les différents acteurs de la santé et ceux chargés de la contrôler et de la suivre. Le fameux "parcours de santé" mis en avant lors de la création de la carte verte il y a près de 20 ans ne s'est jamais concrétisé dans les faits, puisque chacun travaille dans son coin sur des données partielles et biaisées.

 
Madinina

De Madinina

Le 11 juin à 04h13

>>> Cela coûterait beaucoup trop cher de devoir analyser un par un les échantillons de sang

 
Madinina

De Madinina

Le 11 juin à 04h17

>>> Cela coûterait beaucoup trop cher de devoir analyser un par un les échantillons de sang

 
p'tit dude

De p'tit dude

Le 11 juin à 09h16

Mais... les poches de sang ne sont elles pas analysées toutes, une par une, depuis l'affaire du sang contaminé...?

 
hector dumas

De NémoGizmo

Le 12 juin à 11h01

bien sûr que SI, encore heureux. Plusieurs choses sont testés (sida, hépatites...)

mais il reste un "delta", c'est la période où une élément pathogène n'est pas détectable...

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 02h07

Rhaaaa ! mais *de tous temps* (enfin depuis de début des années 50) des examens de sang "qualifiant la poche donnée" c'est à dire permettant sa distribution sont faits... Et sur chaque poche (enfin, plus exactement sur les tubes prélevés en même temps que la poche, car on n'ouvre pas une poche, on ne pique pas une poche, on risquerait une contamination bactérienne) de façon absolument *unitaire*

depuis 1950 : syphilis
depuis 1971 : VHB
depuis 1985 : VIH
depuis 1990 : VHC
depuis 1991 : HTLV 1 et 2

Et les tests sont de plus en plus compliqués (certains demandent 24 heures et dépistent directment l'ADN ou l'ARN des virus) permettant de *réduire* mais sans l'annuler la "fenêtre de séroconversion" (1 à 6 semaines selon les virus) pendant laquelle le sang *est* contaminant alors que *tous les tests* seront négatifs...

C'est pour cela que l'entretien médical prédon est fondamental : mais lui aussi, même si le candidat au don répond avec une totale sincérité, n'est pas sans failles, car on peut avoir réellement "oublié" un élément important...

C'est la somme de ces deux choses : entretien médical avec réponses sincères et un max de tests les plus spécifiques et les plus précocement interprétables, qui conditionne une sécurité maximale pour le receveur, ce qui est la *seule* préoccupation des responsables de la transfusion, qui refuseront toujours, de façon ouverte ou non, que des politiques leur imposent des choses qui iraient contre leurs convictions scientifiques. C'est d'ailleurs parce que j'ai toujours refusé, même contre la demande insistante de personnalités importante du coin, d'aller collecter à la prison dans le début des années 80 qu'on a eu quelques temps après... * beaucoup moins de soucis * dans le coin où j'étais...

 
hector dumas

De vpi79

Le 09 juillet à 19h23

Innocent tu te trompes: on ne "pique" pas les poches de prélèvement qui restent stériles. Lors du prélèvement à l'EFS on prélève une poche qui est fermée hermétiquement en chauffant et pinçant un tube avant de le couper et mettre l'extrémité dans un embout protecteur. L'aiguille reste ne place dans la veine et avec le tube coupé on prend 3 ou 4 petits tubes à essai supplémentaires. Ce sont ces tubes qu'on va analyser, mais la poche reste fermée (elle contient avant le prélèvement des produits anticoagulants, mais elle est mise aussitôt au froid). La poche et les tubes reçoivent une étiquette autocollante portant un numéro de prélèvement, la date et un numéro d'identification du donneur et du lieu de prélèvement: les étiquettes proviennent d'une même feuille imprimée.
TOUS les prélèvements font l'objet des analyses obligatoires, et on conserve deux tubes pour des analyses ultérieures. Sinon pour des risques en cours d'étude et dont l'analyse n'est pas encore obligatoire, on va extraire des échantillons par tirage au sort: cela sert aux études sur des maladies en fonction des besoins et des enquêtes demandées par les autorités sanitaires ou approuvées régionalement par les centres de recherche locaux.

Les poches ne sont par ouvertes sur les lieux de prélèvement mais conservées au froid en attendant le retour des analyses qui sont faites en envoyant les échantillons vers un ou deux laboratoires spécialisés. Ces labos reçoivent les tubes et les utilisent très partiellement, le reste est mis en paillette numérotées, congelées et conservées dans l'azote liquide pour une durée indéterminée (pour l'instant on ne les détruit pas avant une dizaine d'années), même si les analyses s'avèrent négatives. Tous les produits sanguins fabriqués possèdent une fiche informatisée reprenant les numéros des prélèvements à partir desquels ils ont été préparés. Tout produit sanguin utilisé et injecté verra des paillettes d'échantillon conservées.

On ne détruit QUE les poches infectées (pas les échantillons) non demandées pour les besoins de la recherche (mais pour ces besoins, des labos peuvent en demander pour faire des tests de médicaments: l'EFS en conserve un certain nombre en fonction des besoins réguliers, mais peut en conserver plus si nécessaire, sachant que les hopitaux fournissent aussi des échantillons infectés) ou qui n'ont pas été utilisées avant leur date limite d'utilisation (cela concerne environ 2 % des prélèvements faits plus ou moins selon les saisons), ou qui ont eu un problème de conservation (problèmes de congélateurs, contamination accidentelle, choc/percement, problème technique lors de la préparation, problème de centrifugation, inefficacité des anticoagulants, découverte ultérieure d'une colonie microbienne). Au delà d'une certaine durée de conservation, les produits sanguins sont également réexaminés juste avant leur livraison aux hopitaux demandeurs.

La plupart des produits préparés contiennent des produits anti-infectieux (il y en a plusieurs types différents car certains receveurs ont des intolérances à certains produits) en plus des anticoagulants, mais ces produits sont généralement séparés: il vaut mieux faire un donc de plaquettes ou de plasma pour que la même poche prélevée produise la même poche injectable sans avoir à utiliser des éléments provenant de la séparation des éléments des prélèvements de sang complet.

Les premiers donneurs sont prélevés de sang complet (c'est le prélèvement le plus rapide pour le donneur, et le seul qui puisse être fait dans les bus itinérants), mais ensuite on les invite à faire des prélèvements de produits séparés, plasma ou plaquette, tout bonnement car c'est plus facilement utilisable, ça diminue les risques éventuels ou incompatibilités pour les receveurs, c'est plus facile à tracer et ça se conserve mieux, et c'est moins cher et moins compliqué à préparer, d'autre part parce qu'on a nettement moins besoin de globules rouges (qui se conservent mal) que de plasma.

De plus le prélèvement sélectif permet des dons plus rapprochés (le plasma ou les plaquettes se renouvellent bien plus vite que les globules rouges, d'autant plus que le donneur de globules rouges voit sa capacité respiratoire réduite pendant quelques jours ce qui peut être génant pour certaines personnes, les sportifs sont invités à faire don de plasma plutôt que de sang complet à cause de ça). un don de plasma dure près d'une heure contre une dizaine de minutes pour le don de sang, mais la différence de temps n'est pas si importa

 
rickylove

De rickylove

Le 11 juin à 15h09

Le sang prélevé est analysé bien sûr et heureusement.

 
abbadon

De abbadon

Le 11 juin à 17h17

Je suis de l'Espagne et cette discrmination est complètement inimaginable pour moi

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 02h10

ben j'ai répondu plus haut... :-(
et il ne s'agit *en rien* d'une discrimination...

 
hector dumas

De Jérôme M

Le 18 juin à 11h15

Sauf que dans plusieurs pays dont l'Espagne, les homosexuels de sexe masculin ne sont pas exclus : Quid du nombre de séropositifs ? L'exclusion se justifie t elle ?

 
hector dumas

De Jérôme M

Le 18 juin à 11h18

Et puis ce n'est pas parce que tu as répondu sur la question en expliquant pourquoi selon toi il n'y a pas discrimination que l'on doit être tous d'accord avec toi et être convaincu par tes arguments

 
hector dumas

De phil86

Le 18 juin à 11h23

il sait très bien que c'en est une mais refuse de l'admettre... en fait l'EFS considère que le sang d'un homosexuel est ***forcément*** dangereux !!! si c'est pas une discrimination stigmatisante, ça, c'est quoi ????

 
hector dumas

De Jérôme M

Le 18 juin à 11h56

Je ne suis pas d'accord avec Innocent mais je le trouve de bonne foi (En même temps, je ne suis pas médecin et je n'ai pas "une longue expérience [me] permettant d'évaluer le degré de sincérité" de mes interlocuteurs) :-)

Je pense donc qu'il ne voit aucune discrimination là dedans !

Moi je pense qu'il y a discrimination alors qu'il y a différence de traitement : d'autres catégories à risques sont interdites pour 4 mois du don du sang après une prisque de risques .... alors je ne verrai plus de discrimination quand un homosexuel sera interdit de 4 mois après une prise de risque.

Parler d'anciens toxicomanes interdits à vie également revient à parler de deux catégories de population discriminées. Pourquoi perdurer une interdiction envers une personne qui n'a plus de prise de risque et qui est séronégatif après un délai de sécurité ?

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 19 juin à 01h52

parce que le VIH, et je crois l'avoir dit plusieurs fois, n'est qu'une partie (certes importante) d'un problème virologique beaucoup plus large.

Les anciens transfusés sont dieu merci quasiment tous séronégatifs *pour le VIH* et pourtant ils sont interdits à vie, même si leur transfusion remonte à leur naissance.

Les anglais (je complète, c'est important : *nés avant 1996*) n'ont plus de problème de viande depuis 1996, mais pourtant ils sont (en France) interdits à vie. Il en va de même pour *toute personne* ayant séjourné plus d'un an (pas 6 mois, un an) cumulé en Angleterre entre 1980 et 1996: interdit à vie.

Parce que le principe de précaution - qui n'est pas un concept simple à appréhender, je le concède, il y a des bouqins entiers le concernant - impose de faire des choses et si on avait appliqué en transfusion le principe de précaution tel qu'on l'applique maintenant (notamment sur les populations carcérales) il y aurait eu entre 8 et 10 fois moins de contaminés (hors hémophiles dont la problématique n'est pas du tout la même). 500 à 600 au lieu de 5000... pourtant à l'époque, une grande majorité de gens trouvaient qu'au contraire le don du sang en prison était un "acte positif de réinsertion", et l'ont encouragé...

cela étant dit, comme je l'ai mentionné par ailleurs, je quitte définitivement ce site... fuite ? non, abandon sur constat d'échec...

 
hector dumas

De phil86

Le 19 juin à 07h56

le problème du sang contaminé des années 80 ce ne ce n'est pas une question de "principe de précaution" mais ****d'incurie des autorités concernées à l'époque, qui ont sciemment laissé distribuer du sang qu'elles savaient contaminé****... ça n'a rien à voir avec un manquement au principe de précaution ! j'ai le sentiment qu'aujourd'hui on fait payer les homos et les anciens toxicos pour de erreurs et des errements dans lesquels ils ne sont pour rien....

 
sur_une_ile_deserte

De sur_une_ile_deserte

Le 11 juin à 17h22

La reduction des risques devrait se faire en refusant le don des personnes ayant (eu) des rapports multiples et non protéger, réels facteurs de risques de transmission d'IST et non pas en interdis

 
hector dumas

De sur_une_ile_deserte

Le 11 juin à 17h24

La reduction des risques devrait se faire en refusant le don des personnes ayant (eu) des rapports multiples et non protégés, réels facteurs de risques de transmission d'IST et non pas en interdisant le dont aux homosexuels. Pure discrimination ou simple maladresse mais en aucun cas argument scientifique.

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 02h11

ben si... mais bon...

 
phil86

De phil86

Le 11 juin à 18h43

et les hétéros qui ont des rapports non protégés, extra-conjugaux par exemple, ils le disent ou il le cachent quand ils répondent au questionnaire ??? gageons que beaucoup n'en disent rien mais comme ils sont hétéros on considère qu'ils ne sont pas une "catégorie à risques" alors qu'ils le sont tout autant que les homos qui ne se protègent pas, le VIH (et autres IST) ne regarde pas à l'orientation sexuelle...

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 02h20

pourquoi postuler que les hétéros mentiraient plus que les homos... n'est-ce pas là une discrimination ? ;-)

et puis faut pas prendre les médecins de collecte pour des demeurés... ils ont souvent une longue expérience leur permettant d'évaluer le degré de sincérité du candidat au don... et au moindre doute, la poche de sang sera certes prélevée, mais ne sera jamais transfusée, *même si* tous ses examens sont négatifs... Il en est de même des *deux* poches d'un couple qui vient donner ensemble, et où *un seul des deux* a déclaré au médecin avoir eu une *conduite à risque*.

Cela étant, encore une fois c'est la somme de "entretien prédon" et "examens de labo" qui conditionne la sécurité maximale...

Mais mentir pour un truc comme le don du sang (rien à y gagner) je trouve que c'est vraiment pas top... d'autant que le médecin de collecte est tenu comme tous ses confrères au secret médical...

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 10h35

ben oui mentir c'est pas top mais quand on a eu une aventure extraconjugale non protégée, ne serait-ce qu'une seule, va-t-on le révéler lors du questionnaire quelques jours après ??? pas si sûr !!!! les hétéros peuvent mentir autant que les homos...

je pense qu'il faudrait plutôt uniquement exclure les donneurs ayant eu des pratiques à risques, quelle que soit leur sexualité, et centré le questionnaire sur l'importance d'y répondre honnêtement... et puis aussi que ce questionnaire se déroule dans des conditions d'accueil, de courtoisie, de respect nettement supérieures à ce qu'elles sont !!! on a l'impression d'être en train de subir un interrogatoire en garde-à-vue au commissariat !!! et ça, "c'est pas top" du tout... pas étonnant que les dons ne soient pas assez nombreux... l'EFS DOIT se remettre en cause...

 
hector dumas

De Jérôme M

Le 18 juin à 11h21

"et puis faut pas prendre les médecins de collecte pour des demeurés... ils ont souvent une longue expérience leur permettant d'évaluer le degré de sincérité du candidat au don"

Ca si c'est un argument scientifique convaincant ! Les médecins seraient capables (mieux que les policiers et les juges apparemment si l'on en croit certaines erreurs judiciaires notoires) d'estimer le degré de sincérité d'un individu !!!! Diante ! =)

Plus sérieusement, il est super facile de jouer la comédie et un médecin comme n'importe qui peut aussi se faire avoir !

 
phil86

De phil86

Le 11 juin à 20h28

babeil se baser sur la prévalence est ridicule car comme il y a beaucoup moins de gays que d'hétéros, forcément on croit y voir plus de séropos mais c'est trompeur car s'il y avait autant d'homos que d'hétéros il y a fort à parier qu'on ne verrait pas plus de séropos chez eux.... la réalité c'est que les hétéros sont autant "à risques" que les gays... votre idéologie homophobe et sérophobe est saoulante o_O

 
hector dumas

De phil86

Le 11 juin à 21h28

d'ailleurs babeil je vous rappelle que même s'il y a un certain relâchement actuellement au sein de la communauté homo quant à l'usage du préservatif - relâchement qui s'explique par la lassitude de devoir rester fidèle à la capote, lassitude tout simplement humaine même si personnellement je ne la partage pas - les homos ont depuis les premiers temps de l'épidémie appris à se protéger car ils ont vu à l'époque leur carnet d'adresses se vider vitesse grand V... contrairement aux hétéros qui eux ne se sont sentis concernés que très tardivement, et encore ont-ils beaucoup de progrès à faire - et ne se sont donc pas protéger autant que les homos... mais je suppose qu'après avoir posté votre message gratuitement provocateur vous ne viendrez pas continuer le débat de façon argumentée et non agressive...

pour ce qui est du don du sang, seules les pratiques sexuelles doivent entrer en ligne de compte : un homo qui n'a pas de pratiques sexuelles à risque, et il y en a beaucoup plus que vous ne pensez, n'est pas plus "dangereux" qu'un hétéro... donc on voit bien que le critère de l'homosexualité, que seule la France (enfin je crois) utilise pour exclure les donneurs potentiels, ne tient pas la route... c'est donc bel et bien une discrimination grave, car le sang d'un citoyen homo vaut celui d'un citoyen hétéro

 
hector dumas

De phil86

Le 12 juin à 08h29

Babeil inutile de vous égosiller, je ne vous lis même plus... vous êtes tellement outrancière et caricaturale que vous sombrez dans le ridicule

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 02h45

1) non, l'homsexualité *n'est pas* une pratique à risques.
2) oui, la sodomie (non protégée bien sûr) *est* une pratique à risques. et pas seulement pour cause de VIH, mais de virus *en général*, connus et inconnus

à Babeil : phil86 a raison... je n'ai plus envie de te lire non plus... moi, j'essaierai toujours de convaincre... je ne veux jamais agresser celui qui pense autrement que moi, même quand je suis convaincu qu'il se trompe... Mais sans doute? comme ils disent dans la pub, "nous n'avons pas les mêmes valeurs"... moi, je me bats contre les discriminations, je ne cherche pas à les aggraver...

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 10h37

ben si, innocent, de fait pour l'EFS l'homosexualité EST une pratique à risques !!! et c'est bien là le noeud du problème...

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 11h54

Non, Phil, comme je l'ai dit, ce qui est une *pratique à risques* c'est la sodomie : et ceci du fait que la muqueuse rectale est beaucoup (10 fois, vingt fois ? je sais plus, mais beaucoup) plus "perméable" aux virus (tous, connus, inconnus, et *pas seulement* le VIH) que la muqueuse vaginale.

Mais ce mot est encore "tabou", politiquement incorrect... Alors on dit "rapports entre hommes" dans le discours officiel (masculine, hein, les lesbiennes peuvent tout à fait donner leur sang, ce qui prouve bien que ce n'est pas en soi l'homosexualité qui est "rejetée"). Cela étant (mon discours n'est ni ironique ne graveleux, hein, il est purement, simplement, médical : mais si un homo me certifiait sur l'honneur qu'il n'a *jamais* (même il y a longtemps) pratiqué la sodomie, je ne verrai pas de raison de le refuser au don de sang. Mais bon, tu reconnaitras avec moi que cela est rare (peut-être pas impossible, mais rare), et le temps imparti ne permet pas de passer "une heure" sur chaque cas particulier. Il y a des coûts, c'est absurde de ne pas en parler, les moyens ne sont pas infinis, l'EFS essaie d'optimiser au mieux ces moyens... Alors on raisonne, comme toujours en terme d'épidémiologie et de santé publique, sur la base de "groupes à risques". Mais les homos masculins n'en sont qu'un parmi plein d'autres... les anglais, les maigres, les anciens transfusés (même il y a plus de 50 ans), les gens *un tout petit peu* anémiques, etc... Il n'y a *pas* de discrimination... Et il y a certainement dans chacun de ces groupes des exceptions qui, après longues investigations, pourraient être déclarés aptes an don... (l'anglais totalement végétarien et qui ne mange que des produits qu'il cultive, à l'exclusion de tout produit industriel, par exemple). Mais au nom de l'efficacité (les moyens qu'on mettrait là, on ne les mettrait pas ailleurs) pour les malades, traiter des "cas par cas" serait absurde...

Enfin, pour ce qui est de la "comm donneurs", l'EFS met beaucoup de moyens, mais l'EFS est sous tutelle d'un ministre, pas autonome... Tous les "slogans" doivent être "political correct"... Quant aux "gens" de l'EFS, c'est comme partout... Il y en a qui savent "discuter", et puis il y a des gens qui sont des nuls en communication... Dans le Centre de transfusion que je dirigeais autrefois, s'il n'y a eu aucune contamination VIH, il y a eu comme partout des contaminations VHC, datant "d'avant les tests, même indirects"... Chaque fois qu'un malade contaminé s'est présenté pour "comprendre" (c'est avant tout ce que veulent les malades), je l'ai reçu, parfois plusieurs heures, et on a parlé. Eh bien aucun n'a porté plainte, ni contre moi, ni contre mon Centre de Transfusion. Dans d'autres endroits, je sais que les malades se voyaient remettre un dépliant explicatif... rien d'autre... mais bon, je dois être solidaire, alors je ne te dirai pas que je trouve ça nul... ;-)

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 12h04

!!!!

Innocent les homos sont exclus du don du sang du seul fait de leur homosexualité, qui est donc jugée "pratique à risques"

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 12h20

je pense qu'il n'y a AUCUNE raison d'exclure les personnes qui n'ont pas eu de pratiques à risques, qu'elles soient homos ou hétéros... c'est quand même assez simple à comprendre et à admettre, non ? RIEN ne peut justifier qu'un homo qui n'a jamais eu de pratiques à risques, et il y en a (et sans doute plus que vous ne croyez), soit exclu du don du sang... RIEN

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 14h47

si tu admets que la sodomie (non protégée) *est* une pratique à risque (qu'on soit homo ou hétéro, c'est juste une question de "facilité de passage viral"), alors je suis d'accord avec toi : RIEN ne peut justifier qu'un homo (ou un hétéro) qui n'a *jamais* eu de pratiques à risques soit exclu du don du sang.

Après, je ne sais pas comment de convaincre qu'on en peut pas raisonner, peut-être faute de temps, autrement que sur la notion de "groupes à risques". il y a le *groupe* "homos masculins", comme il y a le groupe "anglais" comme il y a le groupe "maigres" comme il y a le groupe "anciens transfusés" et bien d'autres... Avant que des chiffres précis ne viennent prouver le contraire, il y avait dans certains Centres le *groupe* "personnels de l'hôtellerie", le groupe "gens du show business", et sans doutes d'autres... pas de discrimination là dedans... simplement le principe de précaution qui peut en transfusion se résumer ainsi : *tant que* on arrive à collecter assez pour qu'aucun malade ne manque, alors il faut éliminer les candidats au dons "par groupes", le plus largement possible. si tout le monde avait été transfusé pour une raison x à la naissance, on n'éliminerait pas du don les anciens transfusés... de même si la population comportait 80% d'homosexuels... Mais ce n'est *pas* une discrimination : les médecins ne sont pas, dans leur grande majorité discriminatoires, et les politiques ne font (et c'est tout à leur honneur) *que* suivre l'avis du corps médical.


 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 14h51

et si on avait éliminé du don, *partout* (beaucoup l'ont fait, mais hélas pas *partout*) le groupe "détenus", on aurait évité, dans le milieu des années 80, quelques 4000 contaminations VIH et/ou VHB soit 80% des contaminations (hors problème des hémophiles, qui n'a rien à voir)... et pourtant les détenus, au plan national, ce n'était que 1% des dons... :-((

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 14h57

est une pratique à risque la sodomie ****non protégée ou avec accident de capote***** mais la sodomie ****avec capote**** est sans risque, tout comme la pénétration vaginale

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 15h00

ben si il y a discrimination, et pas qu'un peu, si on exclut le groupe des homos n'ayant eu aucun rapport à risques... et de fait, ils sont exclus, puisque ***le seul fait d'être homo*** est excluant...

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 19h22

Arf...je crois que je vais avoir du mal à te convaincre quant à la notion de principe de précaution par rapports aux "groupes à risque"... Or tu considère là un "sous-groupe", et on pourrait trouver des sous-sous-groupes et à l'extrême on arrive à l'individu, ce qui prend beaucoup trop de temps. (même chose pour le sous-groupe des anglais végétariens dont j'ai déjà parlé...). Sinon, je dois reconnaître que ta remarque de 14h57 est pertinente, mais je suis ingorant d'une donnée pour argumenter : quel est le pourcentage d'homos qui n'ont *jamais* (allez, avec une "franchise" de 2 ou 3 fois...) (même il y a longtemps) pratiqué la sodomie non protégée ? si ce %age est grand, alors oui, il y aurait lieu à réflexion... (corollaire : des hétéros qui pratiquent la sodomie sont pour moi à exclure également du don tout en sachant que la réponse à la même question est à ma connaissance pour les hétéros (livresque etudes, donc date peut-être un peu...) inférieure à 1%...

Maintenant, je sors ma casquette "droit" (et j'attends avec impatience et curiosité le jugement...) : pour qu'il y ait discrimination il faut :

- que le "discriminé" le soit par rapport à un *droit* devant lequel tous les citoyens sont égaux, par exemple l'égalité à l'embauche, à l'entrée dans un *lieu public* (et je ne suis même pas sûr que l'intérieur d'un centre de collecte soit défini juridiquement comme un *lieu public*). Or le don du sang *n'est pas* un droit civique...

- que le "discriminé" subisse un préjudice. quel préjudice y a-t-il à être refusé au don du sang ?

matériel ? je vois vraiment pas...

moral ?

-- vis à vis des autres ? pourquoi alors y aurait-il préjudice moral plus gros que pour la maigre, l'amémique, l'hypertendu, le cardiaque qu'on va refuser (15% en moyenne des candadats au don, chaque jour ... ça fait plusieurs centaines de milliers par an) ? surtout (je cite, c'est du *vrai vécu*), qu'il y aura toujours -- enfin parfois, heureusement -- un connard dans l'assistance des donneurs pour dire, croyant faire la plaisanterie du siècle, "on t'a refusé ? t'es pédé ?" et c'est même pas, pas du tout, homophobe, c'est "franchouillard"... )

-- vis à vis de soi ?... là c'est un problème d'ego, de problème personnel, et je ne pense pas, en droit, qu'un juge entrera dans cette considération...

Bref, si l'avocat qui s'occupe de cette affaire gagne ne serait-ce qu'un euro de DI symbolique, je connais bien des licenciés qui regretteront qu'il n'ait pas choisi de se spécialiser en droit du travail... :-)

Je connais plein d'homos pour qui ce dossier ne pose pas problème... je ne comprends pas cette insistance de certains, et ça dure depuis plus de 25 ans, et leur désir en plus maintenant de porter l'affaire devant la justice... en plsu juste au moment où un décret a été publié... La condamnation de l'EFS (pour mauvais accueil ?) ne changerait rien à un décret...

Et l'abrogation de ce décret, par lâcheté politique (le politique n'a pas la compétence technique pour décider blanc alors que tous les scientifiques disant noir), aboutirait à une situation "espagnole"... on fait plaisir à tout le monde, tout le monde est content, et on dépense de l'argent public pour rien... Je ne peux pas supporter ce genre d'hypocrisie... même si elle garantit qu'un accident de type "danemark" ne pourra pas arriver...

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 20h14

Innocent, plutot que de raisonner par généralité, il vaudrait mieux raisonner au cas par cas : prenez celui d'Alexandre, dont on parle dans cet article

"A la question «Avez-vous eu des relations sexuelles entre hommes?» du formulaire à renseigner, il répond : «Oui, relation fidèle depuis quatre ans et demie, test VIH négatif»."

excusez-moi, mais je ne vois pas ce qui peut contre-indiquer son don... à moins de l'accuser de mentir mais alors il faut aussi diriger cette accusation contre les hétérosexuels... vous allez me répondre : "oui, mais son compagnon n'est peut-être pas fidèle et lui a peut-être refilé le VIH à son insu il y a moins de 3 mois" mais alors ****il faut aussi tenir cet argument pour les hétéros qui font la même réponse qu'Alexandre****...

il ne peut pas y avoir deux poids deux mesures... Alexandre a bien été victime d'une discrimination blessante pour lui (en gros, on sous-entend que son sang risque d'être "sale" non parce qu'il aurait eu des pratiques à risques mais ****parce qu'il est homo**** et moi, oui, ça me choque, pas vous ?)

quant aux chiffres sur la prévalence, je ne suis pas sûr qu'ils soient très représentatifs et donc très fiables, mais c'est une question en débat

à partir du moment où on appelle ****les Français**** à donner leur sang ***il y a bien discrimination**** si on refuse le don de certains, non pour des raisons avérées (pratiques sexuelles à risque) ****mais du seul fait de leur orientation sexuelle****

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 14 juin à 20h57

Vous dite "Innocent, plutot que de raisonner par généralité, il vaudrait mieux raisonner au cas par cas : prenez celui d'Alexandre, dont on parle dans cet article"

arf... l'axiome de départ dit "on ne *peut pas* raisonner au cas par cas*. C'est constant en termes de santé publique et d'épidémiologie, ce n'est pas spécifique à ce problème précis...

Vous dites : "A la question «Avez-vous eu des relations sexuelles entre hommes?» du formulaire à renseigner, il répond : «Oui, relation fidèle depuis quatre ans et demie, test VIH négatif»."

depuis 4 ans et demi, OK... *mais avant* ? comme pour les anciens transfusés, c'est à la naissance qu'on remonte... parce que le VIH n'est qu'une partie d'un problème virologique plus large... et puis (et ça, vous en conveniez) "relation fidèle, OK, mais *toujours* avec préservatif, sans un manque, depuis 4,5 ans ?

On n'appelle pas "les français" à donner leur sang. On appelle tous les français à être *candidat au don*. Après, l'EFS choisit en fonction des critères qu'il a édictés (et pas tout seul, en consensus international) dans le seul but d'efficacité sécuritaire maximale pour le donneur. Le don du sang *n'est pas* un droit...

J'en reste là, parce que je sais maintenant que je ne vous convaincrai pas... On tourne complètement en rond depuis le début, ma conviction scientifique est faite depuis 30 ans et je n'en ai jamais dévié... C'est un consensus médical international. Vous, vous restez sur vos positions, c'est votre droit... mais je ne suis pas sûr que cela vous aide dans la lutte contre les discriminations, les vraies, celles là...

On en reparle après le jugement ? ;-)

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 21h15

"depuis 4 ans et demi, OK... *mais avant* ?
=> avant n'importe pas car s'il était séropositif son test ne serait pas positif... 4 ans est un délai suffisamment long pour que le test soit sûr

comme pour les anciens transfusés, c'est à la naissance qu'on remonte... parce que le VIH n'est qu'une partie d'un problème virologique plus large... et puis (et ça, vous en conveniez) "relation fidèle, OK, mais *toujours* avec préservatif, sans un manque, depuis 4,5 ans ?"

=> si vous raisonnez comme cela pour un homo il faut aussi le faire pour un hétéro !!! qui vous dit qu'un hétéro n'a pas eu la moindre relation sans préservatif ??

il y a bel et bien discrimination car il n'est pas plus justifié de refuser le don d'Alexandre que celui d'un hétéro lambda faisant exactement la même réponse (vie conjugale stable et fidèle depuis 4 ans)...

vous êtes bourré de certitudes mais je crois qu'elles sont au fond très peu fondées

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 21h17

correction : "son test ne serait pas négatif." bien sûr...

 
hector dumas

De phil86

Le 14 juin à 21h31

que pensez-vous de l'hypothèse suivante, tout à fait plausible :

un jeune homme de 20 ans se présente au don du sang, à la fameuse question il répond "oui" car il a eu 1 mois plus tôt son premier rapport sexuel avec un autre jeune homme, ****rapport protégé par un préservatif****... que lui répond-on ? ****qu'il ne peut pas donner son sang !!! ****

****Où est le risque ???? pourquoi un jeune homme hétéro ayant eu son premier rapport hétéro protégé 1 mois avant le don ne se voit pas exclu, lui ?****

excusez moi mais ****vous pratiquez bel et bien une honteuse discrimination**** basée sur l'orientation sexuelle... le sang d'un citoyen homo vaut celui d'un citoyen hétéro (car donner son sang est un acte citoyen, que je sache)... il est extrêmement ***blessant, humiliant*** de se voir refuser le don simplement à cause de son orientation sexuelle

****seuls les rapports à risques peuvent justifier l'exclusion du don**** mais certainement pas le seul fait d'avoir eu un rapport homosexuel...

 
hector dumas

De Jérôme M

Le 18 juin à 11h27

En fait Innocent, si on suit votre logique, et si le problème n'est pas l'homosexualité masculine comme groupe à risque mais la seule pratique sexuelle qu'est la sodomie : il conviendrait d'exclure toutes les femmes du don du sang à vie !
Vu qu'il serait difficile d'établir le pourcentage de femme n'ayant pas pratiqué la sodomie !

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 18 juin à 19h07

Eh non... le principe de précaution cherche toujours le moindre risque pour la cible (le malade à transfuser) : donc on met en balance le risque d'accepter un donneur qui ne sera jamais à 100% sûr, et donc de "créer un dégat potentiel chez le malade" et le risque de manquer de sang et de voir mourir le malade tout de suite faute de sang.

J'avais illustré cela avec les anglais, interdits en France, mais pas en Angleterre, sans qu'il y ait entre ces deux éléments la moindre contradiction. parce que en Angleterre, il y aurait des dizaines de milliers de morts faute de sang, alors qu'en France, le manque est insignifiant, et on peut donc l'assumer sans risque de pénurie. On pourrait dire de la même façon que si sur 100 hommes 80 étaient homosexuels, et même avec la certitude scientifique que le risque est "majoré", les homosexuels ne seraient *pas*, parce que ce serait *impossible* exclus du don... Je crois que la discussion bloquera tant que cette notion de principe de précaution ne sera pas assimilée.

 
hector dumas

De phil86

Le 18 juin à 19h34

"alors qu'en France, le manque est insignifiant, et on peut donc l'assumer sans risque de pénurie."

ben pourtant on arrête pas nous dire qu'il n'y a pas assez de dons !! faudrait savoir...

 
hector dumas

De Innocent VIII

Le 18 juin à 21h12

je voulais dire (j'ai peut-être pas été clair) le manque lié au non prélèvement des anglais.

après, les stocks de sang c'est une situation dynamique pas facile à gérer mais *en perpétuelle mouvance, et qu'on ne contrôle pas en "temps réel" c'est comme un bateau, ca ne tourne ni ne freine comme une voiture.

à 10 jours de stocks, il est clair qu'on manque de sang. à 15 jours de stocks, on risque de périmer (les échanges européens, c'est pas encore pour demain) : mais si on attend de dire "on manque" quand on est à 10, on plonge, le temps que les donneurs viennent et que les dons soient traités... alors on dit "on manque" quand on est à 13, mais qu'on pense qu'on va vers 10... parfois on s'est trompé, et pendant un court moment, on a "trop"... mais si on dit "stop, venez plus, on a ce qu'il faut, on va créer une démotivation des donneurs qui peut être durable, et on risque d'être huit jours après dans le rouge... Et c'est comme ça en permanence. Il faut dire "on manque" avant qu'on manque, sinon, il est trop tard quand on le dit... Mais *globalerment* sur une année, tous les malades reçoivent le sang dont ils ont besoin, et jusqu'à présent y a pas eu de catastrophe, même si, ici ou là, on a parfois repoussé une opération non urgente...

Donc de façon statique, et sur tout le territoire sur un an, y a pas de manque. de façon locale et ponctuelle, ça peut être dramatique, mais ça se gère, c'est ce qui fait la difficulté (mais aussi le côté passionnant) de notre métier.

Parce que c'est vrai que ça serait plus simple d'être en permanence à un niveau "18" et de jeter en permanence les poches qui périment... Mais serait-ce éthique de savoir d'avance qu'on va jeter plein de sang et de savoir qu'on gaspille gravement des deniers publics ?

PS : mes chiffres (10,15,18...) sont "artificiels" c'est juste pour l'exemple

 
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