Act Up change de cap avec son nouveau président
A la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida, l'association Act Up Paris a élu comme président Fred Navarro, un séropositif de 51 ans.

Fred Navarro (à gauche)
«On me félicitera quand Act Up sera redevenu visible» dit Fred Navarro. La voix douce et le caractère bien trempé, celui qui était une figure respectée a changé de rang. Depuis le 17 novembre, il est désormais président, entouré d'une équipe qui veut porter «la voix des malades.» Le mot ne lui fait pas peur: «Les séropositifs sont des personnes malades. J'enrage d'entendre parler d'anniversaire du sida, franchement, ça n'a rien de joyeux, j'ai d'ailleurs perdu mon compagnon il y a deux ans, des gens meurent encore, il faut le dire.»
Fred fait remarquer que les contaminations ne baissent pas chez les gays et qu'après trente ans d'épidémie, c'est très inquiétant. «On parle beaucoup de traitement pré-exposition ou de traitement comme prévention, mais très peu de capote. Les discours véhiculés sont mal perçus » souligne-t-il.
Prise de parole des séropositifs
Ne lui dites pas qu'on vit mieux avec le sida, Fred trouve que l'on survit. «Je suis sous trithérapie depuis 1997, c'est énorme, ça n'a rien de facile. Eviter de se mettre toute cette chimie dans le corps, c'est quand même mieux.» Qu'a-t-il prévu pour débuter sa présidence? «Je veux faire revenir les malades au sein de l'association, nous allons arrêter de laisser parler ceux qui s'expriment à notre place.» Selon lui, la particularité d'Act Up tient à son identité militante, ce qui ne serait pas le cas de certaines autres associations qu'il perçoit comme de grosses entreprises: «Notre force, c'est d'être composé de personnes qui souffrent, dans un monde où tout régresse et où des ministres nous traitent de profiteurs. Je trouve ça horrible.»
S'il juge que l'égalité des droits va de pair avec la lutte contre le sida, sa première décision est à haute portée symbolique. Fred entend inviter l'association les Petits Bonheurs à la réunion hebdomadaire d'Act Up, parce qu'elle accomplit un travail en direction des séropositifs isolés, souvent âgés. Une façon d'aider à montrer la réalité, un électrochoc? «Même ceux qui militent avec nous doivent savoir comment on vieillit avec le VIH, comment le sida a percuté nos vies.»
Photo: DR











LES CHAÃŽNES 














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De Benji - Grand méchant gay
Fred Navarro a raison de souligner que les contaminations ne baissent pas chez les gays. Les gays qui sont le plus touché par une nouvelle séropositivité sont :
1/ les plus jeunes,
2/ des milieux socio-professionnels les moins favorisés,
3/ qui se protègent le moins, notamment pour la pénétration,
4/ qui ont plus de 20 partenaires occasionnels par an,
5/ les moins diplômés.
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De laurent paris
"les plus jeunes"? non. la part des gays de moins de 25 ans dans les nouveaux cas depistés a certes beaucoup augmenté (et le récent article de tétu sur leur connaissance du virus est alarmant ) mais ils ne représentent que 14%, pour 73% de nouveaux cas entre 25 et 49 ans, qui eux devraient a priori avoir été plus confrontés aux messages de prévention. c'est bien là le problème...
sur les jeunes on peut et on doit améliorer l'information mais pour ceux qui sont informés (du moins mieux que les héteros, chez qui les contaminations baissent) mais ne se protègent pas, on a moins de marge de manœuvre et les discours de prévention classiques semblent avoir montré leurs limites.
quant à dire que ceux qui se protègent le moins et ceux qui ont plus de partenaires occasionnels sont statistiquement plus touchés... c'est pas un peu une évidence?
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De Benji - Grand méchant gay
Il me parait inutile de se lancer dans une bataille de chiffres dans la mesure où on peut les interpréter facilement comme on le souhaite (en jouant sur les proportions, par exemple).
Quand on sait que l'âge moyen du dépistage du VIH est de 36 ans, on peut considérer qu'être jeune n'est pas suffisant pour se protéger du virus.
Pour donner et prendre du plaisir à 100%, il faut le savoir !
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De bdbg24
Outre qu'il peut être nécessaire de répéter certaines "évidences", il me semble que ton analyse des chiffres n'est pas parfaite. On ne peut comparer les tranches d'âge - de 25 d'une part, et 25-50 d'autre part. Si tu tiens compte de la durée de vie sexuelle active, et de l'intensité de cette vie sexuelle en terme de rapports, l'évaluation pour les "jeunes" est à multiplier par un facteur d'au moins 3, il me semble, non ? (mais il faudrait avoir une définition précise de la répartition de la "population" ciblée).
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De laurent paris
"on peut considérer qu'être jeune n'est pas suffisant pour se protéger du virus"
personne ne dit le contraire. les jeunes ne représentent malgré tout qu'une petite partie des nouveaux cas. même proportionnellement, on peut faire le calcul mais à vue de nez les "jeunes" (15-25) ne sont pas plus touchés que leurs aînés.
je n'ai pas d'enjeu particulier sur cette question, c'est juste factuel. après on pourra trouver tout un tas d'explications (moins actifs, moins de partenaires, de lassitude face au port du préservatif...)