Sécu: des économies au détriment des patients en affection de longue durée?
L'Assurance maladie souhaite économiser 3 milliards d'euros en 2009, et envisage la fin du remboursement à 100% pour les ALD.
C'est une mauvaise nouvelle qui est tombée pour tous celles et ceux qui sont atteints d'une affection longue durée (ALD) telle que le cancer, le VIH/sida ou le diabète. L'Assurance maladie envisage, pour atteindre un plan d'économie de 3 milliards d'euros en 2009, un certain nombre de mesures, dont le déremboursement de certains médicaments prescrits dans les pathologies dites "du 100%". Près de 8 millions de personnes sont concernées par ce dispositif des ALD, qui offre une prise en charge à 100% des tous les soins liées à la pathologie. Frédéric Van Roekeghem, directeur de l'Union nationale des caisses d'assurance maladie, envisage en effet de ne rembourser désormais qu'à 35% les médicaments à vignette bleue, le reste devant être pris en charge par les mutuelles complémentaires. Comme le révèle aujourd'hui 25 juin le quotidien Les Échos, ce serait ainsi 250 millions d'euros qui seraient économisés… au détriment des patients. Car un grand nombre de personnes en ALD ne bénéficient d'aucune mutuelle, étant donné que leur maladie les empêche le plus souvent d'exercer une activité professionnelle et donc d'avoir un revenu adéquat. En matière de VIH/sida, le 100%, obtenu en 1993 par les associations après d'âpres négociations, a été la clé d'une réelle prise en charge des séropositifs. Déjà, le système a été mis à mal en 2004 avec le prélèvement forfaitaire d'1 euro par visite chez un médecin, puis par une réforme des protocoles de soins liés aux ALD, et enfin par les franchises médicales en vigueur depuis le 1er janvier 2008. Pour certaines pathologies, les dépenses restant hors du 100% pouvait être de l'ordre de 600 euros par an. Si cette mesure était adoptée, les patients seraient encore une fois pénalisés en raison de leur maladie. Frédéric Van Roekeghem présentera ses propositions jeudi prochain au ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth.Photo: DR.

















