Roselyne Bachelot "effrayée" par les chiffres de contamination du sida chez les gays
La ministre de la Santé s'inquiète des nouvelles contaminations dans cette population, au moment de lancer la Journée mondiale contre le sida.
À quelques jours de la Journée mondiale contre le sida (samedi 1er décembre), Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a exprimé son inquiétude vis-à -vis des populations les plus touchées par l'épidémie de sida, et en premier lieu, les homosexuels, "la seule population pour laquelle on n'observe pas de diminution des nouveaux diagnostics" de contamination. Plus d'une découverte sur quatre concerne une personne contaminée par rapports homosexuels. Plus d'un homosexuel sur dix se déclare séropositif, selon l'InVs (lire dossier), et le nombre de nouveaux diagnostics rapporté à la population homosexuelle française est près de 70 fois plus élevé chez les gays que dans la population hétérosexuelle. "Je suis effrayée par ces chiffres", a déclaré la ministre.
Regrettant "l'augmentation préoccupante des pratiques à risque", elle veut "bénéficier de l'expérience des associations" pour relancer la mobilisation des acteurs, a-t-elle ajouté. "et on pense surtout aux homosexuels et bisexuels à partenaires multiples dont les prises de risques, conscientes ou non, sont nombreuses", "Je pense aussi aux transsexuels dont l'image est trop souvent réduite à celle de la prostitution, et dont on connaît la vulnérabilité face à l'infection du VIH."
"D'autres indicateurs sont préoccupants, a encore noté la ministre, en particulier la fréquence des infections sexuellement transmissibles." Ainsi pour la syphilis, dont les diagnostics ont augmenté en 2006, et dont les trois quarts concernent les homosexuels. La quasi totalité des cas de lymphogranulomatose vénérienne est diagnostiquée parmi cette population.
La conférence de presse du lundi 26 novembre, au ministère de la Santé, a été l'occasion de lancer un nouveau film de prévention de l'Inpes, qui sera diffusé en télévision et au cinéma à partir du 1er décembre. Ce spot présente le sida comme le "troisième partenaire" lors des pratiques à risques, et représente notamment des homosexuels. Une campagne est lancée autour d'une photo de l'artiste Nan Goldin (photo), sur le thème "Le VIH est toujours là . Protégez-vous".
L'expérimentation des tests de dépistage rapide du VIH a été abordée comme l'un des objectifs du ministère pour l'an prochain. Mi-décembre, la direction générale de la santé va définir un protocole de recherche pour faire avancer ces tests, qui permettent d'obtenir un résultat en 20 minutes à partir d'une goutte de sang ou de la salive. L'expérimentation, selon Mme Bachelot, vise notamment à favoriser le dépistage parmi les gays qui ne se rendent pas dans les centres dédiés. Elle a toutefois différencié les tests rapides des autotests (hometests) parfois proposés sur Internet, dont le manque de fiabilité a été mis en avant.
Enfin, concernant le don du sang, Roselyne Bachelot "souhaite que la population homosexuelle puisse y accéder" (pour l'heure, les gays sont interdits de don du sang). Un groupe de travail s'est réuni "récemment", et des préconisations devraient en sortir "sous quelques jours".
Lire aussi notre dossier "Les gays luttent-ils toujours contre le sida?" dans Têtu n°129, actuellement en kiosques, avec notamment l'interview exclusive de Roselyne Bachelot.











