Rassemblements contre les franchises médicales ce week-end
Les manifestants ont déposé des boîtes de médicaments vides devant une vingtaine de préfectures en France.
Des centaines de personnes ont participé samedi 12 avril à Paris et dans plusieurs villes de province à des rassemblements contre les franchises médicales instaurées par le gouvernement. Elles répondaient à l'appel de Bruno-Pascal Chevalier (photo), un malade du sida en grève de soins depuis sept mois avec le soutien d'associations de malades et de partis de gauche. "Pas de taxes sur nos vies", proclamait une banderole noire brandie devant le ministère de la Santé à Paris. Les manifestants ont déposé des boîtes de médicaments vides devant une vingtaine de préfectures en France.
"Pour la plupart d'entre nous, un euro ça peut paraître pas grand-chose, mais pour ceux qui ont besoin de consommer dix médicaments, ça fait dix euros et quand on n'a pas beaucoup de revenus ça fait lourd, a déclaré le porte-parole du Parti socialiste Julien Dray. Donc, c'est une inégalité supplémentaire contre la maladie", a-t-il ajouté.
Pour sa part, Bruno-Pascal Chevalier a déclaré ce week-end: "Tous ces malades qui aujourd'hui témoignent de leurs difficultés pour pouvoir se soigner, tous ses malades qui demandent que nous conservions l'esprit de solidarité et les principes la sécurité sociale réclament également que nous poursuivions l'action. En province, certains ont déjà prévu d'occuper les caisses de Sécurité sociale. Cette idée est interessante." Il interpelle une nouvelle fois le gouvernement et Roselyne Bachelot, ministre de la Santé.
Interrogée à ce sujet hier, dimanche 13 avril, au Grand jury d'RTL, Roselyne Bachelot a déclaré qu'elle "ne concluait rien" de la participation aux rassemblements du week-end ("il y avait fort peu de monde", affirmait le journaliste Étienne Mougeotte qui l'interrogeait à ce sujet). "Je sais l'effort que représentent les franchises pour un certain nombre de nos compatriotes", a-t-elle déclaré, affirmant réfléchir à l'accès à la mutuelle complémentaire pour les malades modestes qui ne bénéficient pas de la CMU. Elle s'est une nouvelle fois déclarée attachée "au système de l'ALD" qui permet une prise en charge à 100% des maladies évolutives: "un acquis social sur lequel il convient de ne pas revenir. On ne pourra le garder qu'en réfléchissant à des pistes pour que ces dépenses restent soutenables" par le système de santé.
Photo: Act Up-Paris.











