Les différents cancers gynécos : Cancer du sein. Ennemi n°1
La plupart des cancers dits "féminins" peuvent être prévenus par un dépistage régulier et quelques règles d'hygiènes de vie. Le point sur des maladies pas toujours bien connues.
La plupart des cancers dits "féminins" peuvent être prévenus par un dépistage régulier et quelques règles d'hygiènes de vie. Le point sur des maladies pas toujours bien connues. Qui est touché? Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent en France et la première cause de décès par cancer chez la femme. Il représente 35,7 % des cancers féminins. En France, 42 000 femmes découvrent chaque année qu'elles sont victimes d'un cancer du sein (tumeur maligne qui se développe sur la glande mammaire). Un chiffre en constante augmentation (+ 2,4 % par an, + 60 % en 20 ans) mais la mortalité est stagnante (4 353 décès avant 65 ans en 2000). Les pays au mode de vie " occidental " sont les plus touchés (Islande en tête). Les deux tiers des cas de cancer du sein se développent chez les femmes de plus de 50 ans. C'est pourquoi depuis 2004, le programme national de dépistage du cancer du sein invite toutes les femmes de 50 à 74 ans à pratiquer gratuitement une mammographie tous les 2 ans. Comment le détecte-t-on ?La tumeur devient palpable lorsqu'elle mesure 1 cm. Sachant qu'il lui faut environ 8 ans pour arriver à cette taille, le dépistage par mammographie est le seul moyen sûr de détecter une tumeur et de la soigner avant l'apparition des symptômes. Plus le cancer est dépisté tôt, moins le traitement sera lourd, et plus la mastectomie (ablation du sein) pourra être évitée. L'autopalpation n'est tout de même pas à négliger. Elle peut être enseignée par le gynécologue et permet de déceler les anomalies. Même si la majorité des grosseurs sont bénignes, il est important de signaler des modifications d'aspect (nodule dans le sein ou sous l'aisselle, écoulement ou aspect de la peau). Pourquoi le développe-t-on? Les causes de ce cancer restent encore floues, mais certains facteurs de risques sont reconnus. Certaines femmes sont davantage exposées en cas de premières règles précoces (avant 12 ans), de cycles courts (donc plus nombreux sur une vie), de ménopause tardive (après 55 ans), d'absence de grossesse ou de première grossesse après 35 ans, en cas de THS (traitement hormonal substitutif) prescrit pendant plus de 10 ans. Quant à l'effet de la pilule, les experts sont très partagés. Elle aurait un effet protecteur contre d'autres cancers, mais certains médecins l'impliquent directement dans l'augmentation des cas de cancer du sein. Ils préconisent donc l'emploi de contraceptifs moins hormonés et une utilisation à court terme. Quoi qu'il en soit, la pilule est officiellement contre-indiquée après un cancer du sein. L'alcool, le sucre, les graisses animales, le tabac, le surpoids, les radiations (surtout avant 30 ans) sont aussi considérés comme des facteurs de risques. Dans 5 % des cas, le facteur est génétique (anomalie sur le gène BRCA 1 ou 2). Selon Marina Touillaud, épidémiologiste à l'Institut Gustave Roussy, même si le mode de vie est difficile à étudier, on peut noter certains effets de l'alimentation. Parmi les effets "probablement protecteurs": la consommation de légumes verts, de phyto-oestrogènes (soja), de vitamine C et de fibres. À noter également : un allaitement maternel prolongé protège à la fois la mère (-8 % de chance par enfant allaité) et l'enfant. Comment se soigne-t-il ?Si la tumeur est de petite taille, les chirurgiens l'enlèvent (tumorectomie), ce qui permet de conserver le reste du sein. Cette opération est associée à une radiothérapie (destruction des cellules cancéreuses par radiations) et parfois une chimiothérapie (diffusion de médicaments spécifiques pour détruire les cellules atteintes) préventive. Si le cancer est détecté à moins de 2 cm, le niveau de guérison est très élevé et le traitement moins agressif. Et lorsque la tumeur est inférieure à 1 cm, sans envahissement ganglionnaire, les chances de survie à 5 ans sont d'au moins 90 %. La reconstruction mammaire est une chirurgie plastique remboursée par la Sécurité sociale. Elle est parfois réalisée en même temps que l'ablation du sein. Il est nécessaire de se faire suivre après un cancer. 15 % des femmes soignées développent un cancer sur l'autre sein. Rappel : Qu'est-ce que le cancer ? Maladie qui a pour cause une multiplication incontrôlée des cellules. Les cellules malades échappent à tout contrôle, se multiplient de façon anarchique et perdent leur spécificité. Dans certains cas, elles peuvent migrer vers d'autres endroits de l'organisme et continuer à s'y développer (on parle de métastase). Source : Ces chiffres sont issus du rapport "Evolution de l'incidence et de la mortalité par cancer en France de 1978 à 2000", par le Réseau français des registres du cancer, Francim Hôpitaux de Lyon, Institut national de la santé et de la recherche médicale, Inserm, Institut de veille sanitaire, InVS, disponible sur le site de l'InVS: http://www.invs.sante.fr/publications/2003/rapport_cancer_2003/











