Le Cameroun revient sur sa décision de faire payer les malades du sida
Le gouvernement camerounais fait machine arrière alors que des manifestations ont eu lieu mercredi, à Yaoundé et à Paris.
Le ministre camerounais de la Santé publique, André Mama Fouda, a annulé la note du 8 janvier prévoyant "la fixation des quotas semestriels de bilans de suivi biologiques subventionnés". Désormais, un patient devra payer 3000 francs CFA (4,60 euros) pour un examen, soit la même somme qu'avant la circulaire controversée. Une manfestation d'Act Up-Paris en ce sens a eu lieu hier, mercredi 20 février, devant l'ambassade du Cameroun (photo), à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
À l'appel du Mouvement camerounais pour le plaidoyer et l'accès aux traitements (Mocpat), une vingtaine de personnes avaient également manifesté mercredi à Yaoundé devant le Comité national de lutte contre le sida (CNLS). Comme à Boulogne, les militants ont dénoncé le fait que "80% des malades de ce pays ont moins de 30 euros pour vivre par mois" et réclamé un nouvel effort du pouvoir camerounais, demandant également que le ministre publie une circulaire annulant celle du 8 janvier car "le communiqué n'a pas force de loi".
Le Dr. Maurice Fezeu, secrétaire permanent du CNLS, a expliqué que le gouvernement camerounais avait voulu instaurer des quotas car, en 2007, "il y a eu plus de bilans à faire que de ressources disponibles". Un "groupe de travail mixte" doit désormais "réfléchir aux financements pour couvrir les 110.000 examens attendus pour 2008".
Au Cameroun, qui compte plus de 16 millions d'habitants, 5,5% des adultes de 15 à 49 ans seraient contaminés par le virus du sida, soit 510.000 personnes, selon l'Onusida.
Photo: Act Up-Paris.











