L'actualité du cancer du sein en France avec le Dr Brigitte Sigal-Zafrani
Un point sur l'actualité du cancer du sein en France, avec Brigitte Sigal-Zafrani, responsable du pôle de pilotage et d'évaluation en sénologie (médecine du sein) à l'Institut Curie.
Un point sur l'actualité du cancer du sein en France, avec Brigitte Sigal-Zafrani, responsable du pôle de pilotage et d'évaluation en sénologie (médecine du sein) à l'Institut Curie. En 20 ans, les chiffres du cancer du sein ont doublé (21 000 nouveaux cas en 1980 contre 42 000 aujourd'hui). Que pensez-vous du terme "épidémie" appliqué à cette maladie ?Même s'il y a une augmentation effective du nombre de cancers du sein, on ne peut pas parler d'épidémie. Le nombre de cas a augmenté du fait de l'allongement de l'espérance de vie et d'une amélioration du dépistage. Cependant, il y a peut-être d'autres raisons qu'on ne connaît pas actuellement. Notre mode de vie et surtout notre alimentation sont-ils délétères ? Peut-être, mais c'est très difficile à démontrer pour l'instant.Tous les conseils concernant l'alimentation et le cancer du sein viennent aussi du bon sens, et ne doivent pas seulement s'appliquer au cancer, mais aussi aux maladies cardio-vasculaires.Des cancers du sein sont découverts chez des femmes très jeunes. Ne pensez-vous pas qu'un abaissement du dépistage automatique serait justifié ?Le pic d'incidence du cancer du sein s'observe après 50 ans. Les cancers plus précoces existent, mais sont plus rares et souvent liés à une anomalie génétique. En abaissant l'âge de la mammographie, il ne faudrait pas exposer toutes les femmes à des rayons qui ne sont pas anodins. Il est suggéré cependant d'effectuer une première mammographie vers 40 ans, qui sert de mammographie de référence. Ensuite à partir de 50 ans, les femmes reçoivent un courrier qui les invite à participer au dépistage et faire une mammographie gratuite tous les 2 ans jusqu'à 74 ans.Quelle évolution dans les traitements ?Le traitement chirurgical permet la plupart du temps de préserver le sein grâce aux nouvelles techniques d'onco-plastie (chirurgie reconstructrice) et la radiothérapie est de plus en plus précise, ce qui permet de limiter les effets secondaires. Pour les traitements médicamenteux, en dehors de la chimiothérapie et de l'hormonothérapie qui sont plus efficaces et dont les inconvénients sont bien pris en charge, on propose aujourd'hui des traitements ciblés. L'Herceptine en fait partie. Il s'agit d'un médicament qui réduit de près de 50% la récidive d'un cancer du sein et que l'on peut proposer à 25 % des patientes car leur tumeur a une particularité biologique qui montre qu'elles répondent à ce traitement. Les cellules cancéreuses ont la particularité de se renouveler très rapidement et finissent par prendre la place des cellules saines. Dans certains cas de cancers du sein, les cellules cancéreuses possèdent à leur surface une molécule particulière qui les incite à se multiplier de plus en plus. L'Herceptine bloque complètement la multiplication de ces cellules. Mais seuls 25 % des cancers peuvent être traités par ce médicament.











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