De la prison ferme pour avoir transmis le sida: les associations protestent
Les associations de lutte contre le sida condamnent ce jugement, au nom de la responsabilité partagée.
Un hétérosexuel de 41 ans a été condamné hier, lundi 3 juin, à trois ans de prison dont deux ferme par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir transmis le virus du sida à sa compagne. Toxicomane, il avait au début de sa relation avec elle, en 1998, accepté de mettre un préservatif avant de lui expliquer que cela le gênait. La jeune femme avait découvert qu'elle était séropositive en juin 1999. L'avocat du condamné, Me Gérard Bismuth, a indiqué lors du procès, le 7 mai, que son client niait complètement sa maladie, une attitude qui pouvait expliquer, selon lui, qu'il n'ait pas averti sa compagne. Celle-ci avait déposé plainte pour tentative d'homicide involontaire et mise en danger d'autrui, mais la justice avait retenu le délit d'administration de substance nuisible ayant entraîné une infirmité ou une incapacité permanente.Les associations de lutte contre le VIH condamnent cette décision de justice, au nom de la responsabilité partagée dans le cadre de relations sexuelles. "Ces condamnations nourrissent le silence plutôt qu'elles ne le combattent", estime Act Up-Paris, pour qui "ce que dit ce jugement, c'est qu'il n'est toujours pas simple de dire aujourd'hui sa séropositivité dans notre pays". "Ni victimes, ni coupables: ce slogan historique d'Act Up-Paris est plus que jamais d'actualité", estime l'association. Bruno Spire, président de Aides, estime lui aussi que "pénaliser n'est pas la solution. Nous craignons les conséquences de cette tendance. Si la répression se concentre sur les séropositifs, il y a fort à parier que les gens n'iront plus se faire dépister. Les personnes psychologiquement faibles préfèreront sans doute vivre dans l'ignorance plutôt que de se savoir contaminatrices, et donc de potentiellement aller en prison. Et c'est là le vrai danger: ceux qui ignorent leur état sont plus dangereux pour les autres que ceux qui sont traités."Photo: DR.











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