Controverse sur la transmission du VIH
Des chercheurs affirment que certains séropositifs sous traitement ne transmettraient pas le virus par voie sexuelle. Une thèse polémique.
Les déclarations controversées du Pr Bernard Hirschel, qui considère que la transmission du VIH est peu probable à partir d'un séropositif ayant une charge virale indétectable, servent déjà de recommandation de la part de la Commission fédérale suisse pour les problèmes liés au sida (CFS). Dans une communication destinée aux médecins, la CFS estime pouvoir affirmer que les personnes séropositives au VIH sous traitement antirétroviral, dans certaines conditions garantes de l'efficacité du traitement, ne sont pas susceptibles de transmettre le virus par voie sexuelle. En effet, des études épidémiologiques montrent que l'utilisation des traitements puissants actuels réduit le risque de transmission de 60% à 80% dans les populations étudiées. C'est un concept qui est de plus en plus discuté dans la communauté scientifique et certains chercheurs pensent même qu'un traitement antirétroviral puissant, pris avec régularité et sous contrôle médical, pourrait être une voie de prévention non négligeable. Hier, le Conseil national du sida a néanmoins réagi aux recommandations suisses en rappelant que les études présentées ne concernent qu'une soixantaine de couples suivis pendant des périodes limitées à moins de quatre ans. Même si aucun cas de contamination n'a été constaté sur ces observations, les échantillons sont trop faibles pour exclure un risque de manière suffisamment fiable. Le CNS considère donc qu'il est prématuré d'établir des recommandations qui pourraient porter de nombreuses confusions dans la communication de la prévention, car rares sont les personnes qui connaissent le statut sérologique de leur partenaire –et encore moins l'efficacité d'un traitement, si un traitement existe… Le CNS a décidé de réunir une commission de travail pour répondre à ces questions scientifiques étrangement peu évaluées par le groupe interassociatif TRT-5, dont la fonction est pourtant d'obtenir des points de consensus sur la recherche sida.











