Conférence de Mexico: la crainte du désengagement
Alors que beaucoup de personnalités internationales se sont déplacées, l'absence de membres du gouvernement français continue de choquer.
C'est dans une ambiance fort consensuelle que s'est ouverte dimanche 3 août dans la soirée à Mexico la XVIIe conférence internationale sur le sida. Chacun est venu rappeler l'urgence d'agir contre la pandémie, contre la stigmatisation, quelle qu'elle soit, donnant l'impression de discours déjà entendus et très peu suivis d'effets. De nombreux intervenants se sont ainsi succédé à la tribune avant que Peter Piot, directeur de l'Onusida, dénote quelque peu: "Don't give up the fight!", a-t-il lancé aux congressistes, en faisant un hommage appuyé à Bob Marley. Enfin, le président mexicain Felipe Calderon a fait une intervention remarquée, lorsqu'il a dénoncé le poids des discriminations dans son pays et a annoncé que son gouvernement allait améliorer l'accès aux antirétroviraux.
Depuis le début de l'épidémie, plus de 25 millions de personnes atteintes sont mortes, et aujourd'hui, 33 millions de personnes vivent avec le VIH. Et si on aime à mettre en avant les "bonnes nouvelles", comme le fait qu'actuellement 3 millions de séropositifs sont traités dans les pays en voie de développement, on oublie trop vite les mauvaises comme le fait que 9 millions de séropositifs en auraient besoin maintenant… Ou encore que les recherches sur le vaccin sont toutes abandonnées, par manque d'efficacité… Les questions à débattre et à régler lors de cette conférence sont multiples: usage de la circoncision comme outil de prévention, généralisation de l'accès aux traitements, réponses au manque criant de ressources humaines, recherche de nouvelles molécules ayant des effets indésirables moins forts, etc.
Dans ce contexte, l'absence de membres du gouvernement français, continue de choquer (lire Quotidien du 1er août). C'est la première fois qu'un ministre de la Santé boude une telle conférence, alors même que de nombreuses personnalités politiques, notamment d'Afrique ont fait le déplacement… La crainte du désengagement, des États notamment les plus riches, de l'industrie pharmaceutique, de la société civile, s'entend ici ou là . Pourtant l'épidémie n'a jamais été aussi importante et continue de poser des défis majeurs au monde entier.
Photo: Affiche d'Act Up-Paris stigmatisant l'absence de Roselyne Bachelot (DR).











