Rupert Everett: «Si vous êtes acteur, restez dans le placard!»
Nouvelles déclarations tonitruantes de Rupert Everett: il conseille aux stars gays de ne pas faire leur coming out. Et raconte pourquoi Madonna refuse de lui adresser la parole…
A force de propos à l'emporte-pièce, Rupert Everett ne s'attire plus la sympathie de grand monde. Dommage! On a beaucoup aimé cet acteur anglais classieux, dans Another Country, dans Etrange séduction ou, bien sûr, comme pote gay de Julia Roberts dans Le mariage de mon meilleur ami puis de Madonna dans The Next Best Thing. Ou encore comme icône du parfum «Opium» d'Yves Saint Laurent. Mais récemment, il ressemble plutôt à notre grand-mère acariâtre. Il compare Hollywood à Al Qaïda, dit que la GPA pour les gays, c'est «de la merde» ou que «Michael Jackson était un monstre». Charmant…
«Etre gay et acteur, ça ne marche pas.»
On ne sera donc pas surpris de sa dernière déclaration, dans une interview au journal anglais The Guardian. «Le fait est que vous ne pouvez toujours pas avoir 25 ans, essayer de percer comme acteur dans le système anglais, américain ou même italien, et être homosexuel», lâche-t-il. «Ça ne marche pas, il y a un moment où vous vous heurtez à un mur. Vous tournerez un peu, mais au premier signe de faiblesse vous serez coupé dans votre élan.»
Bien sûr, en disant cela, Rupert Everett parle avant tout de lui. Il est vrai que son propre coming out ne lui a pas porté chance… D'ailleurs, il enchaîne: «Et j'en ai marre de dire que c'est de ma faute. J'ai essayé à certains endroits, quand ça n'a plus marché j'ai essayé ailleurs… Mais la vérité c'est que ça ne marche pas si vous êtes gay. Et peut importe si l'on me contredit: je ne conseillerais pas à un acteur gay de faire son coming out, s'il veut faire carrière. Et c'est pire maintenant que ça ne l'était avant. (…) Un acteur gay ne peut plus jouer que des rôles de travesti.» Matt Bomer saura peut-être «apprécier» le conseil…
«Madonna ne me parle plus.»
Dans la même interview, Rupert Everett évoque aussi le rôle pour lequel il a été, peut-être, le plus connu en Amérique: celui de meilleur ami gay de Madonna… dans la vraie vie. Sauf que ce rôle-là s'est arrêté lorsque Madonna a lu son autobiographie, Red Carpets and Other Banana Skins, parue en 2006, dans laquelle Rupert ne ménage pas sa «copine». «J'ai pourtant l'impression d'avoir été très affectueux avec elle. Mais elle l'a pris comme un empiètement sur sa vie privée.»
Madonna, «un éléphant» qui «n'oublie jamais»
«Affectueux»? Qu'on en juge ici: «Elle avait les lèvres pulpeuses d'une star du cinéma muet, et c'était évident qu'elle venait de sucer la bite de Sean Penn avant le repas. Elle puait le sexe et cherchait à stimuler sexuellement tout le monde, y compris les gays», écrivait-il sur sa première rencontre avec Madonna. Et sur ce qu'elle était devenue quelques années plus tard: «Comme l'Amérique, tout chez Madonna avait changé. Et ce qui avait changé était enveloppé dans du papier alu psychologique et stocké au fond de son frigo intérieur. Parfois, dans un moment de stress, le côté "vieille serveuse grincheuse" de Madonna remontait, et elle se mettait à hurler toute seule dans une pièce.»
«Je n'ai fait aucune révélation», se justiifie aujourd'hui Rupert Everett. «Mais des déesses comme elle, obsédées par leur image, veulent tout contrôler, et il n'y qu'elle qui a le droit de parler d'elle.» Est-ce qu'elle lui a pardonné depuis? «Non.» Vraiment? «Un éléphant n'oublie jamais.» Est-ce qu'elle fait semblant de faire la tête pour plaisanter, ou est-ce qu'elle lui en veut vraiment? «Elle ne me fait plus confiance.»
«J'aimais être pédé quand c'était illégal»
Enfin, pour ne pas faillir à sa propre tradition, de battre en brèche les avancées des homos vers l'égalité des droits, Rupert Everett fustige les unions civiles au Royaume-Uni: «Si vous voulez d'un mariage célébré par une vache londonienne désagréable, faites-vous plaisir, et je suis content pour vous. Moi, j'aimais être pédé quand c'était illégal. J'avais l'impression d'être un outsider.»
Un outsider, Rupert Everett l'est redevenu, sans aucun doute: il devait incarner l'inventeur du godemiché dans le film Hysteria (lire notre article). Aux dernières nouvelles, le projet est au point mort…
Photos: DR.




















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De laurent paris
C'est triste à dire, mais je crois qu'il a raison sur les acteurs gays.
J'admire ceux qui font leur coming out tres tôt, ça fait avancer les mentalités, mais souvent, ça flingue aussi leur carriere.
Faut pas se mentir, les jeunes acteurs vendent surtout du sexe. Faire son coming out c'est se fermer beaucoup de portes: les jeunes filles en fleur (comprendre les midinettes hysteriques) fantasment moins sur eux et, dans le creneau film d'action, les mecs heteros ont encore du mal à s'identifier à un pédé.
Il ne reste plus que les rôles d'homos, beaucoup plus rares, souvent secondaires et stereotypés. Et même là ils sont concurrencés par les acteurs heteros qui peuvent se permettre de jouer un gay (et encore, pas trop souvent) et seront applaudis, y compris par les homos.
C'est pas juste mais pour l'instant c'est comme ça.
Il n'y a que pour les acteurs plus agés comme Ian McKellen ou ceux dont la carriere repose sur des roles asexués que cela ne fait pas de difference.
La meilleure strategie consiste peut être à faire son coming out au sommet de sa gloire, quand on a joué tous les rôles qu'on voulait. Mais peu d'acteurs arrivent à ce stade, finalement, et il ne faut pas avoir peur de voir tout s'arreter du jour au lendemain.
Quant à Matt Bomer, le soi-disant contre exemple de l'article, je ne crois pas que le cas d'un acteur télé élu "star montante la plus sexy du moment" par un magazine qui passe sous silence son homosexualité supposée (il n'a pas fait de coming out officiel) soit trés parlant. Il faudrait aussi voir ce que donne sa carriere sur la durée...