Ludovic Canot: «Pourquoi j'arrête le porno»
INTERVIEW EXCLUSIVE. La nouvelle va choquer ses nombreux fans, mais c'est la triste réalité: la star française du X quitte les plateaux de tournage. L'occasion pour TÊTU de revenir avec lui sur une carrière bien remplie et de distiller au passage quelques confidences sur l'envers du porno.

Avec son physique de « boy next door » et sa barbe de trois jours, ce jeune français de 28 ans a réussi l’une des plus belles carrières du porno gay. De Falcon à TITAN en passant par Citebeur, il a travaillé pour les plus grands studios et s’est offert aux plus beaux acteurs. En exclusivité pour TÊTU, il revient sur une carrière bien remplie et distille au passage quelques confidences sur l'envers du porno.
TÊTU: Pourquoi as-tu décidé de mettre un terme à ta carrière porno?
Ludovic Canot: J'étais arrivé à la fin de mes années pornos. J’ai fait le tour. J’ai bossé pour les plus grands studios, j’ai tourné avec quasiment tous les acteurs que je voulais. Il est temps pour moi de passer à autre chose.
C’est un arrêt définitif alors?
Je ne veux surtout pas faire comme la plupart des acteurs pornos qui disent «J’arrête » et qui remettent ça trois mois après parce qu’ils ont besoin d’argent. Cette détermination fait partie de ma personnalité, je crois. J’ai fait du porno et je l’ai fait à fond. Au moment où j’ai pris la décision d’arrêter, j’ai eu plusieurs propositions de tournages très alléchantes. Je les ai toutes déclinées. Ma décision était prise.
Dans tes films, tu as quasiment toujours été passif, non?
Sur 60 scènes, je crois que j’ai été 57 fois passif. (Rires) Mais c’est comme ça que je baise aussi! En tant que consommateur de porno, j’aime que les mecs soient tout l’un ou tout l’autre. J’aime les frontières. Bon, être passif m’a aussi valu quelques sueurs froides! Avec Barrett Long (29 cm, NDLR), j’ai failli arrêter le tournage tellement j’avais mal! Pourtant c’est moi qui avais insisté pour tourner avec lui! Pendant la scène il me disait «Alors comme ça c’est toi qui voulait tourner avec moi, hein?». Je le voulais, je l’ai eu! Après, il m’a offert son gode avec un petit mot: «Keep practicing!» («Continue de t'entraîner»).
Le porno a-t-il eu une influence sur ta libido?
Ce qui a changé, c’est le regard que je pose sur moi, mon corps et mon rapport à la sexualité. D’un point de vue strictement sexuel, le porno ne m’a rien appris. A part peut-être l’endurance! Je n’imaginais pas que le tournage d’une scène puisse être aussi long! Pour Desperate househusbands 2 j’ai tourné une scène de 5 heures dans un sauna à Budapest! Il faut dire qu’on était cinq. On a commencé à 5 heures du matin et il fallait avoir fini à 10 heures parce que le sauna ouvrait… Intense! Sinon je dirais que le porno a apporté un certain équilibre dans ma vie privée. Concrètement, je n’avais pas envie d’un plan à quatre le week-end! J’avais envie de choses plus calmes. Mais depuis que j’ai arrêté de tourner je t’avoue que tout ça revient! (Rires)
Tu n’as jamais appartenu à un studio. On ne t’a jamais proposé de contrat d’exclusivité?
Non. Peut-être qu’au début j’étais un peu déçu de ne pas avoir un contrat d’exclusivité. Mais au final, cela m’a permis de jouir d’une totale liberté. Surtout je ne pense pas que j’aurais autant voyagé si j’étais sous contrat. Les tournages m’ont amené à Tel Aviv, Athènes, Gran Canaria, Los Angeles… Si on m’avait proposé une exclusivité j’aurais été flatté, mais je pense que j’aurais décliné l’offre.
Ton meilleur souvenir de tournage?
Cazzo à Berlin. On s’est battu avec des gâteaux. C’était très jouissif. J’avais 4 mecs pour moi tout seul dont un avec un masque de cochon dont je n’ai découvert le visage qu’une fois la scène terminée. Très excitant ! Sinon les voyages, bien sûr. Je ne pensais pas que le porno m’emmènerait jusqu’en Israël par exemple ! A ce moment-là je me suis dit « Ce que je fais est génial !». Et puis il y a eu la cérémonie des Hustlaball Awards en octobre dernier où j’ai reçu le prix du Meilleur performer de l’année. J’étais à Berlin avec mon meilleur ami, je savais que j’arrêtais le X. C’était un moment fort.
Moins bon souvenir ?
Je ne vois pas. Peut-être quelques altercations avec un studio Français sur le montant de ma rémunération.
Certains labels sont tentés par l’idée de produire des films «unsafe» mais ta carrière est exemplaire d’un point de prévention, quelle était ta politique en la matière?
J’ai toujours tourné avec capote. Je suis aussi comme ça dans la vie privée. Lorsque j’ai tourné pour Belami en juillet dernier, beaucoup de gens se sont émus notamment sur mon blog sur TÊTU.com. «Belami fait du bareback attention!». Lors du tournage, j’ai tourné avec préservatif bien sûr, et la prod m’a demandé si j’étais d’accord pour que le mec éjacule dans ma bouche, j’ai dit que non, ce n’était pas mon truc. Ils ont un peu insisté «Tu sais, c’est notre marque de fabrique!». Au final, le mec m’a éjaculé sur le torse. Mais pour tout dire, je ne savais pas que Belami était passé au bareback.
Des regrets ?
Un seul: ne pas avoir tourné pour Chichi LaRue! C’est mon grand regret. On était en contact mais à chaque fois elle demandait un papier que je ne pouvais pas avoir. Mais d’un autre coté, je suis très fier d’être au générique du dernier film de Jean-Daniel Cadinot! On ne peut pas tout avoir!
On sait que les stimulants sont monnaie courante dans le X, tu as essayé quoi?
Apparemment, j’étais plus Cialis que Viagra, ça fait moins mal à la tête. A Budapest, j’ai essayé l’injection dans le pénis. C’est sûr c’est efficace! Elle est comme ça pendant 5 heures! (Il cogne du poing sur la table en guise de métaphore). J’ai d’abord regardé les autres acteurs le faire. La prod avait tout prévu, des seringues stériles pour chaque mec. Ils ont tous reçu une injection. Après il faut masser la bite trois fois pour repartir le produit. Comme je suis plutôt curieux, j’ai essayé. Disons que ça la «cimente», en fait! Elle est très dure mais elle fait un peu morte! (Rires) Evidemment on a beaucoup moins de sensations, mais l’avantage c’est que l’on peut se focaliser sur d’autres choses que son érection pendant la scène.
Ton plus gros cachet?
2.200 dollars, pour un grand studio américain. Aux États-Unis, les cachets sont à quatre chiffres. J’ai l’impression que les autres acteurs étaient peut-être mieux payés que moi mais bon… Les studios refusent que les mecs discutent entre eux du montrant de leurs cachets et c’est normal, ça pourrait créer des tensions. Financièrement, c’était quatre années correctes. Je gagnais assez ma vie pour être libre de faire ce que je voulais et d’être disponible si un studio me contactait. Mais contrairement à 99% des acteurs porno, je n’ai jamais été escort.
Tes projets ?
J’ai commencé l’écriture d’un livre inspiré de mon parcours. J’y raconte quelques anecdotes de tournages et livre quelques secrets de cette industrie… Sinon, j’avoue que l’univers de la télévision m’attire beaucoup! J’aimerais bien travailler pour l’émission de Morandini sur Direct8! Être chroniqueur people ou musique. Vu mon CV, je sais que ça peut être difficile. Mais je suis quelqu’un de foncièrement positif. Je crois en mon avenir et je crois en moi!
Photos: Eric Scot, Barry Muniz, Bertrand Lepluart.
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LES CHAÃŽNES 














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De oum-bearto
bonne chance ludovic pour ta reconversion! vu ton état d'esprit je suis sûr que tu trouveras ce qui te convient...