DANS LE VESTIAIRE DES FILLES. «Les filles sont magnifiques». C'est Adriana qui nous l'a dit!
CHRONIQUE. Ligue des Champions, finale du Challenge de France, 40 ans du football féminin... Le timing était parfait pour s'entretenir en exclusivité avec Adriana Karembeu, la nouvelle ambassadrice du ballon rond pour les filles.
L'OL en finale de la première édition de la Ligue des Champions féminine, jeudi dernier à Madrid. La finale du Challenge de France, l'équivalent de la Coupe de France, ce dimanche à Evry-Bondoufle. Le football féminin hexagonal, qui célèbre ses quarante ans ces jours-ci. Pas de doute, la fin de semaine est au football et aux filles. Marinette Pichon, Mia Hamm et Keira Knightley (Raah, «Jules» dans Joue-là comme Beckham!) nous avaient montré la voie du début de médiatisation de la discipline. D'autres vont, enfin, peut-être leur succéder auprès du grand public. Grâce à Adriana Karembeu.
Oui, oui, souvenez-vous, il y a quelques semaines ici même, nous vous avions parlé de sa nomination par la Fédération française de football (FFF) comme ambassadrice du football féminin. Un poste que la belle jurait être à son goût. Une position que certains mâles ont eux aussi trouvé au leur: l'image de la femme dans le sport ainsi renvoyée ne les mettait pas en danger, pensaient-ils. Une «glamourisation» dans l'air du temps (après le hand, le basket, le volley et leurs joueuses dénudées dans des pubs et des calendriers) et bonne à prendre, s'interrogeait-on ici? Du coup, à TÊTUE, nous avons eu envie de vérifier par nous-mêmes. Et de soumettre au grill de nos questions la principale intéressée.
Rendez-vous à l'hôtel avec Adriana
Rendez-vous fut donc pris dans un hôtel parisien avec Adriana Karembeu histoire de parler foot. Première constatation: même fatiguée (elle revenait tout juste de Cannes), la Slovaque aux jambes interminables est très belle. Deuxième constatation: Adriana, ce n'est, justement, pas que des jambes, des yeux et un sourire de blonde. C'est aussi un cœur et, au-delà, une intelligence qui lui permet de ne pas être dupe de sa fonction d'objet du désir.
Comme il n'était pas question de dilapider une partie du temps qui nous était imparti à vanter les mérites de Wendie Renard ou de Lotta Schelin, autant entrer direct dans le vif du sujet. Dites Adriana, est-ce qu'en acceptant ce rôle d'ambassadrice, vous ne faites pas la part belle aux préjugés sexistes? «C'est une cause féministe que je défends avec plaisir», assène-t-elle. Et elle développe son propos: «Cela fait 40 ans que le football féminin existe en France et c'est l'occasion de remercier les personnes qui luttent pour son existence. Mais la place donnée aux femmes n'est pas encore suffisamment importante. Il faut élargir le combat pour qu'elles puissent devenir présidente, arbitres...»
«Donner une place à la femme peu importe sa sexualité»
Et, dites encore Adriana, vous savez que dans la réalité, il y a beaucoup de lesbiennes dans le foot? C'est un peu loin de l'image que la FFF souhaite renvoyer avec vous, non? «Oui, reconnaît-elle, mais moi je pense qu'il faut donner une place à la femme-«femme», peu importe sa sexualité! Est-ce qu'on est vraiment aussi coincé que ça aujourd'hui? Les gens ont des préjugés... J'ai envie de dire aux petites filles qui veulent faire du foot: mettez votre tenue, venez essayer ce sport, vous allez voir, vous aller "kiffer"! Il faut casser les préjugés. Les filles qui jouent au foot sont jolies, magnifiques et le jeu est très tactique.»
D'accord, d'accord, mais... en ce cas, Adriana, pourquoi être encore obligée, pour attirer l'attention, de menacer -sur le ton de la plaisanterie- de vous déshabiller? «J'ai un métier de rêve en tant que mannequin, explique-t-elle, je gagne plus qu'un homme, je domine les hommes, mais je sais que c'est une exception. Pour le reste des femmes, c'est le contraire. Alors, pour attirer l'attention, qu'est-ce qu'on ne ferait pas? Aujourd'hui, il faut choquer. Je suis désolée que cela marche comme ça mais parfois, c'est l'ultime solution.»
Elle aide les malades du sida, les médias trouvent ça «trop triste»
Avant d'ajouter, lucide : «Je suis ambassadrice de la Croix Rouge depuis onze ans et je vais en Ukraine, pour aider des malades du sida, mais les médias ne me suivent pas car c'est "trop triste", disent-ils... Pour le foot féminin, j'aimerais bien trouver quelques solutions avant de me déshabiller (rires)!»
Avant de terminer, un message pour les lesbiennes qui vous lisent, Adriana? Oui. Elle dit :«La jeune lesbienne doit vivre sa vie comme elle en a envie, elle doit tenir bon. On n'a qu'une seule vie, et la meilleure façon c'est de profiter à fond. On trace son chemin et on n'écoute pas les gens bêtes. Il faut les éduquer différemment pour que l'on n'ait plus à rencontrer ce genre de bêtises.» Et ça vaut aussi pour le foot féminin. «En Allemagne, en Suède, aux Etats-Unis, les femmes ont leur équipe de football et elles sont soutenues, conclut Adriana Karembeu. En France, les garçons pensent que tout doit d'abord être pour eux...»
Propos recueillis par Ursula Del Aguila











LES CHAÃŽNES 














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De Betabondieu
Les joueuses de football ont de l'avenir dès lors que le public masculin va commencer à s'y intéresser. Cela ne va pas tarder car elles sont de plus en plus techniques.