TÊTUE BLOG: «Les lesbiennes sont sympas» selon Johanne
La présentation des blogueuses de TÊTUE continue. Cette semaine, «Les lesbiennes sont sympas», le blog de Johanne qui observe et croque avec humour le monde lesbien.
Pourquoi avoir choisir comme nom de blog «Les lesbiennes sont sympas»?
J'ai choisi le nom en référence au gimmick de Max Ménier «les routiers sont sympas» avec le côté très caricaturale de la lesbienne «camionneuse». Ceci afin de donner le ton de la caricature, de la parodie, de la bonne humeur. Les articles de mon blog se basent jusqu'ici sur mes observations et réflexions du monde lesbien, en les tournant à la dérision, afin de mieux faire passer certains messages (tout est basé sur la réalité, choses vécues, etc.). J'ai beaucoup de chances car les filles adorent mes textes, et je reçois de leur part beaucoup de compliments.
As-tu l'impression que les filles sont aujourd'hui plus présentes dans le monde de la nuit à Paris et en région?
Je trouve que les lesbiennes sont très dispersées aujourd'hui dans leur mode: tu as les «fashions-lunettes de soleil-coupe Lara Fabian», les «androgynes-chemise bucheronne jean moulant», les «masculines-chemise de mec-pantalon cintré-veste», les «passe-partout-lookées C&A, Marks&Spencer», les «tatouées-jeans bas des fesses-marcel-lunettes de soleil», et ça que ce soit en Province ou à Paris. Elles sont très présentes dans la nuit parisienne car elles ont des styles variés, des goûts musicaux variés, et les soirées qui leur sont destinées poussent comme des champignons car il y aura toujours un public pour elles. Ce sont des soirées qui fleurent bon l'argent, depuis que les endroits lesbiens ont fermés. D'ailleurs, les dents sont bien acérées pour savoir quelle va être la plus grosse soirée lesbienne, alors que chacune est différente, puisqu'adressée à un public différent. En province, c'est plus difficile d'offrir un tel choix... il y a peu d'endroits où faire ces soirées, et les lesbiennes ont moins le choix qui correspondrait le mieux à leur univers. Cependant de nouvelles soirées se montent du côté de Marseille, Lyon et Lille.
C'est quoi le concept des soirées Womexx? Ce qui vous différencie des autres?
Le concept des soirées Womexx est parti d'une bande de copines qui ne trouvaient pas leur bonheur dans les soirées proposées ni dans les boîtes. Ca a démarré de manière très confidentielle avec une centaine de filles (copines de copines), puis ça a pris de l'ampleur grâce au bon esprit convivial qui y règne. La musique généraliste aidant, la Womexx a finit par trouvé sa place dans les soirées lesbiennes parisiennes en répondant à une large demande (dont j'étais sûre avec mon expérience de Chez Moune basée sur ce même principe). Dès mon départ du cabaret annoncé, elle m'ont tout de suite contactée pour animer la Womexx. Emballée par leur fraîcheur et leur spontanéité, j'ai décidé qu'en plus j'allais m'occuper de créer leur groupe Facebook et leur apporter ma clientèle. La fête de samedi prochain (10 octobre) signe le grand retour d'après les vacances, et la soirée connaît déjà un large écho auprès des filles....Ce qu'on propose de différent est le côté populaire sans être «beauf», l'ambiance et la musique, la clientèle est uniquement féminine, de 25 à 45 ans, les caves St Sabin ont un décor moyenâgeux, très original, et des tarifs de boissons (de 5 à 8 euros) qui facilitent le mouvement!
Ce qui te paraît important aujourd'hui dans le monde lesbien...
Il y a beaucoup de différences entre la lesbienne d'hier et celle d'aujourd'hui. C'est très «tendance» d'être bi, et les revendications homosexuelles se sont fortement apaisées. Je n'ai plus l'impression d'appartenir à un mouvement solidaire pour revendiquer l'identité lesbienne. Et c'est bien dommage. Maintenant, la Marche des fiertés est devenue un moment de franche rigolade, et l'on en oublie pourquoi on a eu besoin de défiler: La dépénalisation de l'homosexualité et la revendication aux mêmes droits! Les lesbiennes d'aujourd'hui ne savent plus qu'on enfermait les consoeurs dans des hôpitaux psychiatriques pour homosexualité! Que le génocide des juifs avec leur étoile jaune pendant la guerre a concerné aussi les homosexuels avec leur triangle rose. On vit encore du «casse de pédé» de nos jours, des viols de lesbiennes en raison de leur homosexualité... mais je ne sais pas si la communauté se sent concernée, en tout cas, elle ne le fait pas assez savoir.



















