L'homosexualité passée au crible du «Monde des Religions»
REVUE DE PRESSE. Le mensuel consacre son numéro d'été au sexe dans les textes sacrés, et se penche notamment sur le traitement de l'homosexualité. Entre condamnation, hypocrisie, et quelques rares évolutions positives...
Dans son numéro d'été, Le Monde des Religions consacre «une enquête sur l'homosexualité», intitulée «condamner l'acte, pas les personnes». On dirait du Boutin... Mais l'article en question constate que «si l'interdit doctrinaire prédomine encore, certaines branches progressistes relancent le débat et ouvrent leurs communautés aux gays et aux lesbiennes». De quoi chambouler certains catholiques fervents !
Ce qui n'empêche pas Le Monde des Religions de souligner que «pour le monothéïsmes issus de la révélation abrahamique - judaïsme, christianisme, islam - et pour le bouddhisme, le rejet de l'homosexualité a toujours été, au cours des siècles, un terrain d'œcuménisme commode».
«Une abomination»
L'article rappelle, qu'à l'origine, la condamnation de l'homosexualité dans le judaïsme et le christianisme s'appuie sur deux textes du Lévitique 18-20, un pan du code de la Sainteté rédigé au Ve siècle avant notre ère : «Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme, ce serait une abomination» (18, 22) ; «Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme (...) ils seront mis à mort» (20, 13).
Le texte qui fonde véritablement l'homophobie chrétienne est le récit de la destruction des villes pécheresses de Sodome (qui donnera les termes «sodomites» et «sodomie») et Gomorrhe (Genèse 19). Le Monde des Religions raconte : «Cet épisode biblique, dont l'interprétation est discutée, relate l'arrivée à Sodome de deux hommes, envoyés de Dieu, à qui Loth, frère ou neveu d'Abraham, offre refuge pour la nuit». Ce qui déclenchera la colère de la population... Voilà pour les interdits des origines, actualisés au Moyen-âge par les spécialistes de la théologie morale, notamment saint Thomas d'Aquin, qui jugèrent alors l'homosexualité «contre nature».
«Homosexualité répandue dans les monastères»
En 2008, c'est le pape Benoît 16 qui en rajoute une couche en dénonçant la confusion des genres sexuels, qui conduit selon lui à «l'auto-émancipation de l'homme de la Création et du Créateur». «L'homme vit ainsi contre la Vérité, contre l'Esprit créateur», déplorait-il. C'était juste après le refus du Vatican de s'associer à l'appel lancé par 66 pays pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité... Le Monde des Religions en profite pour rappeler que cette homosexualité est «pourtant répandue et tolérée dans le clergé chrétien, au sein des monastères et des séminaires. Un secret de Polichinelle que la virulence des condamnations de l'institution ne parvient pas à occulter : par peur du scandale, l'Eglise reste aujourd'hui prisonnière de cette contradiction».
Commentaire du père Jacques, 77 ans, qui vit avec son compagnon depuis quarante ans : «J'ai mis vingt ans à en parler librement. Mais je sais toute la liberté de conscience que m'a donnée ma situation, c'est le plus important des messages du Christ. Prônée par les Evangiles, elle a été confisquée par les clercs, des hommes qui vivent en dehors du travail et de la sexualité, et qui décident pourtant pour tout le monde, vous trouvez ça normal ?» Bah, nous, non !
Le Monde des Religions n°36, numéro double juillet-août, 6€.
Illustration (Saints Serge et Bacchus de Rasafa): DR.












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De Phil86
je crois que je préfère encore une religion qui la condamne clairement, au moins ça a le mérite d'être clair, qu'une religion HYPOCRITE comme le catholicisme qui prétend être compréhensive et tolérante, alors qu'elle fait tout le contraire, et "condamner le péché mais pas le pécheur", c'est à dire condamner l'acte homosexuel mais pas la personne homosexuelle, alors même que sans l'expression concrète librement exercée de notre sexualité nous ne sommes pas pleinement nous-mêmes... dire aux homos qu'on les accepte à condition qu'ils ne pratiquent pas leur sexualité relève de l'hypocrisie et du "faux-culisme" les plus abjects...
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De épicure
Choisir entre la peste et le choléra ?
Je laisse chacun à sa liberté de choix.
Pour ma part, j'ai fait le mien et je laisse toutes les religions face à leur même obscurantisme. Vive l'athéisme!
On n'a pas besoin de maître à penser et de religion pour se conduire dans le respect de l'autre ou comme disait Brassens : " Gloire à celui qui comme idéal sacro-saint, se borne à ne pas trop emmerder son voisin."
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De Phil86
j'ai connu un phase de grande religiosité quand j'avais 20 ans, au point de faire un an de séminaire ^^ (au passage, je confirme la forte présence des homos dans les séminaires et donc dans les presbytères !) mais j'ai rapidement claqué la porte de l'Eglise étant donné que plutôt que de m'aider à assumer mon homosexualité elle m'incitait à faire tout le contraire !! j'en ai perdu la foi et je pense être devenu quasiment athée aujourd'hui (ou tout au plus agnostique)
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De jeanpaul
Phil86, je te rejoins sur ce plan là . D'ailleurs le pape dit bien clairement qu'il ne condamne pas les homosexuels, mais l'acte homo-sexuel. Les homosexuels sont les bienvenus dans les églises à condition qu'ils ne concrétisent pas leur sexualité. Et ce discours est repris par Vanneste et Boutin. Boutin dit bien qu'elle aime les homosexuels (sous-entendu à condition qu'ils ne vivent pas leur sexualité). Mais finalement, derrière ce rejet de la sexualité homosexuelle par l'Eglise, est-ce qu'il n'y pas aussi le rejet de toute la sexualité, même hétérosexuelle ? Eve a quand même été chassée du paradis parce qu'elle avait concrétisé l'acte sexuel. Et quand même, la femme est toujours impure dans la religion catho, parce qu'elle incite à la sexualité ? Parce qu'elle détourne de Dieu ? Ce n'est pas pour rien qu'il n'y a pas de femmes prêtre. Finalement, la sexualité hétérosexuelle est (seulement) tolérée parce qu'elle assure le renouvellement de l'espèce. Uniquement pour ça. Et d'ailleurs, c'est toute la sexualité non procréatrice qui est condamnée par la religion catho : la masturbation, l'homosexualité... Et derrière la sexualité se cache qd même la notion de plaisir. C'est bien le plaisir qui est condamné. Parce qu'il détourne de Dieu ? Je précise que je suis complètement pour la laïcité. J'ai toujours été complètement athée, mais je crois que la religion a encore beaucuop d'importance chez certaines personnes.
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De Carabistouille
Le plaisir ! waouuuh, tu as vu l'église prendre ce sentier savonneux ?
Pour l'église, point de plaisir; tu es la pour expier tout et n'importe quoi. Tu dois souffrir comme l'autre crétin sur sa croix, pour tous les pêchés du monde y compris ceux des martiens et des vénusiens réunis; même vivre est un pêché ! Souviens toi des 7 pêchés capitaix (gourmandise, paresse, luxure, etc...); tout est bon pour contrôler son prochain et assoir son pouvoir... de nuisance.
Si tu en doutais encore pour le plaisir, souviens toi du pêché d'onan qui interdit de répandre sa semence à terre (et donc l'onanisme...)