L'historique magazine gay «The Advocate» rétrogradé en simple supplément
Les nouvelles sont mauvaises pour la presse gay internationale. Après la fin de «Zero» en Espagne, le magazine historique de la communauté gay américaine devient un supplément de «Out», son petit frère lifestyle.
Au commencement il y eut Advocate. Publié dès septembre 1967 sous la forme du simple journal d'une association de Los Angeles, Personal Rights in Defense and Education (PRIDE). Devenu organe de presse national deux ans plus tard, c'est aujourd'hui, et de loin, la plus ancienne publication homosexuelle encore en vente – on se souvient de la réunion au bord de la piscine avec David Goodstein, le propriétaire du journal, dans le film Harvey Milk… The Advocate est devenu un magazine bimensuel en 1985, avant de passer mensuel.
Mais les difficultés de la presse magazine aux Etats-Unis s'ajoutent à celles liées à une gestion parfois hasardeuse du groupe PlanetOut, propriétaire de The Advocate à partir de 2005, ainsi que de Out. Cet autre magazine gay américain est moins sérieux et politique que son grand frère, et davantage tourné vers la mode, le divertissement, les sujets lifestyle. Face à la tourmente financière (lire notre article), le groupe est vendu à Regent Entertainment Media (devenu plus tard Here Media), afin de regrouper les principaux médias LGBT américain (la chaîne Here!, ou encore le site gay.com qui passe de média à simple site de rencontre).

Deux titres qui n'en font plus qu'un
Aujourd'hui, une nouvelle page se tourne dans l'histoire de The Advocate. Ses propriétaires ont pris acte de la difficulté d'intéresser un large public à une revue très sérieuse. A partir du mois de février, les magazines The Advocate et Out n'en feront qu'un, ou plutôt, le premier est vendu, dans une formule ressérée à 50 pages, en supplément gratuit du second. Les abonnés de The Advocate viennent ainsi de recevoir les deux magazines livrés ensemble.
Dans «l'ours» du dernier numéro (la traditionnelle liste de tous les collaborateurs d'une publication), si l'on constate que Jon Barrett est toujours rédacteur en chef, on s'aperçoit que de nombreux postes ont été supprimés. La direction ne communique pas sur le manque à gagner lié à ces changements, et refuse toute demande d'interview, y compris la nôtre. Dans une lettre qui accompagne les magazines, l'équipe de Here Media parle de «exciting changes» et accueille les abonnés dans «le plus grand magazine et la plus grande réussite de la presse LGBT au monde». Pour combien de temps?


















De NémoGizmo
triste... c'est un grand arbre qui est arraché, au profit d'un petit buisson.
De JACOMO
tant que Pierre B est là rien a craindre, mais après?