Les animateurs de «Je t’aime pareil»: «On ne sort pas intact d’un tel sujet»
INTERVIEW. Un mois et demi après le début de leur émission de radio consacrée à l'homosexualité, sur France Inter cet été, Harry Eliezer et Marjolaine Koch livrent leurs impressions.

Marjolaine Koch et Harry Eliézer en plein enregistrement. Les photos
illustrant cet article sont de Daniel Conrad, lui-même invité de l'émission.
Si vous n'avez pas encore écouté Je t’aime pareil, il vous reste trois semaines – et quelques podcasts – pour le faire. L'émission estivale de France Inter aborde sans tabou et sans clichés l’homosexualité, chaque samedi soir depuis le début de l'été. TÊTU avait déjà interviewé Harry Eliézer et Marjolaine Koch en juin, alors que l'émission n'avait pas encore démarré (lire notre article). Un mois et demi plus tard, les deux animateurs font un premier bilan.
TÊTU: Heureux de l'accueil réservé à «Je t'aime pareil»?
Marjolaine Koch: On est très contents. La quasi totalité totalité des retours que l’on a eu sont positifs. C’est vrai qu'avant que l’émission ne démarre, on a eu quelques critiques. Dont une sur le fait que les animateurs n’étaient pas homosexuels. Je pense que l’on a montré que l’on peut parler du sujet sans être directement impliqué, puisque que l'on n'entend plus du tout ça maintenant.
Harry Eliézer: Et puis c’est peut être aussi un apprentissage de l’ouverture pour certains. (Rires) Si on veut qu’une majorité de gens soient ouverts, certains homos devraient également s’ouvrir un peu plus aux hétéros.

TÊTU: Marjolaine, en juin dernier vous confiez vouloir présenter cette émission parce que vous aviez pris conscience de ne connaître la communauté homosexuelle qu'en surface. Vous pensez avoir appris des choses?
M.K.: Oui, énormément. Par exemple, je me suis rendu compte qu’il y a en France une tolérance bien pensante. Il faut dire que l’on est ouvert, mais on voit vite que les mots qui sont utilisés sont ceux de la fermeture. La tolérance n’est pas forcément le droit à l’indifférence que demandent les homosexuels. Il y a un champ lexical qui pourrait faire croire à une ouverture des gens que l’on interroge, mais en creusant un peu on se rend compte que certaines personnes sont en fait très fermées. Ceci dit, quand on a fait l’émission sur le mariage on s’est rendu compte que les réactions sont plutôt encourageantes, au contraire sur l’homoparentalité, il y a encore du travail. Enfin, présenter cette émission à deux nous à permis de réfléchir. On a des regards très complémentaires.
TÊTU: Et vous Harry ?
H.E.: Je ne pense pas que l’on puisse ressortir intact d’un tel sujet. On apprend forcément des choses sur les autres, mais aussi sur soi-même. Je me suis rendu compte que la plupart des homos que je côtoie restent très discret sur leur vie privée. Par exemple, un ami m’a envoyé hier un message pour m'annoncer qu’il était gay, alors que ça fait un bon bout de temps que l’on bosse ensemble. Je ne pensais pas qu’aujourd’hui il pouvait être aussi difficile de dire «je suis homo». Grâce a cette émission j’ai réalisé qu'en tant qu’antillais, je partageais pas mal de choses avec la communauté homo. J’ai le sentiment que les minorités en France partagent les mêmes façons d’être ostracisées.

TÊTU: Autre chose que vous avez appris?
H.E.: Il y a le fait que dans une communauté qui vit déjà un ostracisme, on observe d’autres petites exclusions. Par exemple la lesbophobie dans le monde homosexuel. L’émission m’a aussi poussé à me poser des questions, de savoir si j’avais dans mon discours des mots qui pourraient blesser. Il y des propos qui sont intégrés dans l’inconscient collectif, que l’on a tous, et pendant l’émission je me suis rendu compte qu’ils pouvaient facilement blesser.
M.K: J’ajouterai que l’on a essayé de montrer la diversité des parcours. Pour un homosexuel le chemin vers l'acceptation peut être parsemé de moments très douloureux. C’est à nous de faire en sorte que les homos n'aient pas un chemin de croix à traverser avant de pouvoir vivre comme ils sont.

Je t'aime pareil, tous les samedis de 21h05 à 22h jusqu'à fin août, sur France Inter.
Ce samedi 14 août, l'émission abordera l'homophobie. Le 21, la religion. Et la dernière de la saison, le 28 août, traitera du sport. Emissions passées disponibles sur le site de France Inter ou en podcast sur iTunes.
Remerciements à Daniel Conrad - lestoilesroses.net.











LES CHAÃŽNES 














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De Menoo
Merci à ces deux là et à leur équipe ! Je n'ai pas entendu les émissions, mais une amie doit me les passer en podcast... D'autres initiatives de "vulgarisation" de ce genre sont elles prévues, ou cette bouffé d'air frais disparaitra-t-elle avec les vacances, forçant les homos à retourner dans le placard communautaire ?