Élections américaines: Dieu, les homosexuels et les armes à feu
L'homosexualité dans la presse, chroniquée par Tetu.com.
Jour après jour, les États-Unis s'enfoncent dans la crise, et jour après jour, le discours de Barack Obama, axé davantage sur la question sociale et l'intervention de l'État dans l'économie, semble trouver un écho toujours plus favorable, du moins dans les sondages. "Alors, avec une efficacité que les années n'ont pas altérée, les Républicains parlent d'autre chose: de leur patriotisme, de leur authenticité, de leur attachement aux "valeurs traditionnelles", note Le Monde diplomatique du mois d'octobre.
Dans un long article mêlant reportage et analyse, Serge Halimi souligne notamment: "Il y a quatre ans, déjà , le président George W. Bush avait présenté un mauvais bilan économique (une récession sévère entre 2001 et 2003) et diplomatique (la guerre en Irak évoluait de façon désastreuse). Il décrocha néanmoins son second mandat en insistant sur sa foi, sa simplicité, et en agitant comme autant de crécelles les peurs mêlées du terrorisme, de l'avortement, et du mariage homosexuel."
Bref, même si les sondages sont favorables à Obama, la prudence est de mise… Et puis, au Montana, "les Républicains ne cessent de parler des trois G: "God, gays and guns" ("Dieu, les homosexuels et les armes à feu")." Alors… le gouverneur démocrate de cet État préfère ne pas aborder les questions qui fâchent, et estime que les membres de son parti devraient se montrer "aussi pieux que n'importe qui, réservés vis-à -vis du mariage homosexuel, peu disposés à réglementer l'achat d'armes."
De son côté, l'hebdomadaire britannique The Economist, dans un article intitulé "Cette guerre culturelle sans fin" (publié le 4 octobre), souligne: "La décision de John McCain de choisir Sarah Palin comme colistière fait revenir la guerre culturelle au cœur de l'élection. Madame Palin est une chrétienne évangélique. Elle s'opppose à l'avortement, même en cas de viol, et supporte les opposants au mariage gay."
Il fallait bien ça pour rendre plus acceptable la candidature de McCain aux yeux de l'extrême droite américaine, et des fondamentalistes chrétiens, eux qui "veulent un amendement constitutionnel pour interdire le mariage gay, alors que le candidat républicain pense que toute décision à ce sujet devrait être prise par les États." Et puis, McCain est plutôt de ceux qui pensent que ces sujets doivent être abordés en privé, plutôt que livrés sur la place publique: "Il préfère parler des vertus guerrières, du courage que de parler au monde comment Jésus a changé son cœur", note The Economist.
De son côté, "Obama est naturellement un médiateur. Son idée est bien de dépasser les différences, plutôt que de les renforcer. Dans son discours à la convention de 2004, il avait dit qu'il n' y avait qu'un "États-Unis d'Amérique", et non des États rouges et des États bleus. Obama expliqua alors que les Démocrates avaient faire une erreur en refusant de prendre en compte les questions religieuses et les électeurs évangéliques." Il faut dire qu'aux États-Unis, un électeur sur quatre est évangélique…
En même temps, "les deux candidats sont réticents à discuter du mariage gay, car ils savent qu'en suivant les militants de chacun de leur parti (pour le mariage gay chez les Démocrates, et pour l'interdiction constitutionnelle chez les Républicains), ils s'aliéneraient tous les deux les électeurs centristes." Si l'équation n'est pas simple, on comprend mieux pourquoi Obama a décidé de ne pas appeler à l'égalité des droits.











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