Le Pacs a-t-il étouffé les revendications pour le mariage gay ?
«Les Inrockuptibles» reviennent cette semaine sur les dix ans du pacte civil de solidarité. Un succès qui, selon le journal, ne doit pas masquer l'impasse dans lequel il a conduit toute revendication pour un mariage ouvert à tous.
Par ce titre - «les noces rebelles du Pacs» - Les Inrockuptibles revient cette semaine dans un article sur les dix ans du Pacte civil de solidarité, et considère que celui-ci connaît un «succès fou qui étouffe les revendications pour le mariage homo et l'homoparentalité». Pour les Inrocks, l'adoption du Pacs a finalement été «concomitante à la fin du débat sur l'égalité, le mariage et l'homoparentalité, tel que celui mené aux Etats-Unis aujourd'hui».
La journaliste Anne Laffeter rappelle ainsi qu'en France, à l'époque, «les partisans des droits des homosexuels n'étaient pas dupes du fait que [le Pacs] était une façon élégante de leur fermer la porte de l'institution du mariage, donc de l'égalité de fait - même si les droits qu'ouvre le Pacs se rapprochent de plus en plus de ceux du mariage».
Gauche frileuse
Aujourd'hui, Daniel Borillo, juriste et professeur à l'université Paris-X, se souvient : «la gauche socialiste a été frileuse et n'a pas osé engager une vraie politique d'égalité». Les temps ont bien changé puisque le PS se prononce désormais en faveur du mariage gay et de l'homoparentalité... «Mais paradoxalement, ce glissement est surtout lié à l'évolution de la droite sur la question», juge la journaliste des Inrocks.
En tout cas, pour l'avocate Caroline Mercary, les prochaines améliorations du Pacs, même bénéfiques, seront marginales, et visent surtout «à dégonfler les revendications de l'ouverture du mariage aux couples homos». De son côté, Daniel Borillo analyse : «la stratégie d'amélioration du Pacs permet de ne pas ouvrir les dossiers sensibles (...) La logique du Pacs a été de dissocier alliance et filiation. Par exemple, le statut de beau-parent proposé par Sarkozy dernièrement ne change rien au système de filiation ou à l'autorité parentale». Mais, si aux Etats-Unis, la lutte pour le mariage semble également plus vivace, c'est que, là-bas, elle s'inscrit dans la lignée des luttes historiques pour la conquête des droits civiques». C'est vrai, qu'en France, on attend toujours en 2009 qu'un Harvey Milk surgisse dans le paysage politique...
Dossier et illustration à retrouver sur le site des Inrockuptibles


















De NémoGizmo
A posteriori, l'analyse est intéressante. SAUF que, dans le contexte de l'époque, la revendication du mariage était quasi inexistante dans les associations LGBT et même les assoces sida dont certaines ont conceptualisé le PACS (ex-CUS). aucune Gay Pride en France, dans les années 90, n'appelait au mariage. En revanche, le CUS-Pacs c'était le mot d'ordre unitaire, la banderole de tête de manif pendant au moins 2 ans. En 1997, pour les législatives, LA revendication portées envers les partis c'était bien une reconnaissance de droits pour le couple, mais sans mariage. Dès lors, seuls les partis de gauche (PC, Verts, PS) avaient dit OUI. Même Act Up-Paris, en 1995-96, ne réclamait ni mariage.. ni Pacs! Il faut donc un poil nuancer ce papier... Aucun parti n'allait "inventer" une revendication que les assoces et le mouvement social ne demandait pas. Soyons un peu + positifs, la violence et la caricature des débats du Pacs ont permis aux allemands, aux espagnols etc... de créer LERU propre loi pour les couples homos en anticipant les arguments hostiles.