Jeunes politiques: Bruno Julliard fait son coming out dans le nouveau TÊTU
L'ancien président du syndicat étudiant Unef, actuel adjoint au maire PS de Paris, révèle son homosexualité au détour d'un grand dossier sur la nouvelle génération politique, dans le nouveau numéro du magazine.

Les Français l'ont découvert en 2006, lors du combat – réussi – contre le Contrat première embauche (CPE) instigué par Dominique de Villepin. Le printemps social, avec 400.000 à un million de personnes dans les rues, ébranle le gouvernement. Bruno Julliard apparaît alors dans tous les médias: président du syndicat étudiant Unef, c'est l'un des principaux leaders de la mobilisation. L'année suivante, alors qu'il a quitté l'Unef, il annonce son engagement auprès de Bertrand Delanoë en vue de sa réélection à la mairie de Paris, après laquelle il devient son adjoint chargé de la Jeunesse. Et suite à l'élection de Martine Aubry à la tête du PS, il est également secrétaire national au Parti socialiste, chargé de l'Education.
Discret sur sa vie privée, Bruno Julliard affirme n'avoir «jamais voulu le cacher ou en faire un argument politique, mais (il) admet qu'il est pertinent de répondre à (la) question» de son orientation sexuelle. C'est pourquoi, lorsque TÊTU l'a rencontré, il répond à notre question: «Oui, je suis homosexuel», révèle-t-il pour la première fois. «Je vais en boîte, dans des soirées gays, j'aurais du mal à le cacher», ajoute-t-il. Et s'il estime qu'«aujourd'hui, il n'y a plus besoin d'une mise en scène d'une sortie de placard dans laquelle nous ne sommes jamais rentrés», il reconnaît les vertus de prendre la parole sur ce sujet: «Ça peut faire du bien pour des jeunes d'avoir des exemples de parcours de vie positifs.»

Notre rencontre avec Bruno Julliard a eu lieu dans le cadre d'un grand dossier consacré à la jeune génération politique qui soutient ouvertement les LGBT. A découvrir également dans ce dossier:
Le quotidien d’élus de province ouvertement gay
Jean-Yves de Chaisemartin, 32 ans, maire (radical valoisien) de Paimpol, n'a pas hésité à répondre à nos questions. « Pourquoi je m'exprime ? Pourquoi j'accepte de parler de moi? Je crois que mon expérience peut avoir valeur d'exemple pour d'autres. On doit vivre sa vie naturellement, sans revendication identitaire, mais sans se planquer non plus. » Il raconte que son copain se retrouve à ses côtés lors des cérémonies, des manifestations locales, des vœux de la mairie… et les réactions des Paimpolais. Autre témoignage à Arles, où Nicolas Koukas, 36 ans, adjoint au maire PCF, est en couple depuis 7 ans. Lui aussi avec un garçon, qui l'accompagne naturellement, «lors des manifs, lors de sorties au théâtre… Je ne me suis jamais posé de questions à ce sujet.»
La «solitude» d'un gay en politique
Investi depuis longtemps en faveur des droits LGBT, Ian Brossat, 31 ans, président du groupe communiste au Conseil de Paris, a fait son coming out au printemps sur le site Yagg. « C'était tout bête: je n’imaginais pas me cacher quand on me poserait la question.» «L’argument que l’on doit sanctuariser la vie privée, quand on est homo, est une forme d’échappatoire et de petite lâcheté. Généralement, un élu informe ses électeurs qu’il est marié ou qu’il a des enfants. Dans cette situation, l’hétérosexualité relèverait de la vie publique et l’homosexualité de la vie privée? C’est absurde.» Son regret: «Au final, on est trop peu nombreux à faire notre coming out.»

De nouvelles figures politiques progressistes
Figure du Parti socialiste engagée sur les questions LGBT, Najat Vallaud-Belkacem, 33 ans et secrétaire nationale chargée des questions de société, porte-parole de Ségolène Royal, multiplie les interventions en faveur de l’égalité des droits. Pour l'élue de Lyon, c’est un long travail de sensibilisation, même au sein de son parti. Même combat pour Emmanuelle Cosse, 36 ans, vice-présidente de la région Ile-de-France chargée du logement (Europe Ecologie-Les Verts): «La gauche a considérablement évolué, tout ce qu’on a vécu sur le pacs ne pourrait plus se passer. Mais rien n’est gagné. Tout doit être combattu, débattu.»
A droite, ça bouge aussi…
Benjamin Lancar, 25 ans, président du mouvement de jeunes de l'UMP depuis 2008 et conseiller régional d’Île-de-France depuis l'an dernier, s'engage à son tour pour les LGBT. «Je suis favorable à l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels», nous dit-il. Et – toujours à titre personnel – il est «pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, et à l’encadrement de la GPA, notamment pour les couples d’hommes». Avant d’ajouter: «Je souhaiterais que l’UMP condamne plus fortement les derniers dérapages. Vanneste n’a plus sa place chez nous. Et arrêtons de croire, à droite, que le mariage homo ferait perdre des voix.»
Enfin, le député UMP Franck Riester, 37 ans, fut l'un des rares députés UMP à avoir soutenu la proposition de loi socialiste pour l’ouverture du mariage aux homos (lire notre article). «C’est d’abord une question d’égalité des droits. À partir du moment où la République fait de l’égalité un principe fondamental, je m'inscris dans cette tradition. (…) Dans de nombreux pays étrangers ayant ouvert le mariage aux homosexuels, tout se passe très bien», nous explique-t-il notamment. Sur l'homoparentalité, il estime notamment qu'«un grand nombre de gens, par ignorance, ne s'aperçoivent pas que les familles sont aujourd'hui multiples».
Photos: Martin Colombet pour TÊTU.

Dossier complet à lire dans TÊTU n°169 (septembre 2011) en vente demain, mercredi 24 août.
Ne manquez pas ce numéro, avant de retrouver TÊTU nouvelle formule le 21 septembre.










LES CHAÃŽNES 











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De Shaka
«Je souhaiterais que l’UMP condamne plus fortement les derniers dérapages. Vanneste n’a plus sa place chez nous. Et arrêtons de croire, à droite, que le mariage homo ferait perdre des voix.»...c'est pas 'souhaiterais', c'est 'il faut' qu'il doit dire,ce monsieur...Des actes, des actes, assez de paroles...
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De NémoGizmo
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De Hey_did_g
Ça restera une grande énigme pour moi : comment peut-on continuer à appartenir à un parti dont on condamne les positions ...
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De Benji - j'étais un maximonstre
Gay, Bruno Julliard ? Pour ma part, je suis sceptique. Je le resterai tant que je ne l'aurai pas vérifié par moi-même.
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De Tomdom
@Benji : si si je confirme. Il est souvent à la LIM, voire à Gym Louvre :o)
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De NémoGizmo
c'est quoi la "LIM"?
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De Jaléo
http://loveismylene.com/fr/lim.html
Par contre j'y ai jamais mis les pieds,lol.
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De Benji - j'étais un maximonstre
@tomdom : je ne te crois pas, j'attends de vérifier par moi-même. Bruno, si tu m'entends, j'aimerais bien t'embrasser :-)
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De Archange
On entre dans ton signe,chevalier!
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De MysteriouScow
Ce coming out me dérange pour une raison que j'ai du mal à identifier. Je suis très heureux d'apprendre que tel ou tel politique est gay ou lesbienne mais quand on s'engage en politique, qu'on occupe des fonctions politiques, on se doit de se révéler ne serait ce que par honnêteté intellectuelle.