Jean-Paul Cluzel: «Nicolas Sarkozy a une relation plus affective avec les médias»
TÊTU publie ce mois-ci une longue interview de l'ancien P-DG de Radio France. En complément, voici quelques extraits inédits. Premier volet, consacré aux liens entre le Président et les médias.
Vous n'êtes plus, depuis quelques jours, président de Radio France. Pensez-vous que l'humoriste Stéphane Guillon, fortement critiqué par Nicolas Sarkozy, restera à l'antenne de France Inter dans les prochains mois ?
Honnêtement, c'est une question à poser à mon successeur, Jean-Luc Hees, pas à moi. L'idée du président de la République est de confier cette maison à un journaliste plutôt qu'à un manager, c'est un choix qui peut se comprendre... D'ailleurs, il l'a déclaré publiquement à la presse. Cela a sans doute ses avantages, et ses inconvénients... Nul n'est parfait, je ne l'étais pas non plus.
Justement, vous avez affirmé que la polémique créée par le calendrier d'Act Up n'avait pas pesé dans la décision de Nicolas Sarkozy de ne pas vous reconduire...
J'ai spontanément soulevé la question avec le Président de la République, et sa réponse a été clair: il a dit qu'il comprenait mes engagements personnels, et m'a parlé d'une manière qui était très conforme à l'interview qu'il avait donné à TÊTU lors de l'élection présidentielle, de ce qu'il fallait faire vis-à-vis de la communauté homosexuelle. Je le sentais à l'aise sur cette question-là.
Vous avez déclaré également que vous aviez commis l'erreur de ne pas avoir essayé d'être plus proche du Président...
Ce n'est pas un phénomène de Cour. En fait, le président de la République, je m'en suis aperçu lors de notre conversation, n'écoute pas tous les matins, et c'est bien normal, France Inter ou France Info. Sa vision des médias lui revient donc par les propos qui lui sont rapportés, ou par les extraits retranscris par les agences de presse de telle ou telle émission. S'agissant de l'humour, et notamment de Stéphane Guillon, il est évident qu'il est plus brutal de lire un script plutôt que d'écouter une émission. Concernant Radio France, je traitais avec ses conseillers les dossiers. Et comme la Maison allait bien, je pensais qu'il n'y avait pas de raisons d'encombrer son emploi du temps.
Ce travail-là de proximité était plus facile avec son prédécesseur ?
Honnêtement j'ai connu trois présidents de la République depuis que je suis nommé dans des fonctions un peu visibles, entre l'Opéra de Paris, RFI, et Radio France. Le Président François Mitterrand ne m'a jamais accordé aucun entretien, je traitais tout avec ses conseillers, Bernard Latarjet et Laure Adler. J'ai eu un entretien avec Jacques Chirac. J'ai donc suivi la même ligne avec Nicolas Sarkozy. C'était à l'évidence une erreur, car il a vis-à-vis des médias une relation plus proche, plus affective, plus personnelle...
Qu'on me comprenne bien, ce n'est pas forcément négatif. Quand je dis «je me reproche», c'est vrai, Je n'ai pas compris que quelqu'un qui, à tort ou à raison, s'implique personnellement dans un conflit de pêcheurs ou dans une fermeture d'usine, avait peut-être aussi besoin de s'impliquer personnellement dans une radio publique qui a quatorze millions d'auditeurs quotidiens. Je n'ai pas capté ça, c'est une erreur, je ne lui reproche pas. C'est de ma faute, et je suis sûr que si je lui avais demandé des entretiens, il me les aurait accordés. D'ailleurs certains de mes confrères en abusaient...
Prochain volet: Jean-Paul Cluzel et la religion.
Propos recueills par Marc Endeweld
Dans Têtu News de ce mois-ci, retrouvez une interview de Jean-Paul Cluzel, sur la polémique créée par le calendrier d'Act up, et sur les déclarations de Nicolas Sarkozy sur le mariage et l'homoparentalité lors de la rencontre qu'il a eue avec lui.




















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De Numa
J'ai lu l'interview in extenso dans le dernier numéro, et elle est très intéressante, notamment quand il revient sur l'affaire de la photo.
Par contre, il y a une erreur dans la retranscription à l'avant-dernière ligne sur le site : "il me les auraient accordé". Je ne crois pas que la faute soit dans la version papier (?).
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De Hinageshi
Et, dans le même genre : «conforme à l'interview qu'il avait donné à TÊTU ».
À savoir si l'on considère que le mot “interview” est du genre féminin ou pas.
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De Numa
Ah, là c'est un petit peu plus tatillon !
Mais ce n'est pas faux ;-)