Jean-Paul Cluzel: «Je suis gay, catholique et libéral»
Deuxième partie de l'entretien inédit avec Jean-Paul Cluzel, en complément de l'interview publiée ce mois-ci dans TÊTU. Aujourd'hui, la question de la religion et de l'homosexualité.
TÊTU: Vous vous définissez comme catholique, mais je ne sais pas si vous vous définissez de droite comme la presse le fait...
Jean-Paul Cluzel: Non, je me classe comme libéral, au sens anglo-saxon du terme, je n'ose dire libertaire. En fait je suis partisan de la liberté, voilà. Est-ce qu'on est à droite ou à gauche, quand on est partisan de la liberté ? C'est difficile à dire, c'est pour moi le bien le plus précieux de l'individu. J'ai une sainte horreur de la foule violente. Toutes les sociétés qui renient l'individu au nom du collectif vont vers les pires dérives : le nazisme, le stalinisme... Dès lors qu'on ne préserve pas la liberté, on dérive... Bref, je suis un partisan absolu des libertés individuelles.
Mais si je vous ramène à un collectif, celui des catholiques, que pensez-vous des déclarations de Benoît XVI sur le préservatif, ou de celles de Christine Boutin ?
On peut dire deux choses. Ça va apparaître ridicule aux lecteurs de TÊTU mais rappelons que l'infaillibilité pontificale ne vaut que sur les points de doctrine du dogme. Il n'y a pas beaucoup de choses : l'immaculée conception, la trinité, la résurrection des morts, le pardon des péchés. Il n'y a rien de réactionnaire dans tout cela ! Mais ensuite, il y a l'expression non infaillible du Pape, ou de certains catholiques. Et sur ces sujets, je ne vois pas pourquoi la parole de Madame Boutin aurait plus d'importance que la mienne.
En même temps, vous ne vous êtes jamais prononcé en tant que catholique contre les paroles de Christine Boutin...
La France est supposée être un pays majoritairement catholique, mais à ma connaissance, la loi Neuwirth, qui introduit la contraception au moyen de la pilule, doit dater de 1967, à une époque où une majorité de Français, encore plus grande, étaient catholiques et pratiquants. Et je pense que l'immense majorité des Françaises catholiques ont immédiatement adopté la pilule sans se poser des questions théologales... Dans catholique, il y a «universel». Ce qui me paraît intéressant dans le catholicisme, c'est la fraternité universelle et l'humilité du Christ... Vous voyez, cela n'a que peu de rapports avec le préservatif...
Le fait d'être catholique n'implique donc pas pour vous un attachement à tous les messages de l'Église...
J'adore les messes quand elles sont bien faites selon le rite grégorien. J'aime bien la beauté. Je pense que dans toute grande manifestation, quand le collectif est respectueux de l'individualité, il en ressort quelque chose. Mais je condamne fondamentalement l'intégrisme, et tout ce qui tend à traduire dans des règles applicables à la société civile des règles religieuses. Car ces tentatives me paraissent profondément condamnables, et, en tout cas, contraires à la parole du Christ.
Sur l'homoparentalité, vous avez précisé que les gays et les lesbiennes «doivent pouvoir adopter» ou «avoir des enfants». Sur la procréation médicale assistée, en tant que catholique, quelle est votre position ?
C'est comme pour la pilule et le préservatif, je ne pense pas que le Christ, ni même le Pape, dans son domaine infaillibe, ne se soit prononcé là-dessus. Alors il y a des points de morale, bien sûr, mais je reste un libéral...
Propos recueillis par Marc Endeweld.
Lire le premier volet: «Nicolas Sarkozy a une relation plus affective avec les médias»
Dans Têtu News de ce mois-ci, retrouvez une interview de Jean-Paul Cluzel, sur la polémique créée par le calendrier d'Act up, et sur les déclarations de Nicolas Sarkozy sur le mariage et l'homoparentalité lors de la rencontre qu'il a eue avec lui.












0
De Phil86
ce Cluzel ne m'est pas sympathique... un bobo homo de droite... un pied dans un camp un autre dans l'autre...