Daddies et minets, pourquoi ils s'aiment?
Vingt ans, trente ans, quarante ans... La différence d'âge est parfois très importante entre les deux partenaires du couple. Quand jeunes homos et hommes mûrs s'aiment, ils doivent apprendre à vivre ce grand écart. Pas facile, mais pas impossible.

Et si la différence d'âge était le dernier tabou dans un couple gay ? Minets (jeunes homos peu expérimentés) et sugar daddies (équivalent gay des célèbres femmes cougar) s'aiment en dehors des modèles. François, 49 nas , assume: «Je n'ai des relations qu'avec des garçons de moins de 30 ans. (...) J'aime donner du plaisir et explorer des corps jeunes (...) Eux recherchent en moi le côté expérimenté et un homme à l'écoute.»
Premier écueil d'une relation daddy/minet, l'avis des autres. D'emblée, le couple s'expose aux jugements négatifs basés sur une série d'idées reçues. Tout est bon pour nier l'amour et évoquer des motivations moins honorables: le plus jeune se fait entretenir par le plus vieux, le plus jeune cherche un papa, le plus vieux a un ascendant psychologique sur le plus jeune, le plus vieux manipule le plus jeune, le plus vieux exhibe le plus jeune comme un trophée de chasse...
Décalages
Vrai? Faux? Un peu vrai? Julien Lagneaux, sexologue en Belgique: «Certaines personnes, en raison d'un manque affectif dû à l'absence d'un père par exemple, cherchent à combler ce manque dans leur couple. Je ne vois pas où est le problème, dès lors que les deux partenaires s'en satisfont.»
Autre souci: l'avenir du couple transgénérationnel. Bâtir un futur commun n'est pas simple quand deux partenaires ne vivent pas le présent de la même manière. L'un veut sortir en boîte, l'autre pas. L'un s'occupe de ses vieux parents quand l'autre vient de faire son coming out. Bref, au quotidien, faut réussir à gérer de nombreux décalages. Julien Lagneaux: «La différence d'âge peut être telle que les goûts, la culture, la mentalité sont différents entre les deux partenaires. Ça peut créer des incompréhensions, des tensions.» André: «Quand je parle de l'avenir avec Matt, mon copain âgé de 30 ans de moins que moi, ça se finit toujours mal. Je m'inquiète de lui faire rater sa jeunesse (...). Lui se préoccupe de ma mort. Il s'imagine déjà que mon âge nous condamne à vivre une histoire d'amour courte. »
Peut-être que la clé pour réussir un couple daddy-minet est tout simplement l'amour avec un grand A, avec une dose d'insouciance et de légèreté au quotidien. Bruno, 67 ans, vit avec un garçon de 21 ans. « On s'est rencontré sur une plage de sable, un jour lumineux de fin d'été où, comme l'horizon, nos sentiments se sont embrasés... (...) Je ne joue pas le père, il n'en a pas besoin. Ensemble, nous sommes égaux et semblables. Et demain? Carpe diem...»

Daddies et minets partagent leurs expériences, leurs témoignages de vie commune et leurs façons d'envisager l'avenir, dans le numéro de mars de TÊTU (n°164), actuellement en vente.
Et vous? Avez-vous déjà vécu une relation avec une grande différence d'âge? Comment ça s'est passé?











LES CHAÃŽNES 














0
De havis
ce qui serait intéressant c est d aborder le sujet avec des partenaires d origines étrangères et là le rapport est différent, l amour n existe pas ou si peu, c est un rapport financier qui est à la base de cette relation. je connais des gays âgés qui se sont faits plumés. les heteros ne sont pas plus à l abri pour autant
0
De yousss
Les généralisations... comme si les gens peu scrupuleux n'étaient qu'étrangers...
Ce genre de commentaires pleins de certitudes sont juste stupides et simplistes...
0
De Raton
@ havis : ah, les généralités à deux balles qui n'ont en puls rien à voir avec le sujet de l'article ! ça faisait longtemps ! je pourrais développer mais ça serait insulter les homos "d'origines étrangères" comme tu dis, ainsi que les couples mixtes qui vont très bien merci.
0
De NémoGizmo
havis fait toujours des commentaires de "gay planqué/honteux" OU racistes, rien de neuf... :-(
0
De jeff34
@havis
Tu dois être très aigris pour dire des choses pareilles. Finalement je te plains. Un conseil: tu devrais sortir; t'ouvrir sur les autres,rencontrer des gens au lieux de rester confiné chez toi à ressasser, comme certains qui passent leurs journées sur ce site à insulter les autres.
0
De vpi79
Personnellement si je comprend le besoin ou l'envie temporaire de plus jeunes de s'essayer à une relation avec quelqu'un de plus mûr, j'ai beaucoup de mal à croire que cela puisse durer. Et d'un autre côté, chez le plus âgé, la volonté de perpétuer une relation avec quelqu'un cesse jeune (quitte à renouveler sans arrêt ses partenaires) témoigne d'un manque de maturité, comme si on ne pouvait pas progresser et découvrir le plaisir d'une relation avec des personnes qui évoluent aussi.
De petites différences d'âge s'expliquent très bien, on est tous différents et ces différences s'atténuent. Toutefois, plus de 20 ans d'écart me semble devenir pathologique, non pas pour le plus jeune (qui peut vouloir en faire un fantasme passager), mais pour le plus âgé qui non seulement refuse son propre âge mais se refuse à découvrir l'intérêt d'une relation avec quelqu'un à peu près de son âge (la même personne n'aura aussi pas pu franchir l'attrait d'une relation avec quelqu'un de plus âgé que lui quand il était plus jeune).
Comment un couple avec une grande différence d'âge parvient à durer, me semble une situation inexplicable. Je pense qu'à chaque âge de notre vie on a besoin de se découvrir avec un/une partenaire qui aussi aura évolué sexuellement d'une façon similaire dans sa/ses relation(s), et aura une expérience de niveau comparable. Pour le plus jeune, c'est se priver trop tôt d'une expérience personnelle qu'il regrettera plus tard, pour le plus âgé, alors qu'il a l'occasion justement d'évoluer, ce n'est pas trop tard, mais son refus de passer le cap de son âge témoigne d'une moins grande maturité sexuelle.
Il reste alors des âges privilégiés où on peut découvrir les deux côtés dans le choix de relations, autour de 35-45 ans.
Note : je ne veux pas faire une question de moralité, après tout on a bien le droit de faire ce qu'on veut. Mais s'enfermer à long terme dans des relations (durables ou non) avec uniquement un/des partenaire(s) d'une catégorie d'âge trop prédéterminée me parait être un refus d'évoluer dans sa vie.
Aussi je préfère tout de même penser qu'on peut commencer jeune sa vie sexuelle et se chercher, quitte à se tromper, mais qu'avec son/ses partenaires de son âge, ils seront à peu près aussi au même stade d'évolution, avec les mêmes erreurs. C'est une question d'équilibre et c'est bien aussi de voir que son/ses partenaires font les mêmes erreur que soi.
Mais une grande différence d'âge révèle tout de même une situation inconfortable où le partenaire plus âgé semble vouloir toujours dominer le plus jeune et refuser de se trouver en infériorité, et où le plus jeune se refuse aussi de prendre le contrôle de ses choix et accepte une situation de dépendance vis à vis de plus âgé. Dans les deux cas, c'est un manque de maturité.
Aussi je crois qu'on peut faire ce qu'on veut avec des partenaires de tout âge (adultes tout de même, capables de décider sereinement et en conscience) à condition de ne pas établir une relation de dépendance (sinon on flirte avec la même limite floue qui défend moralement les relations pédophiles... non pas à cause de l'âge directement mais justement à cause du déséquilibre du choix et l'imposition de cette dépendance contre la volonté réelle de l'objet de son propre désir, avec la volonté d'en faire un simple objet sur lequel on exerce une passion égoiste qui ne laisse aucune place à l'expression des besoins de l'autre).
Avec ce post, je m'attend à être incendié ici, je sais qu'on va mal interpréter ce que j'ai écrit ici et me prêter des intentions que je n'ai pas: Il n'y a pas de mal à des relations avec des différences d'âge importantes, TANT QUE ne s'établit pas un rapport de dépendance et de soumission.
Une bonne relation devrait toujours permettre à chacun à la fois de prendre l'initiative, d'assumer une part des désirs de l'autre, mais aussi permettre à chacun de s'en retirer : c'est en sachant ce risque (celui de la rupture), qu'un couple s'équilibre en faisant en sorte que cela n'arrive pas et en partageant les efforts consentis pour conserver les droits de l'autre partenaire, de façon plus importante que ses propres désirs. Un couple, pour pouvoir durer, doit aussi admettre qu'il est potentiellement en danger de cette rupture : c'est face à ce risque permanent (y compris dans les "accidents de parcours" qui peuvent être des tests nécessaires pour mesurer l'attachement de l'un à l'autre) qu'on arrive à mesurer la sincérité de sa/ses relation(s), d'ailleurs totalement indépendamment du fait qu'on soit homo ou hétéro.
Ce "danger" de rupture est le piment du couple dont la solidité se mesure aussi à sa résistance aux accidents de parcours, mais aussi à la prise en compte de l'évolution de ses besoins tout au long de sa vie d'adulte (une relation n'a pas non plus à rester statique et chercher sans cesse à reproduire les conditions de sa création initiale).
Préserver un écart d'âge faible entre partenaires est pourtant une façon simple de ne pas faire de son amour quelquechose d'exclusif : cela permet aussi d'éviter que cet amour dans le couple vienne se substituer à un amour d'une autre catégorie (celui des relations parentales), et d'admettre qu'on doit pouvoir aimer, de façon différentes pour chaque âge, sans avoir à rien sacrifier des amours passées ni futures. Car je crois qu'on peut aimer plusieurs fois dans sa vie et que ces amours se superposent et se complètent, chacunes de façon différente:
Le problème des amours avec grandes différences d'âge est que systématiquement il va chercher à se jouer come substitut d'un des amours ascendants ou descendants. Je crois sincèrement qu'on est fait pour aimer plusieurs fois, et même en même temps dans sa vie d'adulte (mais que c'est trop compliqué à gérer affectivement quand on est très jeune, autre raison pour laquelle la pédophilie est combattue, car le plus jeune est en phase de confusion et est systématiquement perdant dans l'expansion normale de son champ affectif) : grandir, c'est justement savoir et pouvoir assumer que ce champ affectif personnel puisse devenir de plus en plus grand, et de moins en moins exclusif et dépendant. Je ne crois pas à l'amour exclusif, toujours dangereux et immature.
Bon maintenant vous pouvez y aller avec ma thèse psychologique à deux centimes. Si vous avez des raisons de penser que vous êtes bien dans votre relation avec un partenaire d'âge très différent, au moins demandez-vous si vous disposez encore de la faculté de choisir et si vous ne vous privez pas de l'expansion de vos champs affectifs et votre maturité (tout n'est pas que sexuel dans une relation, je l'admets volontiers, je n'ai pas voulu non plus placer ici le débat sur le champ de la "fidélité" de la façon limitée/exclusive dont on l'entend trop souvent où on semble le croire)...
0
De vpi79
Je m'attendais à pire comme réaction à ce que j'ai mis ci-dessus, un peu comme une provocation pour faire parler. Car c'est vrai que j'ai du mal à comprendre les grandes différences d'âge dans une relation équilibrée sur le long terme où chacun peu aussi évoluer (aussi bien dans son couple que par plus de relations à l'extérieur ou dans une famille élargie).
----
Au fait, puisqu'on est dans la rubrique "Médias" et que c'est encore l'article du moment, on peut citer un article sur un autre sujet concernant TETU lui-même:
« Têtu n'est plus à vendre ! », sur GayVox
http://www.gayvox.fr/dossiers/4479/pierre-berge-cherche-a-vendre-tetu.html
L'article est intéressant surtout par les quelques solutions qui sont proposées à la fin. Ca correspond aussi à quelques idées que j'ai échangé avec TETU par email puis directement au téléphone il y a quelques jours (quand TETU m'a appelé chez moi). Parce que j'y suis abonné, aussi bien comme un acte militant que par le besoin de disposer de ce titre en lui apportant un financement direct. J'avais été contacté car j'avais vu de la pub (via un nouveau venu « Groupon» qui proposait des abonnements à prix dérisoires via LeKiosque.fr qui a inclus TETU dans son moteur de recherche, mais propose à la vente en fait des abonnements à d'autres magazines quand on clique dessus, forme de parasitisme où LeKiosque.fr profite de la notoriété de certains titres pour en vendre d'autres en imposant des conditions et un mode de distribution où les titres perdent leur indépendance).
Aussi je propose que TETU mette en place sa propre distribution en ligne au numéro, même s'il le fait actuellement via le site Relai (groupe NMPP, le même qui alimente les kiosques français). L'idée soulevée par l'article de GayVox est bien aussi : un téléchargement d'un article tous les jours dans sa boite mail pour des abonnés à prix réduit, contenant un coupon (avec code barre) à échanger en kiosque pour acheter au numéro à prix réduit (ou obtenir de temps en temps un numéro gratuit). L'idée étant bien qu'on a besoin du support papier et de la distribution classique pour éviter que la diffusion sur le web soit au main d'un seul agrégateur de contenus qui impose ses prix et ses rémunérations (car effectivement, Google c'est bien tant qu'il n'a pas le monopole sur tout, et je salue tout de même la remonté de Bing et même de Facebook pour que subsiste un choix). TETU a un contenu unique qui lui est propre et avec ses lecteurs fidèles (dont je suis), et sa propre visibilité dans des lieux sociaux indispensables (que ce soit dans le rayon presse du supermarché, le kiosque du métro, la coin presse de votre café, ou encore la presse offert aux visiteurs dans les hôtels, ou dans les salles d'attente de votre médecin, ou chez le coiffeur), mais aussi encore comme référence citée dans les débats publics (sociaux et politiques)
Enfin concernant Pierre Bergé, certes il perd de l'argent, mais c'est aussi un acte militant de sa part de soutenir cette presse. Le problème c'est quand il ne sera plus là , car ses héritiers pourraient couper les vivres : qui paiera les 2 millions d'euros qui manque chaque année, alors que Monsieur Bergé peut encore décider de consacrer le reste de sa fortune pour un titre qui est encore militant et si utile...
Je pense aussi que la presse traditionnelle mérite un soutien public officiel (de la part de la France ou de l'Europe), selon un principe de diversité basé sur sa propre production éditoriale qui ne se contente pas seulement du contenu. De plus, on pourrait admettre des participations privées à taxation réduite, à condition que les financeurs (personnes morales ou physiques) ne disposent pas de la majorité, que leurs fonds permettent de disposer d'un droit de vote, mais ne puisse pas être retiré (une sorte de « PEA » pour la presse, séparé des investissements boursiers avec un régime fiscal plus favorable car non rémunérateur : la presse est aussi indispensable pour la démocratie, que les fondations et associations qui ont ce régime fiscal favorable) et que les titres de presse entrent dans un fonctionnement de type coopératif avec un part restant réservée à ceux qui travaillent directement pour le titre et y sont salariés, une part pour les actionnaires normaux, et une part pour les coopérateurs associés minoritaires.
L'Etat, l'Europe, et les collectivités doivent aussi pouvoir subventionner dans des plans pluriannuels (avec les titres conventionnés adhérant seulement à une charte n'imposant rien sur les contenus d'autre qu'un volume éditorial propre indépendant de la pub) certains domaines : les achats de papier et le prix de la diffusion (en kiosque ou par distributeur postal), ainsi que des achats de contenus (notamment : photos de presse et reporters, car ces deux métiers sont aussi en grande difficulté).
Je pense que TETU mérite une subvention publique pour son supplément santé (et une participation directe en terme de contenu, par les centres de recherche publique de l'INSERM par exemple, ou des universités françaises pas assez présentes aussi bien sur le web que dans la presse).
Le titre étant alors lui-même l'aggrégateur (et non Google ou les portails Internet ou autres diffuseurs en ligne, type Relai ou LeKiosque).
----
En attendant, vous autres lecteurs, si vous voulez pouvoir encore trouver TETU (et ce site qui est aussi un relai d'informations militant en continu vers les infos du monde), pensez à faire ce petit geste : abonnez-vous ! Même si vous ne lisez pas tout et si tout ne vous intéresse pas.
Si vous n'avez pas votre propre boite aux lettres et ne voulez pas que quelqu'un d'autre de votre famille tombe sur le magazine, allez l'acheter en kiosque ou dans le rayon presse du supermarché pour le glisser dans votre cartable, ou le lire dans le bus ou le métro.
Et pour tout ce qui vous manque encore dans le magazine, venez vous exprimer ici, écrivez au journal (contact email) pour suggérer des articles, de l'actu : il y a des gens payés pour ça qui feront un article bien écrit et agréable à lire, même si vous ne savez pas manier la langue ou faire un blogue intéressant et bien mis en page, à partir d'un de vos courriels. Échangez avec le journal, ne soyez pas simples consommateurs ou juste là pour critiquer et dire « j'aime, j'aime pas », ou vous insulter les uns les autres sur ces forums à cause de vos opinions politiques.