Christophe Beaugrand: «Mon homosexualité ne m’a pas fermé de portes»
Pour fêter ses 15 ans, TÊTU a réuni près de 30 stars lors d’une séance photo événement. Tout au long du mois de juin, vous avez découvert plusieurs clichés de ce shooting. Aujourd'hui, découvrez la photo du journaliste Christophe Beaugrand et son interview sans langue de bois.

TÊTU: Cette année, TÊTU fête ses 15 ans. Que t’inspire cet anniversaire?
Christophe Beaugrand: J’ai envie de dire: seulement 15 ans! J’ai l’impression que TÊTU a toujours fait partie du paysage. Ce magazine a su trouver une place à part entière dans les kiosques. Et c’est vrai que j’ai connu TÊTU quand j’étais gamin, au tout début du journal. J’avais 17 ans et j’allais l’acheter avec des frissons, en craignant qu’on me voie.
Acheter TÊTU chez un marchand de journaux, ça a finalement été une étape de l’acceptation de mon homosexualité, puis de sa revendication. Je me suis dit: «je suis fort, maintenant, j’ai acheté TÊTU!» Et puis ça faisait du bien de voir un journal gay qui n’était pas planqué dans les revues de cul sur la dernière étagère!
Tu connais donc bien TÊTU. Que penses-tu du magazine?
Ce que j’aime, c’est cette façon de parler de manière simple et décomplexée et surtout de parler à tous les publics. Ne pas se réserver à une élite parisienne mais parler à tout le monde. Il n’y a pas qu’à Paris qu’il y a des homos ! Les médias comme TÊTU, et comme a pu l’être PinkTV à ses débuts, ont un rôle essentiel de désenclavement pour certaines personnes isolées.
Quand on est paumé, au fin fond de sa campagne, qu’on a parfois l’impression d’être seul au monde, seul à être différent, un magazine comme TÊTU, c’est une bouffée d’air frais indispensable! Après, je n’aime pas forcément tous les articles… surtout quand on essaye de catégoriser un peu trop les gens. Mais je trouve que le magazine a bien évolué ces derniers mois.
Je suis bien dans ma peau et si je peux montrer à des jeunes gays que c’est possible d’être heureux, d’être respecté dans son travail en s’assumant, naturellement, alors c’est gagné!
Pourquoi as-tu accepté de participer à cette séance photo?
Parce que pour moi, c’est naturel! TÊTU m’a sollicité et ça m’a vraiment fait très plaisir de participer. J’ai nécessairement un lien particulier avec la communauté homo du fait de mon passé sur PinkTV. Et puis je suis engagé dans la luttre contre le sida et contre l’homophobie. J’ai participé à un spot l’an dernier. Pour moi, s’exprimer sur ces sujets permet de faire avancer les mentalités.
Aujourd’hui je bosse sur un média populaire et grand public, TF1, et si je peux apporter une petite pierre à l’édifice, je le fais bien volontiers. Je dirais même que c’est un peu un devoir quand on a la chance de faire le métier qu’on rêve de faire. Je suis bien dans ma peau, bien dans mes baskets et si je peux montrer à des jeunes gays que c’est possible d’être heureux et de s’éclater, d’être respecté dans son travail et dans son milieu, en s’assumant, naturellement, alors c’est gagné!
Tu as posé avec Karine Ferri. Vous vous connaissez?
Très bien oui! Nous avons été présentés par un pote en commun et nous avons travaillé ensemble sur Goom Radio, la web-radio lancée par Roberto Ciurleo, l’ex-boss de NRJ. On a animé des émissions people décalées très rigolotes.
Quand j’ai rencontré Karine, j’ai découvert une fille géniale, très drôle et assez loin de l’image lisse que les médias ont pu renvoyer. Elle est ultra gay-friendly, je dirais même qu’elle a un «petit pédé» à l’intérieur! Elle passe son temps à me dire qu’elle aimerait être avec moi. On finira peut-être par faire un enfant ensemble, qui sait? Et puis, elle a une bonne descente et j’adore faire la fête avec elle.
Comment ça s'est passé sur le shooting?
On s’est beaucoup marré! On a eu du mal à sélectionner les bonnes photos, il y en avait tellement… Certaines plus ou moins délirantes, mais Karine avait peur que M6 refuse la publication. Notamment les photos où je la chevauchais. J’ai manqué de me faire un tour de rein en la tenant sur mes épaules. Elle n’est pas très lourde, je vous rassure… mais surtout je ne suis pas très musclé!
Tu es l'un des grands spécialistes de l'actu people. Qu'est-ce qui a changé en 15 ans? En particulier dans la façon dont on parle de l'homosexualité des célébrités?
On a beaucoup évolué et heureusement. Aujourd’hui, les personnalités peuvent parler beaucoup plus ouvertement de leur sexualité. Il suffit de voir Ricky Martin! Il a mis du temps à faire son coming out mais il a fini par le faire. Bon, j’avoue, ce n’était pas un scoop!
Je pense qu’on a passé un étape et qu’aujourd’hui, le grand public n’est plus choqué. En tout cas la majorité. Des personnalités très populaires comme Laurent Ruquier ou Stéphane Bern assument et en parlent sans complexe. A mon niveau, je n’hésite pas non plus à dire des choses quand je le peux.
Laurent Ruquier, Stéphane Bern... N'empêche que tu es l'un des rares jeunes journalistes ouvertement homos du PAF. Pourquoi il y a aussi peu de journalistes «out»? Est-ce que certains t'ont demandé des conseils pour faire leur coming out?
Comme je l’ai dit, l’aventure Pink m’a beaucoup apporté professionnellement mais aussi personnellement. Je me suis rendu compte que mon homosexualité ne m’avait pas fermé de portes. Et comme ce n’était plus une question pour moi, ça m’a permis d’être naturel et spontané à l’antenne. Je peux me permettre d’être à l’antenne comme dans la vie.
Peu de personnes prennent le même risque, c’est vrai. Je pense qu’il y a toujours une crainte: vais-je être accepté? Est-ce que ça va me freiner dans ma carrière? Certains collègues animateurs m’ont déjà posé la question, oui. Certains pensent être des «idoles des ménagères» et craignent qu’un coming out les coupe de leur public féminin. Un peu à l’instar des boys band il y a quelques années. Peur de perdre leur public de minettes.
Je pense que lorsqu’on n’a pas réglé ce problème-là dans sa tête et dans sa peau, on ne peut pas être soi-même. Et selon moi, quand on est animateur ou chroniqueur, on doit «donner» aux gens. Il faut être libre d’être soi-même et ensuite les gens vous acceptent. Ou pas. C’est une prise de risque, mais c’est la vie. Alors je reste TÊTU et persuadé que les gens vous acceptent quand vous, vous vous acceptez.

Photos: Matthieu Lemaire Courapied pour Mediaholic.
















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De NémoGizmo
son discours est assez intéressant.
on se demande bien de qui il cause en parlant des «idoles des ménagères" qui "craignent qu’un coming out les coupe de leur public féminin"? :-))
cela dit, des journalistes et présentateur(trice)s peu connus, y compris de LCI la chaîne dont il vient, ne sont pas des "stars des ménagères" et se planquent pas mal aussi...
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De LONELYRAINBOW
Inintéressant, qulifierait mieux tes monologues sur ce site...
Sinon pour ma part et pour revenir à Christophe Beaugrand, je trouve bien qu'un jeune mec mignon assume son homosexualité à la télé.
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De MlleF
C'est sur que ton intervention brille vachement plus de mille feux de la lumière transcendentale de l'intelligence suprême lonely rainbow....
Cette pauv' mode de la méchanceté pour paraitre super cool, c'est d'un ringard...