«Avec BUTT, nous voulions faire un magazine stimulant et excitant!»
INTERVIEW. Le fanzine célèbre pour ses photos crues sur papier rose a sorti son ultime édition en décembre dernier. Retour avec les fondateur du titre sur cette aventure de dix ans qui va désormais se poursuivre sur le web.

Après avoir disparu des kiosques pendant deux ans, la revue BUTT tirait sa révérence en décembre avec un ultime numéro. TÊTU a tenu à rencontrer Gert Jonkers et Jop van Bennekom, les deux fondateurs de ce fanzine gay et merveilleux. L'occasion de revenir sur dix ans d'une aventure en papier rose!
TÊTU: Après dix ans de bons et loyaux services vous avez décidé de sortir un ultime numéro de BUTT Magazine, pourquoi arrêter maintenant?
Gert Jonkers et Jop van Bennekom (ci-contre): «De bons et loyaux services», on aime beaucoup cette expression, merci! Nous n'arrêtons pas BUTT, nous mettons simplement un terme à l'édition papier. L'aventure continue sur notre site internet. L'ambition de BUTT a toujours été de connecter les homos entre eux à travers le monde. Désormais cela est devenu plus simple avec internet. S'il y a bien une chose qui a toujours été un vrai calvaire, c'est la distribution du magazine. Il y a plein d'endroits dans le monde où BUTT n'était pas disponible. Le net est la manière idéale de toucher le monde entier.
Economiquement, produire un tel magazine était devenu compliqué?
Il y a de ça aussi. BUTT n'a jamais eu pour vocation de nous rapporter de l'argent. Nous voulions simplement faire un magazine et intéresser nos lecteurs. Et c'est avec l'argent de ces lecteurs et de la publicité que nous avons pu continuer à produire BUTT pendant toutes ces années. Mais la nature même d'une telle revue implique des choses assez pénibles pour la rendre commercialement viable et ça, ça ne nous a jamais réellement passionnés.

Quelles étaient les influences de BUTT? Vous vous inspiriez d'autres revues?
Les bonnes conversations entre amis ou avec des étrangers, voilà ce qui nous nous inspirait! On adore échanger, parler avec des gens nouveaux. D'autres revues ont fonctionné un peu de la même manière. Je pense à Interview période Andy Warhol, After Dark ou le fabuleux livre portrait/interview du photographe Francesco Scavullo. On s'est également pas mal inspiré de Straight To Hell, de vieux numéros de Honcho ou Drummer.
Quelle idée vous faisiez-vous du lecteur de BUTT?
L'idée d'avoir un archétype de lecteur, avec un look précis, est assez déprimante. BUTT se voulait inclusif, abordant une grande variété de sujets, même si effectivement la plupart de nos thématiques étaient gay, bi ou queer. Beaucoup de femmes -lesbiennes ou hétérosexuelles- adoraient lire BUTT, pour notre plus grande fierté!
Quel regard portez-vous sur la presse gay aujourd'hui? Vous la lisez? Il y toujours une place pour les magazines «pour et à propos des pédales» (le slogan de BUTT)?
Il y aura toujours une place pour les bons magazines comme il y en a pour les bons films et la bonne musique! Avec BUTT nous voulions simplement faire un magazine pour les gays qui soit à la fois stimulant et excitant à lire!
En dix ans, la communauté gay a beaucoup changé. Vous avez été témoins de ces transformations. Selon vous, quels sont ces changements les plus importants?
C'est paradoxal, le mariage des homos s'installe dans de nombreux pays, mais en même temps, l'homophobie et les agressions envers les homos semblent elles augmenter de plus en plus. Et au sein de la communauté gay, la drague sur le net a pris une ampleur considérable, pour le meilleur comme pour le pire.

Au fil des années vous avez déshabillés un nombre incroyable de célébrités! On se souvient des photos de Jake Shears, Michael Stipe, Lorenzo Martone (ci-dessus) ou encore Owen Pallett posant «cul-nu» dans votre magazine ! Comment faisiez-vous pour les convaincre?
On est les premiers surpris! Il n'y avait pas de «botte secrète» si ce n'est être toujours honnêtes et respectueux avec eux.
De quel article ou interview êtes-vous le plus fiers?
Dresser une telle liste reviendrait à minorer la qualité de toutes nos autres interviews! Ok, il y a un titre dont je suis assez fier, c'est celui d'un article consacré à François Sagat publié en 2006: ça s'appelait «Piss Drinking porn star was born In Cognac» («Cette pornostar qui boit de la pisse est né à Cognac»)
What's next for you?
Nous continuons de travailler sur le site de BUTT et sur nos deux autres magazines Fantastic Man et The Gentlewoman. On a aussi plein d'autres projets à venir.
Buttmagazine.com va changer dans les mois qui viennent?
Bien sûr! C'est la nature même du web, les choses évoluent changent et grandissent. Cela va même en s'accélérant puisque désormais le lecteur est très impliqué dans le processus de création, bien plus que pour une édition papier! C'est selon nous l'un des aspects les plus intéressants du net.
Vous avez vu passer tellement de paires de fesses que vous avez gagné vos galons d'experts en la matière. Selon vous, ça ressemble à quoi un «cul parfait» ?
Il doit être bien rond et bien ferme!










LES CHAÎNES 











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De laurent paris
dommage qu'ils aient gardé sur le site le même rose sale qui me rebutait sur le mag. il y avait des articles intéressants mais niveau au esthétique (les photos ci-dessus ne sont pas les plus représentatives) on ne peut vraiment pas dire qu'ils ont fait dans le lisse et fédérateur. ceci explique peut-être cela.