Tristan Garcia: "La communauté homo est un bon prisme pour raconter les années 80"
Les questions LGBT dans la presse, chroniquées par Têtu.com.
Tristan Garcia, le jeune auteur qui a reçu le prix de Flore pour son premier roman La meilleure part des hommes se dévoile dans le dernier numéro des Inrockuptibles (en kiosques depuis le 16 décembre). Encensé comme la révélation littéraire de l'année, pour son récit des années 80, entre contre-culture gay et et nouveaux philosophes, Tristan Garcia confie "qu'aujourd'hui, il y a ceux qui m'aiment pour de bonnes raisons, et d'autres pour de mauvaises. M'aimer pour l'époque que je décris fait partie des mauvaises raisons. Je voulais bien sûr parler d'une époque, mais surtout écrire un conte intemporel, et je pense que la dimension du conte moral a été largement éclipsée par le côté roman d'époque". Son éditeur Gallimard ne s'en est pourtant pas privé en " vendant " celui-ci comme le roman "des années sida"...
Le jeune auteur explique en outre que "les débats autour du sida" n'étaient pas "le projet de départ". Alors pourquoi ce jeune auteur (hétérosexuel) a fini par s'intéresser à la communauté homosexuelle? "Je voulais d'abord faire un livre centré sur les années 80, et faire le compte de ce qui reste des années 60-70, avec des personnages gauchistes ayant vécu la contre-culture et qui tomberaient dans la dépression des années 80. J'ai eu peur que ce soit un livre un peu morne, et j'ai pensé que la communauté homosexuelle serait un prisme plus intéressant, qui soulignait et dramatisait plusieurs aspects de l'époque : d'abord l'émancipation et la joie, le détournement d'un certain mauvais goût en une forme de contre-culture, et ensuite tout le côté mortifère de l'époque avec la maladie. C'est resté une culture en marge mais qui a en même temps réussi son intégration dans la société ".
À la fin de l'interview, Tristan Garcia lève enfin le voile sur son prochain roman, "un livre d'aventures sur les singes, avec un singe narrateur". Une histoire de singe savant?











