Polémique autour d'une "high school" LGBT à Chicago
L'homosexualité dans la presse, chroniquée par Tetu.com.
Le projet d'un collège-lycée ("high school") pour les adolescents gays, lesbiennes, et transgenres de Chicago (photo) doit être voté mercredi 22 octobre au conseil d'administration des Chicago Public Schools. Dans The Chicago Tribune (daté du 10 octobre), Arne Duncan, le responsable du projet, explique: "Nous voulons créer de nouveaux choix pour des communautés qui ont été traditionnellement desservies. Selon les études nationales, les étudiants gays ont des taux d'abandon élevés."
Ainsi, un récent rapport du GLSEN (Gay Lesbian and Straight Education Network) indique qu'aux USA 86% des élèves homosexuels ont été victimes de harcèlement à l'école en 2007, et que 61% se sentaient en insécurité (l'enquête a été réalisée dans 6.000 établissements: écoles, collèges et lycées).
À Chicago, l'école gay-friendly devrait accueillir à terme 600 élèves qui seront recrutés "à travers toute la ville, sur la base d'une loterie", note The Chicago Tribune. Des cours sur l'identité sexuelle en littérature ou en histoire seront intégrés au cursus, et un accompagnement sera proposé, selon Chad Weiden, le futur principal de ce "Pride Campus" qui s'inspire en fait de deux écoles: la New York's Harvey Milk School et la Milwaukee's Alliance High school.
Pourtant, ce projet est loin de faire l'unanimité, chez les antigays bien sûr, mais aussi chez les militants gays: ils sont nombreux à critiquer le fait que cette école développerait en fait la ségrégation, dont sont déjà victimes les jeunes homosexuel(le)s. La National Public Radio (le 9 octobre) propose d'ailleurs un reportage et un article sur la création de cette école: "L'école devrait être sûre pour tout le monde. Mais je ne suis pas sûr que la ségrégation soit la voie à suivre", note ainsi Hantas Fermer. Un éditorial du Los Angeles Times (du 20 octobre) se demande d'ailleurs si "une telle école ne renforcerait pas les problèmes en essayant de les résoudre". Et le quotidien d'insister: "L'intérêt de la ville de Chicago pour ses élèves gays est louable, mais est loin de résoudre le problème, car la création d'un environnement cloisonné et ségrégé représente une solution de facilité, un échappatoire (…) Au lieu de se demander si les adolescents gays ont besoin d'un répit devant la méchanceté de certains élèves au collège ou au lycée, les responsables de l'éducation devrait se demander pourquoi les principaux n'ont pas imposer dans leurs établissements la tolérance zéro à l'égard de ces comportements malveillants." En attendant d'avoir une réponse à cette intéressante question, l'école de Chicago ouvrira avant 2010.
Photo: DR.











