Dans "Gus", John Vincke rappelle que le combat pour les homos n'a pas de fin
L'homosexualité dans la presse, chroniquée par Tetu.com.
Ce mois-ci, Gus, le magazine gay du Benelux, a interviewé John Vincke, professeur de sociologie à l'Université de Gand. Au milieu des années 1980, il fut l'un des premiers à analyser d'un point de vue sociologique les pratiques sexuelles des gays, et a étudié ces dernières années la question du suicide chez les jeunes homos. Dans l'entretien, il déplore "la contradiction entre l'acceptation de l'homosexuel en tant qu'individu pour des raisons "politiquement correctes", et l'aversion persistante à être confronté à la culture homosexuelle". Rien n'est gagné donc.
"Aux Pays-Bas, par exemple, la formation du dernier gouvernement a débouché sur une régression pour la cause homosexuelle. Les fonctionnaires ont désormais le "droit du refus": c'est-à -dire qu'un fonctionnaire de l'état civil qui émet des réserves vis-à -vis du mariage homosexuel n'est plus obligé d'en célébrer un, rappelle-t-il. Les progrès accomplis ces dernières années n'ont rien de droits acquis. Les minorités doivent se rendre compte qu'elles ne peuvent s'arrêter de se battre pour leurs droits, au risque de les perdre".
Bref, le sociologue garde le cap: "Les homosexuels et les lesbiennes ne sont pas seulement une minorité sexuelle, mais également une minorité culturelle." Mais constate: "Les réseaux reposent de moins en moins sur l'activisme et de plus en plus sur la consommation. De moins en moins d'homosexuels se voient comme une minorité sexuelle qui doit être également politiquement active, et de plus en plus se considèrent comme des hommes qui consomment une forme de sexualité spécifique." Et à ce petit jeu, si certains le déplorent, d'autres s'y complaisent avec délice.
En tout cas, le sociologue note un point positif dans les évolutions de ces derniers années: "L'âge du coming out a tendance à diminuer. Il a lieu trois ans plus tôt qu'il y a quinze ans, généralement, entre quatorze et quinze ans."











