«That’s so gay», l’expression qui fait mal?
En anglais, gay ne veut pas uniquement dire «homosexuel», il signifie aussi «nul» ou «craignos». Une Université américaine a donc décidé de mesurer l’impact de cette insulte voilée sur les gays, lesbiennes et bisexuels.
Mylène Farmer l’avait dit dans un anglais balbutiant: «You could kill a life with words», mais une université du Michighan a donné un vernis scientifique à cette sentence. Il y a quelques jours, elle a publié dans le Journal of American College une étude sur l’impact réel de l’expression «That's so gay» sur la santé des jeunes gays, lesbiennes et bisexuelles. Cette expression se traduit par «ça craint» ou «c’est nul», mais l’emploi du terme «gay» ajouterait une lourdeur personnelle à la critique.
Une expression récurrente
Selon l’étude effectuée sur 144 lesbiennes, gays ou bi de 18 à 25 ans, les étudiants de la communauté qui entendraient souvent cette expression auraient plus tendance à souffrir «de maux de tête» et de «problèmes d’appétit ou alimentaire». «Entendre cela, donne l’impression qu’être gay est un problème», explique Michael Woodford, co-auteur de l’étude et professeur de Sciences sociales.
«Les étudiants de cette minorité sexuelle peuvent vraiment avoir l'impression d'être exclus au sein même de leur campus en entendant cette phrase». Et apparemment, les «That’s so gay» se lancent à tous les coins de couloirs. Environ la moitié des sondés ont avoué avoir entendu cette expression au moins dix fois dans les 12 derniers mois.
Controverse Katy Perry
Pour Michael Woodford, il suffirait d’un peu de prévention pour que ces détresses infligées soient évitées: «le personnel et l’université doit comprendre que l’utilisation d’un tel langage peut faire beaucoup de mal aux étudiants. Avec de la chance, ils auront des initiatives qui permettront d’éliminer ces mots du campus».
Le problème, selon certains, c’est que beaucoup ne font pas le lien entre «gay» et le fait d’être homosexuel. Une excuse qui, pour beaucoup d’autres ne tient pas, surtout depuis la controverse autour de la chanson de Katy Perry «You’re so gay », qui se traduit clairement pas «tu es tellement nul».
Illustration: porte-clés en vente ici.










LES CHAÃŽNES 











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De Renaud
c'est très utile une étude pour prouvé que les insultes blesse ..........
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De Pelle Svanslös
Oui c'est utile car très nombreux sont ceux qui prétendent le contraire. Beaucoup ont tellement intégré ces insultes qu'ils en arrivent à être convaincus de leur caractère inoffensif et/ou bénin. Ceux qui, le plus souvent au nom de la liberté d'expression, veulent absolument avoir le privilège d'utiliser ses expressions auxquelles ils sont habitués et qu'ils aiment bien prétendent précisément que ces insultes ne blessent pas, qu'elles ne sont que des façons de parler innocentes.
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De Pelle Svanslös
C'est pas plus stupide que ceux qui prétendent, sans la moindre étude, que les insultes homophobes n'ont aucun impact (et ils sont nombreux).
Je me garderai pour ma part de juger une étude dont je ne sais rien.
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De samh
l'expression a été importée en France (du moins à Paris). Si vous circulez entre le 16e et Boulogne, vous entendrez les lycéens dire à tout bout de champ "c'est pédé" pour dire "c'est nul", et "t'es pédé" pour dire "t'es nul"... je pense qu'ils mesurent exactement l'impact de leurs paroles. Vu leur milieu d'origine (bourgeois conservateurs, pour les non parisiens), il y a à coup sûr une jouissance sadique à utiliser cette expression dans les lieux publics.
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De Didier56
En effet, combien de gens disent que pd, c'est pas homophobe, qu'ils l'emploient tout le temps, mais qu'ils n'ont rien contre les homos. Ben maintenant, j'ajoute cet article aux favoris, comme ça je pourrais leur montrer!
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De Erb
Pour signifier que nous étions des dégénérés, un professeur de français nous traitait, la classe entière, d'homosexuels, sur un ton empreint d'un mépris surjoué qui lui procurait une petite jouissance et lui dessinait un sourire vaguement cruel. Le même, professeur quelconque de français, quoique très savant, et professeur exceptionnel de lettres classiques ! dont l'épouse dirigeait le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris... fumait en classe et écrasait ses mégots dans le porte-craies, au grand dam des autres professeurs qui se dégueulassaient les doigts surpris et dégoûtés. Jamais ses collègues, pourtant coalisés, et ayant souvent alerté la direction, n'eurent gain de cause. C'était un autre temps, les années 80... dans un lycée catholique.
Qu'on l'estime ou non, Didier Éribon, après Foucault, insiste sur le caractère structurant de l'insulte inlassablement subie par les jeunes gays, qui les construit, bien malgré eux, dans le mépris de soi, la honte, la dissimulation. Peu, grâce à leur entourage ou à leur famille, échappent à ces sigmates jamais complètement :y j'en tiens pour preuve jusqu'à la réaction compensatoire de fierté, qui chez certains relève d'une «surcompensation» si la flagrante. Ils sont si nombreux, et parfois si tristes derrière leur masque. — Heureusement, ce schéma n'est ni général, et encore moins obligatoire : les LGBT, loin de souffrir d'un «douloureux problème», peuvent ou savent être bien plus épanouis, et plus libres, que de banals hétéros autrement prisonniers de conventions sociales castratrices
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De Erb
: une cellule dont ils ignorent qu'ils en sont les détenus. Comment pourraient-ils en chercher, seulement chercher, la clé ?
Inutile de préciser que je n'ai mené aucune étude sur le sujet !
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De Erb
(Désolé des petites coquilles : petit smartphone...)
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De samh
@Lafcadio
je comprends ce que tu veux dire... néanmoins, dans le cas que je décris, ce ne sont pas des ados qui cherchent à en rajouter pour ne pas se retrouver exclus. Il s'agit de filles et de garçons, plutôt bien mis et très à l'aise, qui lancent avec un grand sourire "tel endroit c'est pédé" (pour dire que c'est nul, rien à voir avec une quelconque fréquentation de l'endroit), ou simplement : "tes pompes sont crades, c'est pédé". Je pense qu'il faut vraiment le voir et l'entendre pour saisir tout l'impact de la chose, qui retourne en un mot les quelques avancées et libertés que les gays ont gagnées ces derniers temps.