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«Têtu»: une histoire

Par Didier Lestrade mercredi 01 février 2006, à 00h00 | 1751 vues
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Quand il soumet à pierre Bergé, en 1994, le projet d'un magazine qui ne s'appelle pas encore «Têtu», Didier lestrade est critique musical à «Libération». Après avoir fondé et présidé Act up-Paris, il a vécu la fin de «Gai Pied» de l'intérieur.

A l'occasion de ce numéro 100, il revient sur l'ambition éditoriale de "têtu", un magazine pensé avant tout pour ses lecteurs. Tous les projets de presse naissent dans l'appréhension. Dans le cas de Têtu, la peur était peut-être plus forte encore. Pascal Loubet et moi-même étions journalistes, mais sûrement pas ce qu'on appelle communément des "hommes de presse". En 1995, l'incertitude était tout autour de nous. Nombreux étaient ceux qui pensaient que créer un nouveau magazine gay et lesbien relevait de l'entreprise impossible. Nous devions affronter de nombreux défis: le choix du titre d'abord, la constitution d'une équipe ensuite, enfin et surtout la définition d'un ton porté par une maquette forte, le tout en apprenant à travailler avec un homme puissant, Pierre Bergé. Le projet de Têtu était crucial, car il sous-entendait que nous allions aborder un moment de notre vie qui aurait des conséquences pour la communauté dans son ensemble. Réaliser les rêves Les premiers rendez-vous chez Pierre Bergé, dans ses bureaux de l'avenue Marceau, étaient intimidants. Nous n'étions pas spécialistes de mode, et nous n'éprouvions donc aucune fierté à pénétrer dans une maison de couture considérée par beaucoup comme un temple. Nous étions surtout inquiets à l'idée de ne pas être à la hauteur. Nous étions concentrés sur la nécessité de trouver le ton juste. Il nous fallait convaincre en trouvant les mots qui pourraient rapprocher des personnalités très éloignées et des hommes qui ne se connaissaient pas. Comme s'il fallait convaincre la communauté qui nous entourait et ceux qui avaient le pouvoir de réaliser les rêves.

Le rêve initial était de trouver un successeur à Gai Pied, le magazine qui a accompagné la libération homosexuelle en France de 1979 à 1992. Deux ans après sa liquidation, Gai Pied avait refusé le projet de Têtu. Malgré notre insistance, Pascal Loubet et moi étions découragés, prêts à abandonner. Le concept de Têtu était peut-être trop ambitieux: il fallait pallier le vide de la presse gay, mais nous voulions surtout susciter un espoir au moment le plus sombre de l'épidémie de sida tout en développant un support qui puisse convaincre des annonceurs très réticents, à l'époque, à l'idée d'associer une marque de vêtements ou de parfums à l'homosexualité. Nous savions que le "marché gay" était là, mais personne ne voulait l'investir, surtout pas dans le cadre de notre projet éditorial, qui voulait se tourner vers le grand public et donc se détacher des publicités "hard" pour les 3615 alors fleurissants. Nous disposions d'une prémaquette, d'une idée forte, d'un nom (Pride) et d'une bonne dose de témérité. Mais c'est bien peu quand on a les poches désespérément vides. Un jour, Pascal en vint à ce constat: notre dernière chance résidait du côté de Pierre Bergé. Notre surprise a été grande de voir ce dernier montrer tout de suite son intérêt, uniquement parce que nous étions les fondateurs d'Act Up-Paris. Quelques mois plus tard, après deux études de marché et plusieurs réunions, le noyau de base de Têtu était formé. Christophe Girard, qui était alors le principal collaborateur de Pierre Bergé, était notre interface auprès de lui. Pascal Loubet établissait les bases techniques du magazine. L'organisation, le savoir-faire, l'autorité, la conviction étaient de son côté. Moi, j'étais celui qui avait eu l'idée et qui arrondissait les angles. Avec nous, Norbert Pochon, ancien de Gai Pied, se chargeait du marketing et de la publicité. Aujourd'hui, Norbert est le seul membre de l'équipe issu du noyau originel qui ait connu toutes les étapes de la vie de Têtu.

Enfin, un autre ami a eu un rôle décisif à cette époque. Le journaliste Loïc Prigent nous a offert le titre du journal. À peine un mois avant le lancement de Pride, la Lesbian&Gay Pride (LGP), s'estimant propriétaire du terme anglais désignant la "fierté", nous menaça de poursuites, avec la volonté évidente de tuer dans l'œuf un projet qui lui était totalement étranger. En catastrophe, il fallait rebaptiser le magazine. Au cours d'une séance de brainstorming, Loïc proposa le nom de Têtu, qui était celui du fanzine qu'il avait créé dans sa Bretagne natale. Il sauva notre premier numéro. C'est encore une particularité française: la LGP est la seule association homo du monde qui se soit légalement accaparé la "fierté". Arrêt au numéro trois On comprendra que je ne conserve pas beaucoup de bons souvenirs de cette époque. Têtu s'est construit dans la douleur. Nous n'avions pas de locaux, mais nous voulions réaliser quelque chose qui n'avait jamais été fait en France: un magazine gay et lesbien à grand tirage. Et, comme si l'enjeu n'était pas assez complexe, nous voulions lui donner une âme, un esprit.

L'angoisse était donc permanente, cela ne sert à rien de le cacher. Il faut aussi se rappeler les conditions techniques de l'époque. En 1995, pas d'Internet, pas de haut débit. À peine quelques téléphones portables. Les pages étaient envoyées chez l'imprimeur par le biais des fameux SyQuest, de gros disques pas toujours très fiables. La maquette de Têtu était d'ailleurs assez fruste, très rigide. C'est une des raisons qui menèrent l'équipe de Têtu à suspendre la parution du magazine au bout du troisième numéro. Pour réfléchir. Notre rêve était mort-né et notre expérience de journalistes nous avait appris que les publications interrompues sont rarement relancées. Mais les rotatives se sont mises en marche, de nouveau. Sur de nouvelles bases, et avec la conviction que ce serait notre dernière chance. Têtu a commencé à relever un peu la tête, mais les ventes stagnaient, et l'équipe ne fonctionnait pas bien.

Quand Thomas Doustaly a pris la direction de Têtu, en novembre 1997, le magazine a prouvé qu'il savait s'adapter en se montrant plus agressif, plus mordant. Pascal Loubet nous avait secoués pour nous convaincre d'exister, Thomas nous a rendu plus exigeants. Faire un média homosexuel n'était pas suffisant, il fallait que notre magazine n'ait pas de complexes par rapport à la grande presse. Thomas voyait grand. Très vite, la pagination a augmenté. En 1997, il était possible de glisser 11 numéros de Têtu dans sa reliure. Trois ans plus tard, on n'en mettait plus que six. Aujourd'hui, Têtu est si épais qu'on en met quatre, à peine, en tapant dessus avec une masse.

À partir de 1998, Têtu s'est développé et s'est renforcé; depuis, chaque année, les lecteurs et les annonceurs ont été plus nombreux. Il est pourtant difficile de se tenir à des partis pris quand l'économie s'en mêle. Têtu avait un véritable défi à relever: s'adresser à des lecteurs et séduire des annonceurs ayant des intérêts et des besoins différents. Parfois même divergents. Grâce à l'acharnement de tous, et à l'évolution de plus en plus nette des professionnels de la pub, Têtu a montré sa capacité à affronter les réalités économiques de la presse hexagonale sans transiger sur son message, un équilibre (parfois périlleux) entre le divertissement, l'information et la conviction. L'amateurisme de nos débuts a été la source d'une certaine naïveté du magazine, de sa fraîcheur, de son authenticité, de ses erreurs aussi.

Les lecteurs qui découvrent Têtu aujourd'hui doivent sentir inconsciemment que ce magazine a une histoire, et qu'elle a débuté bien avant sa création. Têtu est le descendant de Gai Pied tout en étant son contraire, il a poursuivi sa mission d'information et d'engagement tout en étant, aussi, pourquoi pas, un magazine futile.

Pendant dix ans, nous avons analysé le développement de la pensée homosexuelle tout en offrant des repères historiques sur l'histoire de notre culture ("Notre XXe siècle"). Nous avons envoyé des journalistes dans le monde entier pour montrer ce qui se passait hors de nos frontières. Nous avons entendu les critiques venant de nos lecteurs de province et, en novembre 2000, nous avons créé l'agenda, à partir du numéro 50. Faute de concurrence pérenne en France, nous avons sans cesse été motivés par une émulation et une certaine compétition avec la presse gay internationale, qui a été, au début en tout cas, notre influence majeure. Nous avons de plus en plus ouvert nos pages aux lesbiennes. Nous avons essayé de faire preuve d'autodérision.

Nous avons tenu, sans faillir, notre promesse de tout dire sur le sida, les bonnes comme les mauvaises nouvelles. La manière d'aborder l'épidémie est d'ailleurs le socle inébranlable sur lequel repose la ligne éditoriale de ce magazine. Il n'y a pas un seul autre titre gay dans le monde qui ait suivi l'évolution de cette maladie comme nous l'avons fait. Têtu est parvenu à obtenir une indépendance rare sur le sujet et nous savons aussi, paradoxalement, que cette liberté d'écriture provoque la méfiance.

Nous sommes indépendants, donc nous ne nous satisfaisons pas de lieux communs. Les homos mal à l'aise? Ce numéro anniversaire devrait permettre de comprendre une situation nouvelle: les homosexuels semblent aujourd'hui mal à l'aise dans la société. Ils attendent beaucoup et sont blasés à la fois. Ils sont frustrés, mais peu mobilisés. Ils n'ont pas encore pris conscience que les dix dernières années comptent parmi les plus importantes de l'histoire moderne de l'homosexualité. La liste des acquis est longue. Une visibilité incroyablement développée dans les médias et dans la vie de tous les jours.

Un espoir se dessine, celui de la fin de l'homophobie. Une envie de vivre comme une minorité parmi d'autres, à égalité avec les autres citoyens. Une soif de respect. La reconnaissance d'un style de vie et d'une culture. Et une batterie de multithérapies pour combattre notre ennemi direct, le VIH. Têtu a été le témoin privilégié d'une période extraordinaire que les gays et les lesbiennes ont peut-être du mal à comprendre. Tout est allé très vite, à l'image d'une société qui, sous l'effet conjugué d'Internet et du 11 septembre 2001, a radicalement changé depuis juin 1995.

Quand Têtu est né, Jacques Chirac entamait tout juste son premier mandat de président de la République, et François Mitterrand venait à peine de quitter l'Élysée… Dix ans qui peuvent paraître un siècle, pendant lesquels Têtu a observé, commenté et accompagné la vie de ses lecteurs, de la consommation au militantisme, de la culture à la pornographie, des victoires politiques aux échecs collectifs, nous avons voulu tout voir. Dans nos pages "Timbrez", des centaines de courriers de lecteurs ont offert un autre commentaire de l'actualité et une analyse, souvent sévère, mais toujours stimulante, du travail de la rédaction.

Futilité et proximité

Aujourd'hui, les gays et les lesbiennes attendent de leur magazine l'impossible. Pour être aimé, Têtu devrait faire 300 pages tous les mois et faire sans cesse le grand écart entre les hommes et les femmes, les jeunes et les plus âgés, les privilégiés et les précaires, les révolutionnaires et les conservateurs, les pro- et les anti-safe sex. On reproche à Têtu la futilité de ses couvertures, mais on ne voit pas les nombreuses pages d'infos. On veut des hommes sexy, mais on ronchonne quand ils sont nus – ou l'inverse. On veut plus de lesbiennes, mais, tant que la parité arithmétique ne sera pas atteinte, certaines lesbiennes seront en colère. On fustige le parisianisme, mais on survole l'agenda. On s'attend à recevoir la meilleure info sur le VIH dans le monde, mais on ne lit pas toujours les pages "Têtu+". On veut rêver en regardant la mode, mais on s'imagine que Têtu ne devrait surtout pas être fashion. Têtu en est arrivé à consacrer régulièrement une rubrique, "C'est votre enfant?", aux parents homos, donc aux couches pour le premier âge, aux jouets pour bébé, et tout cela dans un magazine homosexuel! Si vous croyez que nous imaginions, il y a dix ans, que les réunions de rédaction de Têtu résonneraient de mots tels que "test prénatal"! Il faut dire que Têtu n'a pas bénéficié d'un ancrage historique à sa création. Par exemple, pour les homosexuels plus âgés, l'essor de Gai Pied est intimement lié à l'interview de François Mitterrand à la veille des élections de 1981. Gai Pied, qui existait pourtant depuis presque deux ans, a bénéficié de l'arrivée de la gauche au pouvoir. Un good timing providentiel. Sans élément marquant à sa naissance, Têtu a donné l'impression qu'il était sorti de nulle part. Un long quiproquo a suivi, accentué par l'arrêt de la publication après les trois premiers numéros. Malgré un premier numéro annonçant, en couverture, une politique homosexuelle qui encourageait clairement le coming-out et l'abandon de la honte liée à l'homosexualité, certains ont préféré se convaincre que Têtu n'était pas un titre militant. Son nom ressemblait trop, disaient-ils, à celui d'un parfum… Parce que Têtu était dans une position de leader sur son créneau, d'autres ont stigmatisé son hégémonie supposée sur le monde homosexuel, alors que Têtu rêvait de se servir de cet élan pour entraîner le reste de la communauté. Nous avons pourtant donné la parole à tout le monde alors que nombreuses sont les personnalités qui refusaient – et refusent encore aujourd'hui – de nous accorder une interview, de peur d'aborder le sujet de leur propre homosexualité. D'autres, enfin, ont toujours pensé que le positionnement du magazine manquait de clarté sur la place des lesbiennes. Ce positionnement est pourtant extrêmement simple. Plutôt que d'exclure les lesbiennes, comme l'ont fait tous les mensuels gay dans le monde, nous avons choisi d'affronter la réalité: dans Têtu comme dans la vie des homos des deux sexes, il y a des pages qui s'écrivent en commun (les combats politiques, juridiques et l'actualité en général), et d'autres pas (le sexe, évidemment, et tout ce qui est lié au désir: la mode, la beauté, le testing des lieux de rencontre, etc.). Il y a donc beaucoup d'articles de Têtu qui concernent "les gays et les lesbiennes", il y a aussi des pages strictement destinées aux gays, et enfin une rubrique "Têtue". Tout simplement. Mais certains homos ont toujours refusé, par principe, d'encourager ce magazine et ont préféré lui chercher la petite bête. Cette attitude passive/agressive se retrouve dans le comportement qu'adoptent ces gays et ces lesbiennes face à la société: dans leur sexualité, dans leur contact avec les décideurs politiques, face au VIH… À force de penser que tous les droits leur sont dûs, ils oublient de s'engager réellement dans le combat pour changer la société. Faut-il rappeler que les homos, historiquement, n'ont jamais rien obtenu sans combattre? Pourtant, malgré le sida et l'homophobie qui persistent, les gays et les lesbiennes vivent avec des acquis inimaginables il y a trente ans à peine. Arrivons-nous vraiment à apprécier le moment présent? Cette situation nouvelle tarde à produire de nouvelles façons d'être ensemble. Nous devrons pourtant trouver une nouvelle inspiration. Têtu peut y contribuer. Une presse homosexuelle en crise Une partie des lecteurs de Têtu vivent une étrange relation d'amour et de haine envers leur magazine préféré. S'ils ont 25 ans aujourd'hui, Têtu a été le compagnon secret de leur adolescence, de leur coming-out et de leur affirmation. Ce qui n'est pas rien. S'ils ont 35 ans, Têtu est le seul média qui a rempli le vide laissé par un Gai Pied trop souvent idéalisé par ceux-là même qui l'ont laissé mourir. S'ils ont 45 ans, ne voient-ils pas que Têtu est le seul reflet de l'homosexualité que vivent les jeunes? Et, s'ils ont 55 ans, quel vertige cela doit procurer de voir le chemin parcouru depuis les années 60! Nos lecteurs lèvent peu à peu le voile sur la relation unique qu'ils entretiennent avec ce magazine. Ils constatent que Têtu est, comme beaucoup d'autres choses qui entourent les gays et les lesbiennes, une chance. De nombreux pays ne disposent pas d'un tel média. Regardons aux États-Unis: Out, The Advocate et POZ rencontrent tous des difficultés. Cette crise de la presse gay américaine en dit long sur les frustrations et le défaitisme des homos outre-Atlantique. En Angleterre, Attitude reste figé dans l'ornière du show-biz, de la pop et de la fête. Tous ces magazines ont pourtant eu leur heure de gloire en termes de pagination et de publicité. Seul Zero, en Espagne, est un magazine gay (très peu) mixte "on the rise". Dans la presse homosexuelle, le succès est fragile, il peut s'effriter. Ce que nous avons aujourd'hui en France, avec Têtu et maintenant ses concurrents, pourrait très bien s'évaporer demain. C'est pourquoi nous devons plus que jamais nous tourner vers vous. Nous voulons affirmer, une fois pour toutes, un lien culturel et affectif entre une équipe de journalistes et ses lecteurs aux quatre coins de la France. Avez-vous remarqué comment Têtu est présenté dans les gares? Bien sûr, vous l'avez remarqué. Il est à la première place, à l'entrée du point presse, exposé au regard de tous. Ce n'est pas uniquement le résultat d'un long travail de marketing auprès des distributeurs. C'est un symbole communautaire. C'est l'idée d'un magazine gay et lesbien accessible à tous. Dès l'âge de 15 ans. Et, même si la pose du modèle de la couverture est parfois un peu osée, arrêtez, il n'y a pas de honte à avoir là-dessus. Nous sommes des homosexuels, des lesbiennes. La sexualité est partie intégrante de ce que nous sommes. En se montrant de la sorte, Têtu n'est plus seulement un magazine. Têtu devient un facteur de visibilité. Pierre bergé: une relation de confiance Envoyé à Hollywood pour interviewer Alan Ball (lire page 132) pour ce numéro, j'ai découvert que Têtu était connu hors de nos fron-tières. Pour obtenir les interviews des stars américaines publiées dans ces pages, il ne nous a pas toujours été nécessaire de présenter le magazine. Têtu est respecté par des hommes et des femmes qui savent qu'il est difficile de diriger une entreprise de ce type. Certains se demandent même comment ce magazine parvient à poursuivre son développement, quand tant de journaux ont de grandes difficultés à survivre. En la matière, en France comme à l'étranger, le soutien de Pierre Bergé à Têtu est source de fantasmes et de prestige. La raison de ce soutien est pourtant évidente, pour qui connaît les convictions et l'engagement de celui qui est aussi le président de Sidaction et le mécène des artistes et des écrivains. Le lien de Pierre Bergé avec Têtu trouve son origine dans la persévérance d'un homme qui avait promis à Cleews Vellay, l'ancien président d'Act Up-Paris mort du sida en 1994, qu'un magazine gay et lesbien existerait à nouveau un jour en France. De cette promesse est venu le soutien financier, et bien plus encore. C'est aussi simple que cela. Aujourd'hui, la rédaction de Têtu est liée à Pierre Bergé par un engagement humain, fait de proximité et de confiance. Têtu est désormais inscrit dans l'histoire de l'homosexualité française. Avec vous, grâce à vous, nous avons fait notre devoir. Les dix prochaines années, nous espérons que vous serez toujours à nos côtés. Car il y a déjà beaucoup d'autres choses à écrire et à défendre. Didier Lestrade

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1 réaction de la communauté

 
B.

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De B.

Le 22 juin à 14h48

On découvre enfin d'où vient le nom de notre cher magazine !!!

 
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