Tanya Churchmuch: «Les lesbiennes n'ont pas d'argent et ne voyagent pas, c'est faux»
L'office du tourisme de Montréal est tenu de main de maîtresse par la pétillante Tanya Churchmuch. Contrairement, aux idées reçues, les lesbiennes voyagent autant que les gays. Têtue.com l'a rencontrée pour vous.

Un vent nouveau souffle sur le tourisme gay et lesbien. Grâce à des filles comme Tanya Churchmuch, les villes comprennent enfin que dans «gay et lesbien», il y a –aussi– lesbien. Sur la carte de visite de Tanya, sous le logo Tourisme Montréal, on lit «Chargée d'affaires pour le marché gai et lesbien». Fraîchement recrutée par l'office du tourisme montréalais, cette ancienne journaliste et porte-parole canadienne de Reporters Sans Frontières avait ouvert en 2007 un site de tourisme lesbien unique en son genre, –en anglais mais avec un contenu audio multilingue.
TÊTUE: Comment est née l'idée de ton site de tourisme pour filles?
C'est parti d'un besoin personnel: en tant que journaliste à l'époque, je voyageais tout le temps et je devais me débrouiller pour trouver les endroits lesbiens dans chaque ville où j'allais. J'ai développé ce projet en parallèle à mon travail et c'est devenu une vraie vocation, puis enfin un métier, puisque maintenant mes deux activités sont liées. C'est un travail mais aussi une mission : à titre de bénévole je viens d'être intégrée comme membre du conseil d'administration de l'International Gay & Lesbian Travel Association. Et sur les dix membres du conseil, je suis la seule lesbienne!
Les filles voyagent-elles différemment des garçons?
Tout d'abord, il y a un gros préjugé selon lequel les lesbiennes n'ont pas d'argent et ne voyagent pas. C'est faux. Depuis deux ans ont vu le jour les premières études sur les habitudes de voyage des lesbiennes. Il en ressort que les lesbiennes ont de l'argent et le dépensent en voyages. Elles préparent leurs voyages plus minutieusement que les garçons, mais leurs dépenses sont assez semblables à celles des garçons: elles dorment peut-être dans des hôtels moins luxueux que les garçons, font aussi moins de shopping, mais mangent au restaurant et prennent l'avion comme eux.
Comment expliquer qu'on s'intéresse si tardivement aux lesbiennes dans le tourisme?
Il y a plusieurs raisons. Avant, 95% des politiques de tourisme visaient exclusivement le marché masculin. Normal: c'est plus facile à atteindre que les filles qui restaient pour beaucoup une cible un peu abstraite. Deux mecs en voyage sont forcément en couple, alors que deux femmes peuvent «passer» pour des amies. C'est en train de changer puisque désormais, de plus en plus de filles assument leur homosexualité au travail, y compris dans les métiers de l'hôtellerie et du tourisme. Le tourisme a besoin des lesbiennes, et commence seulement à le comprendre. C'est aussi une question d'évolution des mentalités. On remarque aussi que plus les personnes LGBT sont jeunes, plus elles ont tendance à se mélanger les unes les autres, voyager et sortir ensemble.
Comment se porte le tourisme gay et lesbien en ces temps de crise?
Le secteur du tourisme est en difficulté, mais différentes études, notemment du centre de recherche gay et lesbien Community Marketing démontrent que les LGBT voyagent toujours: non pas qu'ils sont moins touchés par la crise, mais le budget «voyages» est conservé. Filles et garçons confondus.
Audrey Carcolé


















De NémoGizmo
c'ets très intérssant, ca va contre bien des clichés en effet.