SEXO LESBO: Un après-midi dans le salon de Laura Méritt, sexperte berlinoise
Experte de la sexualité des femmes, pionnière du courant sex positif, Laura Méritt tient à Berlin, non pas un sexshop, mais un salon, où chacune peut venir acheter des toys, discuter sexualité… Rencontre.
Après le GRRRLZ BUZZ, lancé à la rentrée, TÊTUE vous propose une nouvelle rubrique: SEXO LESBO. Retrouvez toutes les semaines sur TÊTUE.com des reportages ou des interviews traitant de la sexualité lesbienne. Les sujets? Erotisme, témoignages, porno mais aussi prévention et santé... Parce que la sexualité des femmes qui aiment les femmes est trop souvent oubliée, voire niée, il était temps de lui rendre toute sa place. Rendez-vous tous les dimanches!

Laura Méritt dans son salon en tenue de cowgirl-sexperte!
Depuis treize ans, Laura Méritt, la cinquantaine pimpante, ouvre les portes de son appartement, à Berlin, chaque vendredi après-midi. Décomplexé, chacun vient dans le salon de Laura avec ses questions et ses envies, pour y acheter des pornos ou des toys, pour assister à des conférences ou des projections. Lesbiennes, bi, hétéros, trans, punks, hipsters ou femmes très fières de leur look BCBG, tous les genres se croisent dans cet appartement de Kreuzberg, et on y rencontre des DJ queers comme des touristes lesbiennes venues pour se constituer un stock (conséquent!) de sextoys.
Ici, on ne fait pas de manies, celle qui veut un verre d'eau va se servir, tout comme celle qui veut regarder un porno dans le confortable salon de Laura Méritt. La sexperte est là, à l'écoute et à disposition de toute personne qui voudrait avoir un renseignement.
Ceci n'est pas un sex-shop
Laura Méritt est fière de son sex-shop. Enfin non, pardon, de son «salon» (elle y tient). «Je n'ai jamais voulu avoir de sex-shop. Un sex-shop c'est un magasin où tu vas pour acheter. Quand tu y travailles, tu passes ta journée assise à te demander comment ranger les godes sur les étagères.» Mais nous sommes bien entourées de godemichés, non? «Bien sûr, tu peux acheter des toys ici, mais c'est avant tout un lieu de communication et d'information, une plateforme où des projets naissent.»

Contrairement à une vendeuse «classique», Laura Méritt s'amuse à raconter l'histoire de chacun de ses jouets. Par exemple, le petit dauphin bleu posé innocemment sur cette étagère, savez-vous pourquoi il a cette forme? Petit cours de mythologie sexuelle par le Professeur Méritt: «dauphin» vient du grec «delphys» qui signifie «utérus», l'oracle de Delphes étant alors considéré comme le berceau des divinités féminines. Et le dauphin étant un animal très social et communiquant, il s'associe très bien avec la couleur bleue qui est devenue la couleur de l'érotisme au XVIIIe siècle...
Des réunions tupperware
Si ce salon à l'ambiance très particulière a été possible, c'est un peu grâce à Berlin. Laura Méritt a déménagé dans la grande ville allemande à la fin des années 80. «Lutter seule c'est difficile mais ici tu croises plein de gens qui ont les mêmes intentions», explique-t-elle.
Originaire de Trier, à la frontière luxembourgeoise, Laura Méritt milite pour un féminisme politisé auprès des Verts lorsqu'elle est étudiante. Elle organise alors des cabarets féminins mais elle cherche surtout à combler le manque de sextoys pour les femmes. Après un tour du monde à la rencontre des mouvements féministes japonais et américains, Laura se lance finalement et organise des réunions pour vendre des toys... dans sa cuisine!

Le PorYes, une nécessité
A l'époque, cette vente de godes de forme phallique ne plaît pas à toutes les féministes: «Une fraction était contre mais je devais faire quelques chose, donc j'ai continué à les vendre... discrètement!»
Seul business de la maison, les toys et le porno servent à financer des évènements tels que le PorYes, lancé par la sexperte. Ainsi, depuis 2009, Berlin accueille chaque année en octobre les PorYes Awards, pour mettre à l'honneur ces pornos «féministes», c'est à dire respectueux des acteurs, de leur sexualité, de leurs conditions de travail.
Et ça marche! Les professionnels engagés dans le sex positif s'y voient décerner un prix en forme d'huitre. Côté spectateur, on se délecte: «Les gens veulent des films de qualité. La baise non-stop ça ne marche plus» avance Laura Méritt. «On a déjà fait tout le travail avec les toys, ça a pris beaucoup de temps, mais là la société demande déjà d'autres formes de pornos.»
Sexclusivitäten, ouvert le vendredi de 12h à 20h et sur rendez-vous.
Laura Méritt, Fürbringerstr. 2, 10961 Berlin - Kreuzberg
Photos: Maud Koetschet pour TÊTUE.
Photo de Laura Meritt: Polly Fannlaf











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De elise-75
cool la rubrique :-P