Rome: cinq agressions homophobes à une semaine de la Gay Pride
Menaces, coups, injures... cinq agressions à caractère homophobe ou transphobe ont eu lieu dans Rome et sa banlieue en seulement quelques jours, alors que la capitale italienne prépare sa Gay Pride.

C'est un décompte sinistre auquel se livrent, ulcérés, les militants LGBT de Rome, par ailleurs occupés à préparer la Gay Pride du 23 juin. Une, deux, trois... En un peu plus d'une semaine, pas moins de cinq agressions homophobes ou transphobes ont eu lieu dans la capitale italienne, du centre-ville à la périphérie.
Côtes cassées
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Guido Allegrezza (ci-dessus), célèbre militant gay romain de 47 ans, est attaqué alors qu'il rejoint sa voiture dans le quartier de l'EUR, au sud de la ville, qui accueille par ailleurs chaque été un «Gay village». Cinq jeunes hommes, entre 25 et 30 ans, le tabassent à coups de poings et de pierre au visage. Après avoir prévenu la police et la Help Line du Gay Center, conçue pour aider les personnes LGBT victimes d'agressions, l'activiste est rapidement hospitalisé. Côtes cassées, grosses contusions au visage et sur le corps : les médecins lui prescrivent 30 jours de convalescence.
L'agression a aussi été signalée à l'Oscad, l'observatoire contre les discriminations de la police et des carabiniers, qui répertorie les violences homophobes et les transmet à la Préfecture, à défaut d'une loi qui les punissent. Ironie du sort, cette semaine Rome accueille sa première semaine de la culture Arc-en-ciel. Avec manifestations, rencontres et concerts chaque jour autour de la culture LGBT, un événement notamment organisé par Guido Allegrezza.
«Tu nous dégoûtes»
Quelques jours auparavant, deux autres agressions ont eu lieu dans la banlieue sud de la ville. A Velletri, un couple de lesbiennes d'abord chassé d'un bar a été poursuivi en voiture, insulté et menacé, jusqu'à ce que la police, intervienne. A Ardea, sur le littoral, un groupe de jeunes d'environ 20 ans a harcelé une transsexuelle d'origine serbe et installée en Italie, venue seule profiter de la plage. Insultée et humiliée en public, elle a été menacée par le groupe: «Tu nous dégoûtes, nous les travestis on les bute!», lui auraient lancé les agresseurs, avant de la suivre jusque chez elle et de vandaliser sa voiture.
La semaine dernière, c'est en plein centre de Rome, dans le quartier très touristique de Campo de' Fiori, à deux pas du Palais Farnese, qu'un gay de 23 ans a été pris à partie et frappé par cinq Italiens un peu plus jeunes que lui. Alors qu'il était en terrasse d'un bar, ils l'ont d'abord insulté, puis suivi et agressé quand il s'est retrouvé seul, dans une petite rue du quartier. Dans la «gay street» de Rome, en bas du Colisée, une lesbienne a été frappée la même semaine dans des circonstances encore floues.
Rassemblement
En réaction à ces violences, les organisateurs de la semaine Arc-en-ciel appellent à un rassemblement contre l'homophobie devant le Palais Farnese vendredi, veille de la Gay Pride. Selon les données récoltées par la Help Line du Gay Center de Rome, seules deux agressions sur dix sont dénoncées.
Photo: DR










LES CHAÃŽNES 











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De Jaléo
Dans 3 des 5 cas, les agresseurs ont suivi ou poursuivi les victimes en dehors du lieu de première altercation, parfois jusqu'à la violation de domicile.
Cet acharnement est ce qui me choque le plus.C'est plus que grave!
Révélateur d'une volonté qui n'accepte ni le compromis, ni que les victimes isolées battent en retraite pour panser leurs blessures, puis se remettre du choc. Non, les agressions spontanées ou préparées, mais circonscrites à un seul lieu ne suffisent plus à ces homophobes. Pas plus que la joie morbide qu'ils éprouvent en voyant les agressés faire profil bas, puisque dans leur esprit, ça s'apparente à de la domination.
Non, eux il leur faut plus : détruire complétement, corps et âme, toutes les composantes qui font l'existence des gens, ne leur laisser aucun pan sur lequel s'accrocher. Terroriser à un point où ni l'espace vital, ni la sécurité des maisons ne peuvent protéger qui que ce soit. Alors les autorités et le gouvernement italiens ne sont pas réputés super ouverts aux souffrances des lgbt, mais là ils devraient comprendre que ça dépasse largement le cadre des lgbt.
Le signal que ces délinquants envoient est une déclaration que la vie et la ville leur appartiennent en tout temps et en tout lieu. Ils marquent les gens comme ils marquent la ville de leurs souillures : il n'y a rien qui puisse les arrêter, rien qui puisse donner la sécurité : toutes les zones deviennent des zones de non-droit, des zones de LEUR droit. De vie ou de mort . L’ Italie ne peut pas laisser passer un tel message dans l'opinion publique. Il faut réagir, très vite.